Cap à Lyon vers le Musée des Confluences qui propose l’expo Venenum, un monde empoisonné, jusqu’au 7 janvier 2018. Après seulement une semaine d’ouverture, le musée a atteint le nombre record de 50 000 visiteurs. Présentation d’une exposition remarquable.

VENENUM LYONFiltre d’amour, venins, pesticides… le poison est un sujet vaste, mais idéal pour ce musée encore tout jeune dans le paysage lyonnais. Une nouvelle une fois, des collections beaux-arts, historiques, ethnographiques et d’histoire naturelle sont réunis pour une exposition aux multiples facettes. Dès le titre, l’expo Venenum, un monde empoisonné, plusieurs possibilités sont ouvertes. Qu’est-ce que le poison ? Sujet aussi fascinant qu’effrayant, il est dans tout ce qui nous entoure et n’est pas seulement la définition que l’on peut s’en faire.

Pour accueillir le public avec une note mystérieuse, le mot « Venenum » flotte sur un écran dans des tons luminescents. Un clin d’œil à la diversité de ces états, liquide ou gazeux. Comme ultime frustration, un couloir noir emmène dans l’exposition. Aucun indice quant à la suite de ce qui attend le visiteur ne filtre, seule la couleur donne le ton sombre et légèrement mystique qui est sans nul doute au programme.

VENENUMObjet familier pour les petits et les grands, une pomme rouge attend patiemment, suspendue au-dessus de son socle blanc et assaillie par la projection de fumées numériques qui s’agitent sur la surface lisse. Comment ne pas reconnaître la référence ? Une histoire intemporelle qui immerge de suite dans le vif du sujet. Il est possible d’apercevoir ce qui sera la première partie grâce à une scénographie totalement décloisonnée. Un tableau de Cléopâtre nous fait de l’œil et incite à s’avancer.

Un peu d’histoire des poisons

VENENUM LYONMystère et inquiétude semblent les mots d’ordre au regard des scènes mythologiques et des objets utilisés pour empoisonner. Dans une atmosphère d’un vert profond, les histoires d’empoisonneurs /empoisonnées se succèdent de l’Antiquité à l’époque contemporaine. Les poisons ayant été déjà couramment employés chez les Grecs et les Romains pour se donner la mort, pour tuer et comme sentence ultime, la mythologie est convoquée dès l’entrée de l’exposition : la sculpture représentant La mort d’Hercule sur le monte Oeta de l’École Nationale Supérieures des Beaux-Arts côtoie ainsi la peinture Thémistocle buvant le poison, de Henri-Camille Danger (1887).

VENENUM LYONLa figure féminine semble être le fil conducteur dans cette section où le lien entre la séduction et le poison est omniprésent au fil du temps. De Cléopâtre à Marie de Médicis, en passant par les célèbres empoisonneuses de l’époque moderne, l’exposition nous rappelle les grandes figures emblématiques. Pour contrebalancer toutefois ces idées reçues, le musée rappelle l’utilisation en masse qu’en a fait la gent masculine pendant la Première et Seconde Guerre mondiale avec par exemple un masque à gaz et une chevalière à chaton dissimulant une capsule de cyanure venu tout droit du MM Park (Le Wantzenau).

Dans la nature, le poison est dans tout ce qui nous entoure

VENENUMNous changeons de couleur en même temps que nous changeons de section. Toujours aussi sombre, l’exposition prend cependant une légère tournure de cabinet de curiosités. De multiples animaux naturalisés et des tablettes numériques qui traitent de certaines plantes et virus illustrent la différence entre le venimeux et le vénéneux.

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Vue de la section 3  » Usages des poisons « 

Considéré comme un défi relevé avec brio, des aquariums abritent des animaux vivants, comme une manière différente d’appuyer le discours. C’est le moment pour le visiteur de saluer une couleuvre verte à long nez ou une mygale saumonée. Qu’en est-il des minéraux et métaux ? Mercure, antimoine, plomb… ils sont aussi présents et leur beauté visuelle est égale à leur dangerosité.

Du poison au remède : des usages multiples

Le parcours se poursuit avec les substances toxiques qui sont associées aux armes, dans la chasse et la guerre. Employés afin de mesurer la bravoure, prouver son innocence, ou encore comme échappatoire au réel, les poisons naturels se confrontent avec des poisons que nous côtoyons aujourd’hui, comme les pesticides.

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Une dernière section est dédiée à l’utilisation du poison comme remède. Un peu d’histoire et d’ethnographie pour expliquer que, selon la dose, ce qui sert à empoisonner peut également servir à la médecine.

Avec la richesse des œuvres exposées et la scénographie très soignée, le musée des Confluences réussit à traiter un sujet pourtant large et complexe. Pourquoi ne pas se laisser tenter par une autre étape ? L’exposition Carnet de collections est ouverte depuis le 16 mai. Une sélection des collections des réserves sera ainsi visible.

L’exposition Venenum, un monde empoisonné, est consacrée aux poisons et autres venins au Musée des Confluences à Lyon du 15 avril 2017 au 7 janvier 2018

Le parcours se divise en 4 temps :

Les poisons dans l’Histoire
Les poisons dans la Nature
Les usages du poison
Du poison au remède

Des visites de l’expo Venenum sont proposées les samedis 20 mai et 17 juin 2017, à 10h30, ainsi qu’une visite en LSF le samedi 13 mai 2017 à 10h30
Une visite-atelier en famille pour voir l’expo puis tester des recettes… les mardis et jeudis à 14h30 à partir du 11 juillet 2017 (à partir de 8 ans)
L’entrée au Musée des confluences est incluse dans la Lyon City Card

Cette exposition est reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture et de la Communication/Direction générale des patrimoines/Service des musées de France.En partenariat avec Arte, France Culture, Le Figaro, UGC, Expo in the City, France 3 Auvergne Rhône-Alpes, Le Progrès, Le Petit Bulletin
horaires :
du mardi au vendredi de 11h à 19h
samedi et dimanche de 10h à 19h
jeudi nocturne jusqu’à 22hfermeture
lundis et jours fériés (1er janvier, 1er mai et 25 décembre)

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