Héloïse a cinq mois lorsqu’elle tombe amoureuse du Dr Lawrence Calvagh, et possède déjà une détermination qui ne faillira jamais. Pourtant, de surprises en découvertes, elle ne pourra pas ignorer qu’elle n’est pas la première femme de sa famille à avoir aimé le beau médecin. Sera-t-elle la dernière ?
Héloïse est chauve
n’est pas un roman. C’est un festin de mots savoureux, de phrases juteuses, de paragraphes délectables. Avec son écriture gourmande et très imagée, Émilie de Turckheim donne corps à des héroïnes flamboyantes et libres: une ode magistrale à l’amour et à la sensualité.

Un roman savoureux d’une grande féminité !

Émilie de Turckheim est incontestablement une amoureuse des mots et de la langue française. Car, si ce n’est l’amour, comment expliquer une telle virtuosité, une prose aussi délicate que puissante? Ajoutez à cela une délicieuse tendance à sélectionner avec soin un vocabulaire gourmand et sensuel, et vous obtenez un roman à déguster sans modération. On savoure chaque phrase comme on dévore une boite de chocolats. Chaque bouchée recèle une surprise : on oscille entre le la douceur du praliné, l’onctuosité de la ganache et l’érotisme des épices exotiques. Quand on en a terminé avec ce merveilleux roman, on se lèche les doigts pour ne pas perdre une miette de ce parfait moment de bonheur.

Émilie de Turckheim ne fait pas seulement preuve d’une belle maîtrise stylistique: sa vision de la femme ravira les plus féministes et les plus féminines. Héloïse est une amazone libre et sauvage, mais c’est aussi une femme amoureuse, une mère aimante et une amante d’une fidélité d’autant plus improbable que sa beauté est dévastatrice. Sans jamais tomber dans la vulgarité ou le libertinage, Émilie de Turckheim met en scène une femme à la sexualité libre et assumée, débordante de sensualité qu’elle réserve cependant à celui dont elle tomba amoureuse à l’âge de… cinq mois. Si le Dr Lawrence Calvagh semble avoir un faible de collectionneur pour les femmes qui gravitent autour d’Héloïse, ce couple improbable maintient un équilibre qui force l’admiration. Héloïse ne subit rien, assume tout et sait ce qu’elle veut.

L’auteur enveloppe le lecteur dans un cocon moelleux et confortable propice à une lecture compulsive : impossible de lâcher ce livre avant d’avoir savouré la dernière phrase.

À conseiller si…

… vous êtes une grande, une éternelle amoureuse, de celles qui ne se rêvent pas en vierge chaste écoutant sagement son ménestrel, mais en femme passionnée, gourmande et entièrement dévouée à l’objet de sa passion.
… des amis gentils vous ont offert une boite de chocolats Chapon. Chaque praline est une explosion de saveur (chocolat au basilic, avez-vous essayé? et aux quatre baies?) et ce livre est à la littérature ce que Chapon est aux chocolats.

Extrait :

Héloïse a cinq mois quand elle ressent les premiers feux de la passion:

[Lawrence] voudrait savoir où Héloïse trouve le courage de hurler sans économie, sans médiocrité. Il y a de l’amour, du désespoir, une stupéfaction de vivre dans son cri. Lawrence aimerait avoir la force et l’impudeur d’être en vie comme Héloïse est en colère. Il rêve d’une existence où chaque geste et chaque parole auraient le même excès. Ce serait vaincre le temps qui détale. Lawrence caresse le visage d’Héloïse, la salive aux commissures, et Héloïse, sentant le pouce sur ses lèvres, l’aspire. Et plus un cri, elle suce, éperdue. Elle suce comme on avale une rivière après avoir dévalé l’été, les pentes de coquelicots à toute allure, les robes blanches, les pieds nus, les prairies brûlantes. Dans le salon, on entend le crépitement du feu et le pouce dévoré, des soupçons de baisers. Lawrence, sucé, tremble. Héloïse tombe amoureuse.

Hélène

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Emilie de Turckheim, Héloïse est chauve, Héloïse d’Ormesson, février 2012, 218 pages 18,50€

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