Certains livres étonnent par les soupirs qu’ils inspirent. Non qu’ils manquent de supériorité, mais le service qu’ils rendent à la littérature semble se perdre entre faiblesse et infortune. Avant que ces textes sortent du néant pour mieux y retourner, il convient d’en déterminer la substance. Si leur intérêt est à mesurer en fonction du lecteur, leur apparente insignifiance oblige à se poser la seule question qui vaille : sont-ils aussi médiocres qu’ils en ont l’air ?

Toze Figueiredo :  Portrait de Jean-Michel Basquiat
Toze Figueiredo : Portrait de Jean-Michel Basquiat

Ce ne sont ni l’argent ni le sexe qui font tourner le monde, mais l’orgueil et la concupiscence. Si, en outre, l’un et l’autre se réduisent à de strictes impulsions masculines, l’effet est dévastateur pour l’âme, réduisant le corps et l’esprit à un antagonisme d’intérêts végétatifs et sensitifs. Voilà comment l’on résume en deux phrases L’Epopée de la nuit de John Nash F. Agera. Véritable OVNI théâtral, le texte semble avoir été traduit mot pour mot (c’est à dire mal) de l’anglais américain, à moins qu’il ne s’agisse du premier jet d’un français rebattu, sans autre intérêt que de nier la langue pour, peut-être, mieux la reconstruire… On ne sait pas. Le doute peut séduire, en tout cas il interpelle. L’épopée de la nuit chancelle entre le génie d’un auteur en devenir et la médiocrité d’un dramaturge refusé par tous les metteurs en scène… Une fois encore, on ne sait pas. Les formes stylistiques sont plurielles, elles se suivent sans se ressembler, véritable partouze de figures et idiotismes, au point que John Nash F. Agera semble dégouté de ses propres inspirations à vouloir ainsi les épaissir.  

« … On m’a tué il y a bien longtemps. je ne suis plus qu’un fantôme. une coquille vide que l’on remplit de glaires de jouissance, un prototype de robot intime destiné à vider les couilles de leur propriétaire. (…) Voilà ce que je suis : une propriété éphémère utilisée pour assouvir les besoins sexuels de ceux qui souffrent, sont malades, rendus fous par une société étouffante et archaïque.

Toze Figueiredo : Over the nations...
Toze Figueiredo : Over the nations…

Faute de véritable exigence, les dialogues (inégaux tout au long du texte) relèvent néanmoins d’une incontestable force, faisant passer Bret Easton Ellis et Guillaume Dustan pour des enfants de coeur indisciplinés. On pense à Fassbinder mais on regrette Genet. Certaines pages ont l’incandescence d’une trajectoire fétide, d’autres sont encore plus nauséabondes et d’une lecture écœurante. Il faut, en outre, être intellectuellement aussi perturbé que l’auteur pour entrer dans son histoire nourrie de truismes glauques et de vanités complaisantes. C’est le côté Marivaux de John Nash F. Agera, qui semble avoir la fausse modestie de ne pas vouloir être admiré. On aurait apprécié davantage de canailles, de crapules et de fripouilles, plutôt que cette misère inconvenante perdue dans un décor glauque entre abandon et désespoir. John Nash F. Agera n’écrit (peut-être) pas à jeun, et ma supposition lui fera (sans doute) plaisir tant il joue avec l’inconvenance facile des nuits agitées. Voilà ! Sinon, il y a aussi les illustrations de Toze Figueiredo. On regrette qu’elles ne soient pas en couleur mais il est admissible qu’un livre à 6 € justifie des coûts réduits. Là encore, l’harmonie s’effondre puisqu’il ne s’en dégage aucune avec le texte, mais c’est précisément ce qui en fait la force : une illustration “décalée” est toujours plus intéressante qu’un pléonasme visuel. 

Alors ! Faut-il acheter L’épopée de la nuit (Première heure) de John Nash F. Agera. Bien entendu. Faut-il le lire ? Evidemment puisque vous l’aurez acheté. Mais pas parce que c’est un bon livre, non plus une pièce de théâtre intéressante, c’est même le contraire et, au final, ce texte ne vaut que par la subjectivité du lecteur qui acceptera (ou pas) d’y voir la curiosité douloureuse et insaisissable des lieux sombres et noirs où les rencontres se confondent en de tristes débâcles humaines. Ensuite, chacun ira prier ou insulter qui il voudra. 

