Random Access Memories de Daft Punk est devenu en quelques jours l’album le plus téléchargé sur les plateformes électroniques, plus de 65 000 téléchargements, il était tant d’en faire une critique. Mais les avis sont divisés entre fans et amateurs de musique électronique.

David Norgeot : Pour (carrément)

Avant toute chose, il fallait que sa digestion soit entièrement faite. Au regard de la liste des titres, une inquiétude m’avait déjà envahi : celle concernant le nombre impressionnant de featurings. Un casting de folie donc pour ce Random Access Memories qui va marquer les esprits et en faire baver plus d’un et danser aussi.

L’écoute doit se faire une première fois pour en appréhender la substantifique moelle. La seconde écoute va être évidemment plus précise, plus organisée. Le disque débute avec un premier morceau, Give Life Back to Music. Et l’on est déjà transporté vers un ailleurs chamanique. De la musique organique qui place la barre très haut.

La suite est du même acabit puisque, c’est avec le morceau The Game of Love que l’orgie se poursuit. D’une précision horlogère, démoniaque, ce morceau est une jouissance pour l’ensemble de nos sens. Reposant à souhait, la folie qui nous habite tout au long de l’écoute de ce titre est une sensation si rare que l’on n’a qu’un seul désir, qu’elle ne nous quitte jamais. Vient une longue histoire très différente, intense, musclée, étincelante, sublime.

Mes titres favoris : The game of love – Lose Yourself to Dance – Giorgio by Moroder

Random Access Memories est un album solide et vraiment surprenant qui montre pourquoi ce groupe, malgré sa petite production, est toujours une légende qui le restera. Un bijou futuriste qui montre qu’avec le talent tout est possible et surtout le meilleur. Le plus beau disque de ce début d’année 2013 assurément et peut-être de l’année.

Didier Ackermann : contre (carrément)

Je suis la carrière du duo masqué depuis ses débuts. Depuis Human After all, la musique du groupe prend une tournure de plus en plus rétro et de moins en moins créative. L’inspiration disco et funky était déjà évidente et cela se confirme avec ce R.A.M. et en voyant un featuring avec Giorgio Moroder, pape de la disco de l’époque. Nous avions eu du Earth wind and Fire, du Moroder et voilà qu’ils intègrent Nile Rodgers, ex-guitariste de…Chic, dont le groove a fait danser 3 générations.

Alors la musique aime se réinventer et utiliser des recettes du passé, mais ici, c’est un voyage dans le passé avec des sons électroniques qui nous ramènent à l’époque de la disco, mais aussi des titres les plus électroniques de Vangelis, même à l’époque de Pop Corn en même temps qu’à la grande période disco. La déformation vocale systématique sur tous les titres devient une caricature des premiers titres du duo jusqu’à devenir lassante. Les lignes de basse et le jeu de guitare de Nile Rodgers sentent le déjà vu à pleine oreille et la seule envie est de saisir un album d’Imagination, Chic ou Earth Wind and Fire pour écouter de la vraie bonne disco funk avec des voix à l’avenant du groove qui se dégage et avec une rythmique autrement plus pêchue que ces morceaux qui se voudraient ambiancés sans atteindre le niveau de la vraie électro ambient. Allez, au mieux on sauvera le Lose Yourself to Dance même s’il lassera très vite par son impression de déjà entendu il y a 12 ans sur Discovery…. le pire étant de clore l’album par un titre qui me ramène à l’époque de mon adolescence avec un son daté au possible.

J’attendais un sursaut du duo et c’est l’inverse qui se produit avec l’un des plus gros ratés de ce début d’année. Un album qui finira à caler une table ou prendra la poussière après 2 écoutes. Le matraquage de Get Lucky ne changera rien au problème d’un duo qui, à force de réécouter ses classiques, a fini par imiter et ne plus créer et inventer.

Tracklist :

  • 1. Give Life Back to Music (feat. Nile Rodgers)
  • 2. The Game of Love
  • 3. Giorgio by Moroder (feat. Giorgio Moroder)
  • 4. Within (feat. Gonzales)
  • 5. Instant Crush (feat. Julian Casablancas)
  • 6. Lose Yourself To Dance (feat. Pharrell Williams and Nile Rodgers)
  • 7. Touch (feat. Paul Williams)
  • 8. Get Lucky (feat. Pharrell Williams and Nile Rodgers)
  • 9. Beyond
  • 10. Motherboard
  • 11. Fragments of Time (feat. Todd Edwards)
  • 12. Doin’ It Right (feat. Panda Bear)
  • 13. Contact (feat. DJ Falcon)

Un commentaire

  1. La fin des capucines marque l’achèvement d’une période printanière doucereuse et nous projette dans les turbulences caniculaires.
    La fin des haricots nous projette dans le dernier Daft Punk, cuisine moléculaire cynique, qui sublime l’éloge du vide et n’a de surprenant que la vacuité de son hégémonie culturelle.

Laisser une réponse

SVP rédigez votre commentaire
Merci d'inscrire votre nom