Un écrivain harcelé par l’étudiante qui lui consacre une thèse ; un peintre qui s’accuse de tuer les femmes à distance avec ses pinceaux ; une maison qui envoûte jusqu’à la folie ceux qui s’y attachent… Faut-il résister à l’attirance ? Et si l’on y cède, est-ce pour se fuir ou pour se retrouver ? Liées par un même secret, trois passions vénéneuses.

Un recueil de trois nouvelles, toutes liées par un thème général qui est la fascination, mais aussi par certains personnages d’une même famille.
 Avec une écriture belle et efficace, Didier van Cauwelaert nous peint des individus au destin banal, mais tellement fragile et tragique.

Dans « Vous êtes mon sujet », la première nouvelle, le lecteur se retrouve confronté à la problèmatique du fan destructeur. Une étudiante qui travaille sur un auteur, Alexis Kern, et qui sera prête à tout pour qu’il écrive le livre qu’elle souhaite. En 50 pages, la peur arrive à nous happer aussi bien que le ferait un thriller. Le personnage de Mathilde est terrifiant avec les mêmes caractéristiques qu’un tueur en série.

Dans « Attirance », la deuxième nouvelle, le lecteur plonge dans l’univers de l’Art. Un peintre étrange est persuadé d’avoir tué deux femmes qu’il a peintes. Un questionnement sur la portée de l’art et les limites qui font d’une passion saine un passe-temps morbide, qui rend fou. Mais qui rend-il fou ? Le peintre incarcéré ou la juge, Delphine Kern, qui se retrouve, malgré elle, complètement fascinée par ce personnage marginal.

Enfin, dans « La maîtresse de maison », la troisième et dernière nouvelle, c’est un couple détruit que l’on croise. Un homme qui ne croit plus en rien : ni en sa femme qu’il n’aime plus, ni en ses enfants. Un récit qui pose la question de l’évasion de l’esprit face à une situation qui n’est plus gérable. Le lecteur ne sait pas comment prendre position : l’histoire tient-elle du fantastique ? Une question qui reste en suspens.

Trois destins mornes, tragiques, épuisants. Ils dévoilent néanmoins la puissance de l’esprit humain, le danger que peut engendrer la fascination, la passion, l’attirance. La mort aussi est présente dans ces nouvelles : parfois cruelle, parfois fade. 
Un ouvrage contemporain, bien ancré dans la société actuelle. Il en dépeint certains méfaits et leurs conséquences possibles.

Les personnages sont torturés et peu attachants. Ce qui n’est pas une mauvaise chose. Le lecteur préfèrera se tenir loin d’eux et de leurs problèmes. Pas d’empathie, simplement de l’observation à la manière d’un scientifique.

Un livre dont la lecture rapide en ravira plus d’un.

Mayrlin

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