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"Epopée de la nuit" (Première heure) - Editions du Pont de l'Europe

épopée de la nuit (Première heure) de John Nash F. Agera
112 pages illustrée en N&B par Toze Figueiredo
Editions du Pont de l’Europe – 6 €

6 Commentaires

  1. Je me permets d’apporter quelques précisions :
    Dans ce livre figure un avant-propos que j’ai signé et qui place les choses en perspective
    Je vous le reporte ci-dessous en intégralité, afin que vos lecteurs aient une approche plus complète des enjeux de la pièce.

    « Épopée de la Nuit » et son auteur

    John Nash F. Agera pourrait très bien être
    l’un de ceux, privilégiés, qui reçurent un
    enseignement large et complet : école
    primaire, études secondaires, université.
    Il pourrait tout aussi bien être n’importe
    lequel d’entre ceux qui ne reçurent pas
    cet enseignement et donc, par la force
    des choses, ne maîtriserait pas l’écrit, ni la
    lecture, mais serait cependant en capacité de
    capter le sens profond des situations.
    Aujourd’hui, il nous renvoie – ex
    abrupto – un coup de massue nommé
    « Épopée de la Nuit » .
    La remise à plat inévitable d’un parcours de
    vie, l’autopsie d’un autre soi-même défunt,
    ici tout se télescope dans l’intervalle d’une
    nuit à traverser. Dire les mots à un ami constitue
    la clef de sol d’une nouvelle partition
    naissante sous le réverbère blafard, là où la
    lumière artificielle peut éclairer un vomi de
    soi craché à l’autre, telle une purge purificatrice
    autorisant un palier de décompression
    9
    devenu accessible.
    La rencontre des personnages permet
    la catharsis d’une épopée intérieure
    rétrospective / prospective. L’auteur
    touche au plus près la réalité
    sombre – et mentalement assassine – d’une
    sorte d’encéphalogramme plat de
    « mort clinique » des vivants en présence.
    Épopée en déséquilibre / équilibre, en
    dérive de l’instant, enracinée dans l’instant.
    Épopée de la seconde imminente, de la minute,
    de la lutte intérieure dont l’intensité
    graduée rejaillit en tableaux multiples,
    divers et simultanés : amoraux, cocasses,
    crus, poignants, comiques, symboliques.
    La respiration s’opère par un décrochage
    apparent de l’action, mais nous laisse sans
    souffle. Le passé et l’avenir ont disparu.
    Le corps-machine doit assurer sa maintenance.
    Aussi, peuvent être captés les
    souvenirs de situations, les idées, les
    visions surgissant de l’oubli, les flash ;
    sa propre vibration confrontée à la
    distorsion et à l’écho du temps. La nature
    10
    du propos énoncé par d’autres autrefois
    fut si bien exprimé et senti pour être repris
    ici. Des phrases relayées venant d’ailleurs,
    entendues murmurées ou ayant fendu
    l’air par un cri et transportées par un
    souffle invisible jusqu’à soi ; ou encore
    des souvenirs ravivés mettant en action
    une mécanique de confrontation à l’usure
    du temps ; et les évènements pour lesquels
    la mémoire fut, à un moment, gravée de
    façon indélébile jusqu’à la nuit des temps
    de notre propre histoire.
    L’auteur conduit le lecteur ou le spectateur à
    comprendre qu’aucun enseignement, aucun
    artifice, aucun montage articulé sur des
    certitudes apprises ne pourra dominer
    totalement ni prendre possession de
    l’intériorité humaine.
    Au travers de cette « première heure »,
    l’auteur pose les enjeux d’un combat afin
    que la pensée, le coeur, l’âme ne puissent
    être captés et investis dans un dessein de
    réduire leur dépositaire, l’homme, à une
    fonction utilitaire d’objet globalisé
    11
    malléable, l’Homme, dont la duplication
    unitaire maîtrisée et contingentée serait du
    ressort d’une autorité supérieure constituée
    d’hommes supérieurs mis en place euxmêmes
    par un système démocratique parfait,
    dans lequel le langage, les mots, les attitudes
    de représentation, les comportements
    mis en scène ne seraient autres que l’assise
    d’un simulacre reposant principalement sur
    une seule légitimité, celle de la putasserie
    habilement maquillée et déclinée, nommée
    « simulacratie » par John Nash F. Agera. Il
    s’agit d’être présentable vis à vis d’une
