En ces temps électoraux où la politique occupe le devant de la scène, les coulisses du domaine excitent la curiosité. Pourtant, en l’occurrence, le présent ouvrage mérite un sérieux tri dans ses informations. De quoi bien distinguer sources démontrées et supputations aux accents conspirationnistes…

 

L’oligarchie des incapables se fait l’écho de sujets commentés depuis longtemps, notamment au bar du commerce. En substance, les hommes politiques sont des incapables, des cumulards attachés à leurs portefeuilles, des adeptes du copinage (dans tous les sens). Ils enrichissent leurs amis en créant des lois spécifiques, s’acoquinent avec les mafias. Plus l’on monte dans la hiérarchie du pouvoir, plus ces déviances s’aggravent. Pour Coignard et Guibert, on serait donc gouverné par des gens incapables, intéressés, lâches.

Bref, rien de nouveau depuis l’invention du clientélisme à Rome durant l’Antiquité. Rien de nouveau sous le soleil des ors de la République ? Pas exactement. Convenons-en avec Coignard et Guibert, l’amoralité, l’égocentrisme, la professionnalisation et l’instrumentalisation de la vie politique locale et nationale en France ont atteint des sommets durant le dernier quart de siècle.

Sophie Coignard s’inscrit donc dans la lignée de ses ouvrages précédents avec une série de révélations entre compromissions, affaires cachées et truanderies diverses et variées. Mais voilà, il faut sérier, trier et filtrer un pêle-mêle d’informations aux valeurs en réalité dissemblables. Attention à cette facilité de traiter toutes choses politiques à la même échelle, cette posture intellectuelle conduit souvent à un populisme criard.

Un ouvrage pas inintéressant, mais un peu trop gros, au sens propre comme figuré.

David Norgeot

 

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