Le Rennais Hugo Lemoine a relevé le défi et lance, en mai 2016, Conouco, une marque de vêtements en lin bio. Du lin ? Oui très bien, mais aussi de l’éthique ! C’est le pari de cet entrepreneur rennais. Itinéraire d’un jeune homme bourré d’idées…

 

conoucoUnidivers : Pourquoi créer son entreprise ? On dit que le contexte est difficile…

Hugo Lemoine : Sans doute. Moi je vois surtout un monde qui se marche sur la tête, qui consomme à tout va, au mépris des ressources planétaires. Je l’ai compris au travers de mes expériences.

U. : Vous en avez déjà tant que ça ?
Hugo Lemoine : Ma scolarité m’a fait passer du général (Anne de Bretagne, Bréquigny) au technique (lycée agricole du Rheu puis BTS à Mendès-France). Avec mon diplôme en fluide énergie et environnement, j’ai décroché un job au Soudan, sur un chantier de barrage sur le Nil. J’y ai un peu souffert des comportements néo-colonialistes et ai décidé de me lancer dans l’humanitaire. En République démocratique du Congo, j’ai travaillé dans une ONG sur des projets sanitaires de base. Au bout d’un an, une profonde remise en question m’a poussé vers l’action perso. Mais laquelle ? Un jour où j’achetais du matériel de rando au Vieux Campeur, je lis sur les étiquettes : « laine de Nouvelle-Zélande », « made in China », etc. J’ai découvert par la suite qu’en Europe, il existe une seule entreprise de filage — en Italie. Avec les monopoles, trop compliqué de se glisser là-dedans. Je me suis alors penché sur les fibres produites en Bretagne. Le chanvre ! Mais, encore un monopole, à cause du THC. Je me suis alors tourné vers le lin.
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U. : Il y en a 80 % produit en France, n’est-ce pas ?

Hugo Lemoine : Oui, mais 90 % sont transformés en Chine ! De plus, si le lin représente 1 % de la fibre textile, c’est seulement 1 % de ce 1 % qui est bio.

U. : Et vous voilà décidé à augmenter ce pourcentage !

Hugo Lemoine : A travers le vêtement, car l’habillement est un des besoins humains fondamentaux. J’ai contacté deux fournisseurs de tissu biologique (Libeco en Belgique et Biotissu à Brest).

U. : Restait à dessiner des modèles…
conoucoHugo Lemoine : Curieusement, ça n’a pas été simple. J’ai fini par trouver Margot Billion, styliste formée à l’école ESMOD. Elle a conçu ma première collection, ultra basique, élégante et intemporelle: une chemise et un pantalon pour hommes ; une jupe et un pull pour femmes. Avec des teintes sobres – blanc, écru et noir. Des vêtements made in France, selon un processus de fabrication réduisant au maximum l’impact écologique.

U. : Et la fabrication ?

Hugo Lemoine : Elle est assurée par une entreprise vendéenne.

U. : On approche du but, la commercialisation.

Hugo Lemoine : Elle va se faire par internet dans un premier temps, car mes marges sont faibles et incompatibles avec les pratiques des magasins. Mon enquête de marché s’est révélée très positive. J’ai rencontré aussi de grosses pointures de la mode qui m’encouragent.

U. : Vous avez bénéficié de conseils auprès de chefs d’entreprise ?
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Hugo Lemoine : Effectivement, j’ai été accompagné par YAO, le fonds de dotation pour la jeunesse  qui m’a trouvé un parrain aussi sympa qu’efficace, Yvon Goude (gérant de Goude Glass au Rheu, 35). Le courant est bien passé – il faut dire que je suis un peu l’énergumène, un des rares qui ne se lance pas dans le numérique !

U. : Cela donne une crédibilité auprès des banques ?

Hugo Lemoine : Oui, sans cela, je n’aurais jamais pu demander 20 000€. Mais ça ne sera pas suffisant. Je lance donc une campagne de financement participatif (crowd-funding)

U. : Sur quel site ?

Hugo Lemoine : Ulule.com. Pendant la campagne, les frais de port seront offerts.

Conouco, Vêtements en lin bio

contact@conouco.fr
07 81 28 90 72

mc.biet [@] unidivers .fr Architecte de formation, Marie-Christine Biet a fait le tour du monde avant de revenir à Rennes où elle a travaillé à la radio, presse écrite et télé. Elle se consacre actuellement à l'écriture (presse et édition), à l'enseignement (culture générale à l'ESRA, journalisme à Rennes 2) et au conseil artistique. Elle a été présidente du Club de la Presse de Rennes.

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