    population au garde-à-vous face à la
    peur abstraite partagée collectivement ;
    population anticipant de façon permanente
    la frayeur de la balle perdue dirigée vers soi,
    causant ainsi le spectre omniprésent
    de sa propre marginalisation, celle-ci
    conceptualisée, virtualisée, surgissant d’un
    coup et sans prévenir, et donc, palpable en
    une obsession de tous les instants.
    Ce régime de l’exclusion permanente, qui
    ne dit pas son nom, mais qui prône au
    contraire pour toutes les intégrations
    12
    normalisées est relaté ici dans son envers.
    L’endroit étant le jour, l’envers la nuit.
    De l’Occident à l’Afrique, l’envers et
    l’endroit se télescopent dans une dérive
    globalisée de la débâcle humaine. Les
    personnages font corps à la solution
    d’urgence qui les hante. La grammaire
    pernicieuse auto-accusatoire de la
    culpabilité individuelle a explosé.
    La quantité d’argent conditionne la
    quantité de liberté à vivre. Or, il n’est pas
    question d’argent au travers des pages
    de « Épopée de la Nuit », sauf à dénoncer
    une nocivité, et il ne s’agit pas de la cause
    de l’entrée en résistance de l’auteur par sa
    disparition voulue – disparition pour
    « la société de l’endroit » et sa discipline
    réglée telle un mouvement Omega, – non
    pas disparition de la vie par un acte final
    auto-administré -, mais disparition
    volontaire loin des relais d’information.
    Ce texte abrupt et poignant, poètique et d’une
    certaine manière dévastateur, mais aussi
    fondateur, de John Nash F. Agera, – auteur
    13
    ayant choisi une forme de clandestinité parce
    qu’ayant décidé une fois pour toutes de ne
    jamais céder aux injonctions de la dictature
    des mass media, donc de ne jamais
    apparaître en public, ni être filmé, ni
    même d’enregistrements d’interviews -,
    se situe dans le prolongement de l’attitude
    mentale d’Antonin Artaud qui proclama :
    « Ce qu’il faut, c’est retrouver la vie du
    théâtre, dans toute sa liberté. Il faudrait
    changer la conformation de la salle et que
    la scène fût déplaçable suivant les besoins
    de l’action. Il faudrait également que le côté
    strictement spectacle du spectacle fût supprimé.
    On viendrait là non plus tellement
    pour voir, mais pour participer. Le public
    doit avoir la sensation qu’il pourrait sans
    opération très savante faire ce que les acteurs
    font. Si nous faisons du théâtre ce n’est
    pas pour jouer des pièces mais pour arriver
    à ce que tout ce qu’il y a d’obscur dans
    l’esprit, d’enfoui, d’irrévélé se manifeste en
    une sorte de projection matérielle. Je n’aime
    pas les poèmes de la nourriture, mais les
    poèmes de la faim, ceux des malades, des
    14
    parias, des empoisonnés, des suppliciés du
    langage qui sont en perte dans leurs écrits.
    /… de la quasi inutilité de la parole qui
    n’est plus le véhicule mais le point de suture
    de la pensée, /… de la nécessité pour
    le théâtre de chercher à représenter quelques-
    uns des côtés étranges des constructions
    de l’inconscient. Sans un élément de
    cruauté à la base de tout spectacle, le théâtre
    n’est pas possible. Dans l’état de dégénérescence
    où nous sommes c’est par la
    peau qu’on fera rentrer la métaphysique
    dans les esprits. Je ne compose plus avec
    l’existence. Je méprise plus encore le bien
    que le mal. L’héroïsme me fait chier, la moralité
    me fait chier. Le monde cinématographique
    est un monde mort, illusoire et tronçonné.
    Le monde du cinéma est un monde
    clos, sans relation avec l’existence. Il y aura
    dans toute poésie une contradiction essentielle.
    La poésie c’est de la multiplicité
    broyée et qui rend des flammes. Et la
    poésie qui ramène l’ordre, ressuscite
    d’abord le désordre, le désordre aux
    aspects enflammés ; elle fait s’entrechoquer
    des aspects qu’elle ramène en un point
    15
    unique : feu, geste, sang, cri. »
    Sur l’un des cahiers d’Antonin Artaud, on a
    pu lire ses derniers mots :
    « De continuer à / faire de moi / cet envoûté
    éternel /… »
    Par l’évocation rétrospective des noms de
    ceux qui furent stoppés dans le mouvement
