En collaboration avec l’association Danse à tous les étages, la danseuse et chorégraphe française Gaëlle Bourges poursuit son focus finistérien et a présenté sa toute nouvelle création Le Bain, dimanche 22 avril à la MJC Le Sterenn de Trégunc.

gaelle bourges le bain tregunc
© Kit Brown

Formée à de multiples techniques de danse, Gaëlle Bourges a enfilé ses premiers chaussons de danse classique à l’âge de 5 ans avant de poursuivre avec le moderne-jazz et les claquettes. Plus encore, elle s’est formée à la rythmique, l’art dramatique et au clown. Sa curiosité artistique l’a également amené à travailler en tant que strip-teaseuse dans un théâtre érotique pendant deux ans et demi. Une courte expérience enrichissante qui a changé sa perception du monde, mais lui a malheureusement valu quelques étiquettes.

Pour compléter le tableau, elle est sortie diplômée en éducation somatique par le mouvement de l’Université Paris 8 Saint-Denis – école de Body Mind Centering. Ces méthodes visent à « augmenter l’aisance, l’efficacité et le plaisir du corps et du mouvement par le développement de la conscience corporelle ».

le bain Gaëlle Bourges Danse à tous les étage Tregunc
© Danielle Voirin

Amoureuse de l’Histoire de l’Art, ses créations témoignent d’un fort intérêt pour la peinture de la Renaissance, période où les premiers corps nus sont représentés dans toute leur beauté. Elle a signé, entre autres choses, le triptyque Vider VénusJe baise les yeux (2009), La belle Indifférence (2010) et Le verrou (figure de fantaisie attribuée à tort à Fragonard) (2013).

Après Les nus qui fâchent à Brest et Incidence 1327 à Porspoder, elle propose une nouvelle plongée dans la peinture renaissante avec sa nouvelle pièce. Un défi pour elle puisque pour la première fois, un de ses spectacles s’adresse au jeune public pour le familiariser à la représentation des corps dans l’Art.

Avec Le Bain, les tableaux Suzanne au bain (vers 1550) de Tintoret au musée du Louvre-Lens et Diane au bain (seconde moitié du XVIe siècle), attribué à François Clouet au musée des Beaux-Arts de Rouen, sortent de leur silence muséal. Sur les planches de la scène de la MJC Le Sterenn (Trégunc), ils se refont une nouvelle jeunesse, animés « de cette force qu’avait la peinture avant l’invention de la photographie ou le journal ».

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Le Bain de Diane, peinture à l’huile (XVIe siècle) attribuée à François Clouet. (Musée des Beaux-Arts, Rouen.)

Sur fond d’un décor sobre et évolutif, les corps des trois performeuses Helen Heraud, Noémie Makota, Julie Vuoso se mettent en mouvement. Sous les yeux des spectateurs, la scène devient une nouvelle fois un terrain de jeu où les peintures à l’huile se réveillent. Poupées, eau douce, lapins ou encore grenouilles, grâce à la manipulation des objets, les danseuses racontent ces histoires mythologiques.

le bain Gaëlle Bourges Danse à tous les étage Tregunc
© Danielle Voirin

Accompagnés de sonorités empruntées à la musique d’hier et d’aujourd’hui, la voix, le récit, la danse, et le chant forment un ensemble chorégraphique léger et plein d’humour. L’électro minimale du dj XtroniK (Stéphane Monteiro) rencontre par exemple la musique impressionniste de Maurice Ravel – Daphnis et Chloé et Pièce en forme de Habanera. Et la comptine a la claire fontaine côtoie des extraits de l’Actéon d’Ovide dans Les Métamorphoses.

À la fois drôle et ludique, Gaëlle Bourges signe un nouveau spectacle simple et efficace, pour petits et grands !

 

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