cinéma, film unidivers, critique, information, magazine, journal, spiritualitéWoody Allen revient à un cinéma portraitiste. Blue Jasmine déploie plusieurs protagonistes par leur côté le plus antipathique, le plus noir. Ainsi sont minorés les décors, les paysages, mais aussi les mécaniques…

Alors qu’elle voit sa vie voler en éclat et son mariage avec Hal, un homme d’affaires fortuné, battre sérieusement de l’aile, Jasmine, New-yorkaise aussi snobe qu’élégante, quitte son New York raffiné et mondain pour San Francisco et s’installe dans le modeste appartement de sa sœur Ginger afin de remettre de l’ordre dans sa vie. Lorsque Jasmine arrive en Californie, elle est profondément perturbée, sous l’effet des antidépresseurs. Elle n’a guère d’estime pour le petit copain de Ginger, Chili qu’elle considère comme un « raté », au même titre que l’ex-mari de sa sœur Augie. Ginger, qui se rend compte que sa sœur est instable, lui suggère de se lancer dans la décoration d’intérieur. Entretemps, Jasmine accepte à contrecœur de travailler comme réceptionniste dans un cabinet dentaire, où son patron, le docteur Flicker, tente de la séduire… Comprenant, grâce à sa sœur, que ses choix sentimentaux sont désastreux, Ginger se met à fréquenter Al, ingénieur du son. De son côté, Jasmine entrevoit le bout du tunnel en rencontrant Dwight, diplomate attiré par sa beauté, son élégance et sa distinction. Mais Jasmine a une faiblesse : elle ne vit que dans le regard des autres, tout en refusant de voir la réalité en face…

Les héros de cette aventure sont évidemment des représentants de la high class de Frisco et New York. Et ces bourgeois sont plutôt des gens beaux. Jusqu’à la caricature conventionnelle. Laquelle affecte tout le film. De fait, l’exposition générale est plate et ni ironie ni dérision ne viennent rehausser l’ensemble. Le piment est ailleurs : l’actrice Cate Blanchett en quarantenaire fauchée se révèle au firmament de son jeu. Ses larmes sont sublimes. Mais suffisent-elles pas à sauver Blue Jasmine ?

blue jasmineLa noble fragilité de cette aventure est servie par une bonne écriture de scénario. Indéniables sont l’élégance de ses acteurs, les pointes d’humour caustiques qui apparaissent de loin en loin, l’équilibre dans le jeu des sentiments. La critique de Wall Street n’est pas sans intérêt. Et le voyage à remonter le temps est une jolie promenade et la séquence finale marquante. Mais Blue Jasmine étrangement s’évertue et échoue à vouloir faire rire avec une matière qui n’y est pas propice.

Un film dont la technique brillante dessert les émotions. Reste que Blue Jasmine rattrape les dernières années décadentes de Woody Allen.

    Drame
Date de sortie :
25 septembre 2013
> Toutes les sorties de la semaine
Réalisé par :
Woody Allen
Avec :
Alec Baldwin
Cate Blanchett
Bobby Cannavale
…> Tout le casting
Durée :
1h38min
Pays de production :
Etats-Unis
Année de production :  2013
Titre original : Blue Jasmine
Distributeur :
Mars Distribution

 

4 Commentaires

  1. Comment donc, David n’a pas vu le copycat d’un Tramway nommé désir ?
    http://icezine.wordpress.com/2013/10/16/blue-jasmine/#more-12908
    Plus loin que la critique de Wall Street avec le pseudo Madoff, c’est une opposition entre deux amériques et plus généralement entre deux sociétés, un peu comme ce que l’on commence à voir chez nous. N’étant pourtant pas un fan de Mr Allen, je trouve de la sensibiité et de la finesse dans cette peinture sociale. Ce n’est pas son meilleur mais depuis 10 ans, c’est l’un de ses plus réussis.
    Et on trouve toujours son compte dans un Woody Allen, même brièvement.

  2. Et être d’accord avec l’ami ice c’est un petit exploit. Sinon en étant hors sujet,il a sûrement vu le manifeste signe par 25 de nos meilleurs intellectuels français en faveur de la refonte du droit des animaux…

    • Oh ça, je l’ai vu, moi…Ceci dit, je n’en ferait pas un article non plus.
      Pour revenir au sujet, c’est un peu comme ceux qui voient les autres (dans le sens spéciste) comme des êtres sensibles et d’autres comme des machines à faire du fric. Il y a un peu de ça aussi dans ce film, indirectement.

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