    de leur vie, et désignés coupables pour
    leur façon d’exister, ces vies elles-mêmes à
    la fois simples, réfléchies, brillantes,
    dramatiques, douloureuses ou tragiques,
    ceux qui connurent l’interdiction de vivre
    décrétée par d’autres, sentences résultant
    d’une idéologie nocive en déploiement, ou
    par crapulerie individuelle, ou collective –
    certaines idéologies étant par ailleurs une
    déclinaison théorisée et joliment enrubannée
    d’un univers crapuleux présenté sous des
    versants pluriels trompeurs – pour contrer
    cela, John Nash F. Agera relie les fils
    conducteurs à leurs pôles d’origine.
    Federico Garcia Lorca, Pier Paolo Pasolini
    16
    sont évoqués dans « Épopée de la Nuit »,
    et l’insupportable intensité de vivre fut le
    destin tragique de Gérard de Nerval qui
    régla son propre acte final de la manière la
    plus sommaire, comme tant d’autres.
    Pour l’auteur, ceux-ci figurent une
    représentation symbolique incluant tous
    ceux qui commirent ces mêmes actes, ou
    encore que ces actes aient été commis
    contre eux. Nous sommes au coeur de la
    vérité de l’homme et non dans une
    représentation dénaturée de celle-ci, ou
    encore livrée en marketing. Par exemple,
    imaginons le corps d’un pendu se balançant
    à un réverbère, le tout imprimé sur un
    tee shirt portant l’inscription : « Gérard de
    Nerval acte final réussi, jackpot ! », le tout
    présenté dans une vitrine de mode du quartier
    du Marais ou de Saint-Germain à Paris,
    avec les mentions : « Tirage limité, promotion
    100 euros ©Gérard de Nerval®
    marque déposée, reproduction interdite ».
    Tout est dit.
    John Nash F. Agera soulève des combinaisons
    prospectives avec un temps d’avance,
    17
    par un croisement d’histoires individuelles
    se télescopant de l’intérieur, sortes
    d’interfaces multiples préfigurant le pire
    en laissant la possibilité de l’avènement de
    la solution juste, dans un lieu fermé (même
    si il s’agit d’une rue, lieu public) et laissant
    tous les interstices possibles ouverts
    (portes, fenêtres, urinoir, braguette…), dans
    un envers des normes nomenclaturées de
    ceux de l’endroit. Il y a une lecture à étages
    de l’oeuvre que son auteur livre dans un esprit
    de proposition pour qui voudrait
    s’investir et faire vivre celle-ci.
    John Nash F. Agera rejoint la vision
    d’Antonin Artaud quant au rôle et à l’implication
    de tous dans le combat contre « l’état
    de dégénérescence où nous sommes. »
    Le clin d’oeil fait à Joseph Beuys par
    l’immixtion de son fantome (ou spectre) est
    une marque de reconnaissance profonde
    pour l’homme qui proposa : « Comment
    expliquer les tableaux à un lièvre mort ».
    Je ne fais ici que reporter un texte écrit
    18
    sur Beuys :
    « De même l’épisode du coyote chez Beuys
    et la persécution de celui-ci illustre la
    propension de l’homme à se décharger de
    son propre complexe d’infériorité sur un
    objet de haine ou sur une minorité. Cette
    haine et ce complexe le pousse constamment
    à exterminer l’objet exécré, bouc
    émissaire et souffre-douleur de toutes les
    sociétés. Les animaux représentent une
    source de puissante énergie, car, derrière
    chaque espèce animale se trouve l’esprit
    de sa conscience de groupe, où âme
    collective. Pour la production de biens
    spirituels, les animaux sont des unités,
    des générateurs extraordinaires. Ils ont
    conservé intactes nombre de facultés qui,
    chez l’homme, ne se sont pas développées
    ou furent vouées à disparaître.»
    Tel est l’enseignement de Joseph Beuys :
    « Je pense que les événements les plus
    globaux sont toujours étroitement liés à
    ce que les gens appellent une mythologie
    19
    individuelle. » J. Beuys.
    La mythologie liée à « Épopée de la Nuit »
    a ancré ses racines.
    La « première heure » de cette oeuvre, qui
    en compte plusieurs, pose les thèmes et les
    enjeux des heures suivantes.
    Pour conclure cette présentation, je me suis
    exécuté bien volontiers dans cet exercice
    pour mon vieil ami, en soldat fidèle aux vieux
    amis, et aux petits garçons que nous avons
    été.

