Du sport sur Unidivers, et du foot en plus ? Oui, pourquoi pas, quand il s’agit pour un webzine ancré dans une ville au club prestigieux (2 coupes de France) de défendre le foot féminin. Mais partons donc à Paris dans le stade Charlety. Le seul dans l’enceinte de la capitale capable d’accueillir décemment des matchs. Rendez-vous avec le dernier match de préparation du groupe de Bruno Bini.

Si Charlety est capable d’accueillir jusqu’à 20 000 personnes (lors de la venue du Stade français par exemple), il se trouve aujourd’hui dans une configuration plus modeste et accueille seulement 4000 personnes à un horaire peu propice, 17 h 15. Il faut croire que la fédération fait tout pour que son équipe de France féminine ne fasse pas trop d’ombres aux hommes…

 Pas d’écran géant en route, speaker minimaliste, mais on notera quand même la distribution de drapeaux tricolores, la présence du président Noel Le Graet et un prix des places très accessible (de 7 à 22 euros). Dans le public, un bon cinquième de supporters japonais, parfois des couples franco-japonais, un public tous âges et familial. En effet, le public du foot féminin est autrement plus calme et respectueux que celui du foot masculin. Et ce, à l’image du jeu pratiqué avec élégance, en accord avec les fondamentaux de ce sport, loin des dérives de bourrins et autres amateurs de collisions physiques.

Dès l’échauffement, les spectateurs remarquent la différence entre les deux équipes : les Françaises sont concentrées et appliquées sur leur course pendant que les japonaises travaillent leur technique et leur collectif. Ces dernières devaient prendre leurs marques après un voyage en avion en classe touriste tandis que l’équipe des espoirs homme, couronné d’aucun titre, voyageait en business class – quelle classe ! La France jouera en bleu tandis que le Japon arbore une inhabituelle tenue rouge et blanche. Les 2 équipes rejoignent les vestiaires et le stade finit de se remplir. De nombreux clubs de foot de la région parisienne sont venus profiter de l’aubaine. C’est la France dans sa diversité qui chante (hurle parfois) l’hymne français lors de la présentation des équipes, après un hymne japonais solennel et émouvant.

C’est parti, le coup d’envoi est donné. Comme d’habitude, le jeu est rapide, mais plus accroché au milieu de terrain que lors des précédents matchs de préparation. Les Japonaises pressent les Françaises qui le leur rendent bien. Bien vite, on constate que les Japonaises n’ont pas retrouvé leur technique habituelle et se font souvent dépasser par les bleues. Les Françaises s’obstinent sur leur aile droite avec Thiney, Thomis, Delie et touchent une première fois la transversale. Aussitôt les Japonaises répliquent par leur vivacité de jeu. Mais la délivrance viendra bien de l’aile gauche avec l’inévitable Sonia Bompastor et sa passe millimétrée à Delie qui s’infiltre entre deux défenseuses pour tromper la gardienne japonaise, toute de jaune fluo vêtue.

Piquées au vif, les Japonaises contre-attaquent et se créent encore une occasion que la gardienne française Sarah Bouhaddi contre miraculeusement. On sent que le match peut encore basculer et il faut toute la hargne d’une Camille Abily, d’une Corinne Franco ou d’une Louisa Necib, plus en retrait de l’attaque, mais plus collective, pour peser sur le match et contrer des Japonaises plutôt timides. Un coup franc japonais le rappelle et Homare Sawa, meilleure joueuse du monde, heurte le poteau français.

En seconde mi-temps, que va donner un match aussi indécis ? Est-ce le coaching, des essais tactiques ? Les Japonaises paraissent plus brouillonnes et moins rapides que d’ordinaire. Petit à petit, les Françaises assoient leur domination. C’est la tour de contrôle de la défense française, Wendy Renard, qui marque logiquement le deuxième but. Le score paraît sévère pour des Japonaises qui ne se relâchent pas, mais manquent d’imagination et de ce surcroit de hargne qui avait fait la différence lors de la dernière coupe du monde.

Jusqu’au bout, on pourra croire à une réduction du score, car il reste des failles dans cette équipe française qui devront être corrigées face aux Américaines pour le premier match olympique le 25 juillet. Au rang des satisfactions, on notera, comme toujours, le beau jeu pratiqué par nos bleues, offensives, techniques. Il y a un peu de cette France de 82 dedans et si Lyon est champion d’Europe depuis 2 ans, ce n’est pas un hasard non plus. Il y aura eu peu d’arrêts de jeu et aucune simulation de faute ou de geste anti-jeu.  Ça, c’est le foot féminin.

Les joueuses japonaises viennent saluer d’une courbette leur public avant de rejoindre les vestiaires. Les Françaises viennent faire un tour de stade et déploient des drapeaux mauves « En route pour Londres » que le staff distribue aussi au public. Le public quitte le stade après des applaudissements nourris et les Japonais en kimonos ou « casual wear » rejoignent leurs cars ou voitures dans le respect et la bonne humeur. Les bleues ont ce qu’il faut pour décrocher une médaille, gageons que ce 19 juillet constitue un bon augure…

Ice

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