L’artiste vietnamien Duy Anh Nhan Duc végétalise le centre d’Art les 3 CHA de Châteaugiron ! L’exposition Hope vous invite, du 12 juillet au 17 septembre 2017, à un été rempli d’espoir, de nature et de beauté…

 

HOPE

Artiste vietnamien vivant et travaillant à Paris, Duy Anh Nhan Duc a fait de la nature la matrice de ses œuvres. Une recherche constante d’alliance et d’osmose pour donner à voir le végétal autrement.

Trop définir le travail de Duy Anh Nhan Duc risquerait de mettre des barrières là où elles n’ont pas de raison d’être. Pourquoi contraindre un art contemplatif qui invite chacun à une expérience réflexive personnelle ?

Les sculptures végétales de l’artiste sont le résultat de sa méditation sur la beauté de la nature et du vivant. Duy Anh Nhan Duc s’emploie à retranscrire cette fascination et les émotions qui le traversent. Fil conducteur de ses œuvres : la nature sacrée, avec ce doux écho des temps anciens où l’homme la vénérait.

« J’essaie par mes créations de capturer l’allure si unique des végétaux, de retranscrire les émotions qu’ils suscitent en moi et de les mettre en scène dans la narration qu’ils m’évoquent. »

HOPE

Avec l’exposition Hope, le visiteur est invité à plonger dans cet univers poétique où la contemplation mène à la réflexion. Les installations présentées dans la chapelle des 3 CHA de Châteaugiron ont été pensées et réalisées pour ce splendide lieu historique. « Les végétaux qui forment HOPE – nous explique Duy Anh Nhan Duc – ont été cueillis spécialement pour l’exposition : que ce soit les 12 000 pissenlits ou les milliers d’épines ou encore les centaines de chênes. Ceux sont des installations in situ qui vivront ensuite dans d’autres lieux d’exposition, car tous les végétaux prélevés sont minutieusement conservés et réutiliser pour d’autres créations. »

DUY ANH NHAN DUC
Duy Anh Nhan Duc

Unidivers : Artiste végétal autodidacte, comment êtes-vous arrivé à votre production artistique et, plus particulièrement, à l’art végétal ?

Duy Anh Nhan Duc : Tout a commencé au Vietnam où j’ai vécu jusqu’à mes 10 ans. Une enfance heureuse en plein air, je passais la majeure partie de mon temps dans les arbres à grimper et à installer des cabanes. C’est dans ces moments privilégiés que mon lien avec la nature s’est tissé. Arrivé en France en banlieue parisienne, le dessin est très vite devenu une échappatoire qui m’a permis de renouer avec cette végétation que j’avais quittée. J’ai donc débuté par des illustrations à l’encre de Chine d’un monde imaginaire dominé par une nature surréaliste. Rapidement, j’ai eu besoin d’outrepasser les limites de la représentation afin de pouvoir apporter à mon approche des matières, des couleurs, des odeurs, des formes. J’ai ainsi adopté le végétal comme médium principal de mes œuvres. C’est en développant ma propre palette que mon parcours s’est dessiné.

U. : La nature est une source d’inspirations inépuisable et la valeur émotive est omniprésente dans votre travail. Votre création est-elle totalement spontanée ou avez-vous tout de même un processus de création ?

Duy Anh Nhan Duc : La nature est la matrice de mes créations. Que ce soit au travers de mes fresques, de mes sculptures, de mes vidéos ou de mes illustrations, je travaille exclusivement avec le végétal, cela peut-être des graines, des fleurs, des branches, des écorces, des feuilles… La palette qui m’est offerte est vaste ! J’ai une réelle fascination et un immense respect pour ce monde si vaste. C’est de cet émerveillement que naissent mes créations. Mon processus de création débute lorsque je suis en pleine nature, c’est la rencontre avec les végétaux dans leur milieu naturel qui me guide et m’inspire. Chacun de mes projets est un nouvel apprentissage et donc un nouveau processus de création que j’adapte en fonction du spécimen que je souhaite travailler. L’observation est très importante, et le temps aussi. Je me donne le temps de comprendre le végétal choisi, je crée une sorte de langage avec lui qui me guide dans mes réalisations.
expo HOPE

U. : Le résultat de votre collaboration avec la photographe Isabelle Chapuis pour le magazine Raise puis OOB Magazine est particulièrement émouvant. La fragilité du végétal rencontre les courbes du corps humain. Quel était l’objectif de cette alliance professionnelle ?