    « Le temps n’est qu’une apparence, seuls
    comptent les sentiments qui nous animent. »
    Alexandre Dumas

    Calo Brooklyn
    calo.brooklyn@live.fr

  2. « Epopée de la Nuit première heure » par Patrice Merelle, auteur

    D’une lecture, je me suis évadé, en avant première par une « Epopée de la Nuit – première heure » en point de fuite. L’auteur est John Nash F. Agera. Cette pièce de théâtre, de John Nash F. Agera, dont le titre est « Epopée de la Nuit – première heure », aurait pu s’appeler tout aussi bien : « de retour dans les tranchées de la valse des ombres ». La puissance des discours tenus et des dialogues de ces corps abandonnés à leurs instincts, démontre à quel point l’être humain peut atteindre la perfection de l’autodestruction par amour, pour le plaisir et par simple désir corporel de satisfaire le manque de satisfaction et leur vide quotidien. La condition humaine, le tableau des âmes écorchées, il serait trop commode d’effectuer d’une pirouette, un simple rapprochement de « La Divine Comédie » de Dante avec cette « Epopée de la nuit –première heure », le monde peint avec justesse de ces nuits d’hommes pourraient très bien se dérouler ici à Paris, en province, comme il pourrait se respirer à Calcutta, Bangkok, Amsterdam, Hambourg.. l’odeur de la sueur des mâles et des maux. Le lieu en lui-même n’a aucune importance, car les premières heures de cette épopée font parties intégrantes d’une nuit Kafkaïenne, d’un monde hors norme où la richesse de l’esprit côtoie la pauvreté intellectuelle. Les cicatrices indélébiles de l’âme sont omniprésentes pendant toute la durée de la pièce. Nul besoin de prouver le jeu érotique des personnages, nul besoin de mettre en valeur le jeu des acteurs, car le langage corporel est irrémédiablement recouvert par le texte d’une grande puissance émotionnelle qui démontre à tel point, nous autres, nous nous perdons dans le dédale du désespoir et de l’abandon. La cruauté du texte pourrait sembler être un électrochoc aux idées conçues des nuits de la damnation corporelle. Il n’en est rien ! John Nash F. Agera, dans l’écriture subtile d’un langage en dehors des voies habituelles, nous amène à réfléchir sur la réalité évoquée, un lieu – sordide – l’est-il ? Jusqu’à quel point sommes-nous conscient de notre propre descente aux enfers ? L’interprétation de nos faits et gestes, les silences pesants, les discours des tribuns de la nuit sont autant d’atouts mettant en valeur cette œuvre iconoclaste inclassable. Une pépite, un OTNI (Objet Théâtral Non Identifié). Les codes des tabous sont dépoussiérés du placard du silence, l’auteur brise avec discernement les barrières psychologiques du « moi je » pour le plus grand bonheur de renaître hors du ghetto conventionnel des chemins coutumiers toutes tracées. L’unijambiste ampute sa jambe saine par rejet des principes mêmes de l’insatisfaction permanente du bien pensant, afin de mieux ressembler à tous les culs-de-jatte du monde. John Nash F. Agera démontre par des pensées obscures et nauséeuses à quel point la démesure de l’égocentrisme de l’être humain finira par détruire son propre moi et ce qui l’entoure juste par besoin de sortir de sa solitude, de son état d’hébétude morbide et mortel. L’auteur ne manque absolument pas d’air et encore moins d’engourdissement des facultés intellectuelles, il dépeint une société décadente avec justesse où chaque homme se shoot par personne interposée pour avoir l’air d’être vivant, ni amour, ni haine, juste une envie de vivre par procuration. Une véritable déclaration d’amour à la vie, contre l’ennui, contre la médiocrité, une claque aux idées reçues et à la jouissance égoïste de nos émois passés et futurs. Tout cela servi avec brio !
    Patrice Merelle, auteur

