El mundo entero de Julian Quintanilla : plus qu’un court métrage, un moment d’exception ! Comment s’étonner de la déferlante de récompenses que ce moyen métrage de 28 minutes est en train de récolter dans le monde entier, car c’est un véritable petit bijou de justesse et d’émotion que Julian Quintanilla offre ! Qualifié pour les Oscars 2018 et candidat au Prix Goya de l’Académie Espagnole, El Mundo Entero a déjà gagné 28 prix internationaux dont le 1er Prix du jury à Cleveland ainsi que celui du public. Sorti en salle le 28 novembre au MK2 Beaubourg.

 

Qualifié pour les Oscars de 2018 et candidat au Prix Goya de l’Académie Espagnole, El Mundo Entero a déjà gagné 28 prix internationaux, dont le 1er Prix du jury à Cleveland ainsi que celui du public.

Le réalisateur espagnol, Julian Quintanilla, filme une Espagne des années 1980, une Espagne colorée, qui rappelle l’esthétique des films d’Almodovar et le surréalisme de Buñuel. La truculente Loles Leon, qui y tient le rôle principal, n’est pas étrangère à ces comparaisons.

EL MUNDO ENTERO

C’est dans une Espagne qui n’est plus franquiste depuis longtemps – enfin en principe (nous sommes en 1982) – que se déroule l’intrigue de ce petit morceau de génie qu’est El mundo entero. Julian, ou plutôt « Juli », rend visite chaque année à sa mère, qui repose en paix – enfin c’est très exagéré – dans le columbarium de la ville de Badajoz. En effet, tel un diable hors de sa boîte, elle surgit du néant pour converser avec son fils, et revenir sur des épisodes de leur vie commune. Rapidement le thème de l’homosexualité de Julian est évoqué. Elle lui raconte, comment, ayant pris très tôt conscience de sa « différence », elle a consulté un psy pour savoir comment réussir à bien l’élever, sans courir le risque de le blesser. La scène de cette rencontre est surréaliste et savoureuse. Loles León qui tient le rôle est simplement fabuleuse, elle donne corps à une mama espagnole, criante de vérité. Excessive, possessive, parfois colérique, elle n’en reste pas moins débordante d’un amour maternel qui transcende largement la mort.

EL MUNDO ENTERO

La mère a pris l’habitude de demander au fils à chaque rencontre de réaliser quelque chose. Cette fois, il s’agit de modifier certains souvenirs de Peter, un jeune homo de son village, en butte aux lazzis et aux quolibets des adolescents de son quartier. En effet de son vivant, elle n’avait pas eu le courage de le défendre lorsqu’il subissait les insultes des machos en herbe. Il était accusé de ne pas aimer les « chochitos », petits bonbons acidulés, dont la traduction est « foufounes ». Bien sûr, il y aurait de quoi sourire si la réalité n’était pas si profondément triste. S’il existe en France une acceptation (parfois de façade) de l’orientation homosexuelle, l’Espagne des années 80 était très dure à son égard. Malgré le côté un peu dément de la situation, Juli, en fils obéissant, rend visite audit Peter qui a bien vieilli. L’occasion de découvrir tout ce que sa mère ne lui a pas dit…

CANDIDO GOMEZ

Le court-métrage El mundo entero est un concentré d’émotions où la tristesse est sans cesse chassée par l’enthousiasme et par la furieuse jubilation devant la vie. On en ressort meilleur. Cette démonstration d’amour mutuel nous laisse à la fois heureux et abasourdis. Cela paraît incroyable, mais ce film fait du bien. Il fait partie du bonheur, il en est une manifestation palpable. Ce qui ne manque pas de beauté, c’est que cette mère, lorsqu’elle va voir le psy, ne pense pas à guérir son fils d’une maladie honteuse, pas du tout. Elle ne souhaite qu’une chose, être une bonne mère et ne pas imiter ses voisines qui pensent qu’un passage à l’armée ou un enfermement au séminaire devraient gommer les tendances fâcheuses de leurs garçons. Celle qui, peut-être, doit guérir, c’est elle !

Vous l’aurez sans doute compris à ces lignes enthousiastes, mais nous vous recommandons chaudement de voir El mundo entero. Ce film ouvre les yeux : il a un retentissement particulier pour chacun, mais ne laisse personne indifférent. Il est surtout un rappel, s’il en était besoin, à cette chose incomparable et magnifique qu’est l’amour d’une mère.

La dernière parole, c’est justement à une mère espagnole que nous la laisserons. Connue dans ces mêmes années 80, elle nous avait dit un jour « de un hijo, nunca te jubilas », c’est à dire, d’un fils, tu ne prends jamais ta retraite. El mundo entero nous le fait bien comprendre !

EL MUNDO ENTERO

El mundo entero court-métrage espagnol réalisé par Julian Quintanilla avec Loles León, Julián Quintanilla, Cándido Gómez…Espagne, 2016, Fiction – Comédie, 29’53

El Mundo Entero sera projeté du 29 novembre au 5 décembre au MK2 Beaubourg à 19h.

EL MUNDO ENTERO

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