Duy Anh Nhan Duc : L’idée première était d’allier nos deux univers. Isabelle Chapuis a une approche très organique du portrait et lorsque nous nous sommes rencontrés j’étais en train de développer des sculptures en pissenlit. Nous avons donc allié nos deux matières : la fusion entre la peau, la fleur et la graine. Les aigrettes de pissenlits dans Dandelion se posent sur les corps et les couvrent d’un voile fragile. Une manière pour nous de parler de la fragilité de l’être et de la nature aussi. Dans Étamine, les pétales de chrysanthème et d’œillet dessinent sur les visages des masques certes hauts en couleur, mais surtout éphémères. Une manière pour nous de parler de légèreté, de fragilité et du caractère éphémère de la vie.

U. : Comment s’est produite la rencontre avec le centre d’art Les 3 CHA ?

Duy Anh Nhan Duc : Le centre d’art m’a contacté il y a un an, j’étais en train de préparer une exposition à Hong Kong. Ils m’ont envoyé des photos de la chapelle, elle m’a tout de suite attiré, sa lumière, sa voûte en châtaignier et évidemment l’énergie qui s’en dégage avec toute l’histoire qu’elle porte en elle. D’une certaine façon, la relation que notre société entretient aujourd’hui avec la nature est liée à la religion. Au départ, toutes les religions ont divinisé la nature et l’ont adorée. Dès lors que les dieux ont été humanisés, l’homme est lui aussi devenu divinité. Dans la Genèse, c’est dieu qui crée le monde, en aucun cas, dans cette pensée la nature n’est créatrice. À partir de cet instant, la nature est secondaire, et elle devient donc soumise à l’homme qui va la gérer. Pour moi la nature est la matrice du vivant, alors j’ai saisi immédiatement l’opportunité qui m’était offerte au travers de cette invitation, de placer la nature au centre d’un lieu historiquement relié à une religion. Et ainsi de lui redonner, d’une certaine façon, son caractère sacré.

U. : Le titre de l’exposition « Hope » est un mot fort. Comment vos créations traduisent ce terme ?

Duy Anh Nhan Duc : « HOPE » est une invitation à regarder la nature avec un regard nouveau et je le souhaite à se connecter avec elle. Les cimes du ciel et ses douze mille pissenlits invitent à la contemplation. Une étendue de graines volatiles, aussi fragiles que vigoureuses nous montre la force du vivant. Répandu sur la quasi-totalité du monde, le pissenlit est symbole d’abondance et de flore indomptée. Il tient depuis toujours une place très particulière dans ma démarche artistique. Son langage est universel, car il a cette faculté à nous reconnecter avec l’enfant qui est en nous, à un instant de notre vie où nous cultivions encore ce lien privilégié avec la nature. En résonance avec ces graines en dormance, des centaines de pousses de chêne forment « L’ombre fleurie », Souvenir d’un arbre qui n’est plus, mais qui a su à chaque cycle de sa vie, semer dans la terre ses fruits, gage de renaissance perpétuelle.
Au côté de ces installations végétales dialoguent deux sculptures qui replacent l’humain au cœur de la nature. Il y a tout d’abord L’espoir, un être entièrement recouvert d’épines. Une carapace qui protège autant qu’elle isole. La rose fraîche qu’il cache dans son dos fane au fil des jours puis se renouvelle et laisse ainsi entrevoir une lueur d’espoir au changement. Puis il y a L’éveil qui exprime la complexité de l’être avec ces graines aussi fragiles que peut être une conscience mise à l’épreuve d’une vie.

Le vernissage de l’exposition Hope de Duy Anh Nhan Duc (musique composée par Benoît Cimbé) aura lieu le mardi 11 juillet 2017 à 18h au Centre d’Art les 3 CHA à Châteaugiron. Entrée libre et accessible aux personnes à mobilité réduite.

Centre d’art Les 3CHA
Le Château – Boulevard Julien et Pierre Gourdel – 35410 Châteaugiron

Comment venir en transports en commun ?
Bus Illenoo 3b de la Poterie (métro) jusqu’à Châteaugiron : arrêt Général de Gaulle. Il faut compter 25 min de trajet.

Le centre d’art est ouvert lors des expositions :
– le mercredi et le vendredi de 14h à 17h
– le samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h
– le 1er dimanche du mois de 10h à 13h (ouverture exceptionnelle le dimanche 18 juin de 10h à 15h)
Le mardi et le jeudi sont réservés aux visites de groupes et scolaires.
Fermé le 14 juillet, le 1er et 11 novembre 2017.

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