  3. « L¹auteur John Nash F Agera nous transporte dans un environnement où
    l¹humain est décharné de toute valeur symbolique, du moins au regard du
    grand public. Les personnages de la pièce, réifiés et en apparence rendus
    vils [à l¹image de cette société post-moderne devenue folle], révèlent la
    prostitution du corps comme chaque jour nous nous prostituons nous-même,
    parfois inconsciemment, par l¹esprit.
    L¹auteur, non sans l¹audace et le goût du risque, s¹emploie à démontrer,
    malgré l¹obscénité et la laideur trompeuse du texte [dont le contenu est
    avant tout révélateur d¹un désenchantement consumériste majeur], que
    l¹homme a toujours en lui ce désir de cultiver la beauté et cette envie
    de favoriser son émergenceŠ même lorsque le désespoir et la ruine
    menacent !
    La plupart des lecteurs seraient tentés de croire que l¹auteur livre là
    ses fantasmes les plus obscurs sous le boisseau de l¹anonymatŠ Il n¹en
    est rienŠ car tout comme les écrits du poète Dimitri Dimitriadis, cette
    ¦uvre insolite est un effet de miroir avant-gardiste mettant en évidence
    les symptômes d¹un monde étrangement prophétique.
    Mieux vaut mourir que de perdre espoir ; L¹amour est plus fort que tout :
    Voilà les messages que je retiens de cet ouvrageŠ même dans la boue
    apparente d¹une société désaffectée, ou le priapisme reste la seule
    drogue pour se sentir exister ! »
    Franck Trommenschlager
    Psychanalyste – Psychosociologue

  4. Cette pièce de théâtre, de John Nash F. Agera, dont le titre est « Epopée de la Nuit – première heure », aurait pu s’appeler tout aussi bien : « de retour dans les tranchées de la valse des ombres ». La puissance des discours tenus et des dialogues de ces corps abandonnés à leurs instincts, démontre à quel point l’être humain peut atteindre la perfection de l’autodestruction par amour, pour le plaisir et par simple désir corporel de satisfaire le manque de satisfaction et leur vide quotidien.

    La condition humaine, le tableau des âmes écorchées, il serait trop commode d’effectuer d’une pirouette, un simple rapprochement de « La Divine Comédie » de Dante avec cette « Epopée de la nuit –première heure », le monde peint avec justesse de ces nuits d’hommes pourraient très bien se dérouler ici à Paris, en province, comme il pourrait se respirer à Calcutta, Bangkok, Amsterdam, Hambourg.. l’odeur de la sueur des mâles et des maux. Le lieu en lui-même n’a aucune importance, car les premières heures de cette épopée font parties intégrantes d’une nuit Kafkaïenne, d’un monde hors norme où la richesse de l’esprit côtoie la pauvreté intellectuelle. Les cicatrices indélébiles de l’âme sont omniprésentes pendant toute la durée de la pièce.

    Nul besoin de prouver le jeu érotique des personnages, nul besoin de mettre en valeur le jeu des acteurs, car le langage corporel est irrémédiablement recouvert par le texte d’une grande puissance émotionnelle qui démontre à tel point, nous autres, nous nous perdons dans le dédale du désespoir et de l’abandon. La cruauté du texte pourrait sembler être un électrochoc aux idées conçues des nuits de la damnation corporelle. Il n’en est rien !

