Daniel Darc fait-il encore des chansons ? Peut-être bien que non ? Cherche-t-il encore « le garçon » ou bien celle qui serait « aussi belle qu’une balle » ? Peut-être sur un autre plan, dans d’autres espaces…

 

C’est davantage les textes que la musique qui imposent la griffe Darc-dark ! Et ce n’est pas évident de composer pour un « garçon » comme lui. Or, si vous ne la saviez pas, Darc a épuisé son sauveur Frédéric Lo. Cette fois-ci, c’est Laurent Marimbert qui s’y colle pour un résultat très aérien. Aérien certes, mais un soupçon moins ‘raccord’ avec la prose darcienne. À moins que cela soit cette dernière qui s’épuise. Mais comment imaginer qu’un filon si personnel et douloureux puisse s’éteindre ?

On sent un amusement supérieur dans cet opus. Un détachement qui pourrait presque décoller la peau des os pour que ceux-ci, enfin, « exultent ». « Et ils exulteront mes os humiliés » psalmodie Darc dans une référence explicite aux vers du Psautier de la Bible. Le créateur vit en chair et en verbe ce que narrent ces admirables chants inspirés. Il parle, il déclame, il s’essaie encore à chanter (comme il parle) avec des tremblements si véridiques. Une sincérité, des vibrations de sincérité qui sont de moins en moins à fleur de peau et de mieux en mieux à fleur d’os !

Jive / Sbme Europe, november 15, 2011

 

La culture est une guerre contre le nivellement universel que représente la mort (P. Florensky) Journaliste, essayiste, musicien, a entre autres collaboré avec Alan Stivell à l’ouvrage « Sur la route des plus belles légendes celtes » (Arthaud, 2013)
thierry.jolif [@] unidivers .fr

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