    John Nash F. Agera, dans l’écriture subtile d’un langage en dehors des voies habituelles, nous amène à réfléchir sur la réalité évoquée, un lieu – sordide – l’est-il ? Jusqu’à quel point sommes-nous conscient de notre propre descente aux enfers ? L’interprétation de nos faits et gestes, les silences pesants, les discours des tribuns de la nuit sont autant d’atouts mettant en valeur cette œuvre iconoclaste inclassable.

    Une pépite, un OTNI (Objet Théâtrale Non Identifié). Les codes des tabous sont dépoussiérés du placard du silence, l’auteur brise avec discernement les barrières psychologiques du « moi je » pour le plus grand bonheur de renaître hors du ghetto conventionnel des chemins coutumiers toutes tracées. L’unijambiste ampute sa jambe saine par rejet des principes mêmes de l’insatisfaction permanente du bien pensant, afin de mieux ressembler à tous les culs-de-jatte du monde.

    John Nash F. Agera démontre par des pensées obscures et nauséeuses à quel point la démesure de l’égocentrisme de l’être humain finira par détruire son propre moi et ce qui l’entoure juste par besoin de sortir de sa solitude, de son état d’hébétude morbide et mortel.

    L’auteur ne manque absolument pas d’air et encore moins d’engourdissement des facultés intellectuelles, il dépeint une société décadente avec justesse où chaque homme se shoot par personne interposée pour avoir l’air d’être vivant, ni amour, ni haine, juste une envie de vivre par procuration.

    Une véritable déclaration d’amour à la vie, contre l’ennui, contre la médiocrité, une claque aux idées reçues et à la jouissance égoïste de nos émois passés et futurs. Tout cela servi avec brio !

    Patrice Merelle (Auteur, poète)

  5. Monsieur, en réponse à votre critique de Epopée de la nuit…

    *Par les soupirs qu’ils inspirent
    *Ils rendent a la littérature semble se perdre entre faiblesse et infortune
    *Les textes sortent du néant pour mieux y retourner,il convient d’en déterminé la substance
    *Leur interet est à mesurer en fonction du lecteur,leur apparente insignifiance oblige à se poser la seule question qui vaille sont-ils aussi médiocres qu’ils en ont l’air?

    Je réponds

    Je connais plusieurs milieux et la rue,avec une culture qui est la mienne.
    Je connais l’ambiance de la rue et les gens qui y sont…Je suis une personne qui travaille dans le milieu du handicap où je défends les droits des personnes . Et quand je lis vos crtiques gratuitement destructrices je suis outrée par tant de mépris pour cette oeuvre est une grande oeuvre. Une oeuvre qu’on attendait.

    C’est quoi la médiocrité pour vous?
    Parlez-vous au nom de tous les lecteurs de ctte oeuvre? Je n’en croirai pas un mot.
    Cette oeuvre Epopée de la Nuit je l’ai lue quatre fois et j’en éprouve toujours du plaisir à le relire.
    Cette oeuvre reste du théatre et pourtant croyez moi c’est la vie aussi de plusieurs vies réelles.
    C’est la descente d’une vie réelle où il y a une évidence d’espoir qui se transmet d’une vie parfois bien authentique.
    Je suis outrée de lire autant de critique gratuite et négative.
    C’est simple vous avez carrément descendu cette oeuvre qui a pris forme sur des années de travail.
    Je trouve cela affligeant,petit et lamentable la façon dont vous décrivez cette oeuvre en ne lui laissant aucune chance de vie.

    « Véritable ovni théatral » mais c’est meme scandaleuxde tenir des propos aussi durs !!! ovni c’est vous.
    En tant que lectrice quand je lis vos critiques je sens une rage en moi monter.
    Est-ce que vous vous rendez compte de la médiocrité de vos mots.
    C’est vraiment pitoyable.

    « Les formes stylistiques sont plurielles,elles se suivent sans se ressembler,véritable partouze de figures et idiotismes,au point que John Nash.F.Agera semble dégouté de ses propres inspirations a vouloir ainsi les épaissir ».

    Vous parlez de l’écrivain comme une merde sans éprouver le moindre respect à ce qu’il est et a ce qu’il a écrit.

    Chacun pose sa plume sur les choses essentielles qu’il croit pour lui ou sur son propre vécu et je trouve cela sale oui sale. Vos mots qui sont pire que médiocres mais vraiment indécents.

    « Certaines pages ont l’incandescence d’une trajectoire fétide,d’autres sont encore plus nauséabondes et d’une lecture écoeurante. Il faut,en outre,etre intellectuellement aussi perturbé que l’auteur pour rentrer dans son histoire nourire de truismes glauques et vanités complaisantes »

    Honnetement quand je lis ce paragraphe je suis outrée par tant de mépris et l’injure…

    Mesurez vos critiques,tout le monde ne pense pas comme vous. Plus de respect s’impose.
    Vos critiques sont injustes,affligeantes,vioents.
    Je suis fiere d’avoir cette oeuvre dans mes mains et de la transmettre à mon entourage.

    Comme je suis fiere d’etre aussi perturbée que cet écrvain que vous décrivez comme instable et completement à coté.

    John Nash.F.Agera je lui dévoue tout mon respect.Il a su dire justement les mots qu’il fallait dire sur une société qui ne va plus. Trop de choses sont cachées et là elles sont dites.

    Stefani

  6. Je suis ahuri de lire une critique qui semble n’avoir rien de familier avec la substance que j’ai lue dans Epopée de la nuit (première heure) – Oui, j’ai le livre et le lis régulièrement pour retenir quelques fortes phrases à utiliser dans certaines situations de la vie couarante – mais je préfère dire que cela dépends des points de vue.

    En ce qui me concerne, ayant été enfant de la rue en RDC, en Afrique, cette oeuvre m’a particulièrement parlé, et parle de ma société : de la société actuelle en pleine putréfaction qui prostitue nos cerveaux et mutile nos âmes, nous rendant ainsi hadicapé de tout sentiment positif. Tout y est dit avec lucidité, avec une franchise qui frôle la dénonciation. Le jeune homme et l’homme peuvent être n’importe qui. Entendre dire que cette oeuvre est « véritable partouze de figures et idiotismes » est écoeurant ; c’est comme si le critique voulait carrement descendre un chef-d’oeuvre adverse qui lui ferait beaucoup d’ombrage. Mais comme je l’ai déjà dit, cela dépend des points de vue.

    Les phrases « certaines pages ont l’incadescence d’une trajèctoire fétide, d’autres encore plus nauséabondes et d’une lècture écoeurante. Il faut, en outre être aussi perturbé que l’auteur pour rentrer dans son histoire nourire des truismes glauques et vanités complaisantes » n’est guère differente de celle-ci, dite par G. Bourdin au poète le plus perturbé et le plus brillant et fécond de la littérature française, Charles Baudelaire pour son chef-d’oeuvre avant-gardiste LES FLEURS DU MAL : « Il y a des moments où l’ont doute de l’état mental de M. Baudelaire, il y en a où l’on ne doute plus ; c’est, la plupart de temps, la répétition monotone et prémédité des mêmes choses, des mêmes pensées. L’odieux y côtoie l’ignoble, le repoussant s’allie à l’infècte… » L’humain se trompe ; comme G. Bourdin, notre critique s’est aussi trompé sur Epopée de la nuit (première heure), on lui accorde ce crédit ; mais ne pas éviter les erreurs du passé est diabolique. Le monde a crée tant de poètes, auteurs, génies maudits, cela sera diabolique de continuer à en créer aujourd’hui. Cette critique dit une chose et son contraire, flouant ainsi le jugement de futurs lècteurs. La moindre mérite qu’on peut accorder à un génie c’est la reconnaissance de son oeuvre. John Nash F. Agera est un génie, reconnaissons-le comme tel, et aussi son oeuvre avant-gardiste, ses dialogues lucides et franc ; à moins de ne pas aimer la vérité. Chez moi on dit : « Soki okutani na vérité, ata ebebisi yo bilamba, ndima po eza pona bolamu nayo » (si tu croises la vérité sur ta route, même si elle te salit tes vêtements, accèpte car c’est pour ton bien).

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