Le président du Parlement catalan, Carles Puigdemont, ne déclare pas l’indépendance de la Catalogne mais demande au Parlement européen de « se prononcer » sur la suspension d’autonomie décrétée par Madrid. « Personne en Europe n’a l’intention de reconnaître la Catalogne en tant qu’État indépendant », déclare Antonio Tajani, Président du Parlement européen. « Le gouvernement espagnol se place hors de l’État de droit », répond Puigdemont.

Le ton était donné samedi alors qu’environ 450 000 personnes ont défilé pour réclamer la libération de deux leaders indépendantistes et que le gouvernement de Mariano Rajoy a repris le contrôle de la région autonome de Catalogne après un conseil des ministres extraordinaire qui a activé l’article 155 de la Constitution (lequel, s’il est approuvé par le Sénat, suspendra de ses fonctions le gouvernement régional de Catalogne).

« Nous demandons au Parlement qu’il décide de convoquer une session plénière pourront débattre et se prononcer sur cette tentative de liquidité notre gouvernement et notre démocratie », a lancé Carles Puigdemont. Mais les dirigeants indépendantistes de Catalogne restent réservés sur leurs intentions avant une semaine décisive où doivent être adoptées par le gouvernement espagnol des mesures radicales afin de restaurer le contrôle de la région qui a l’intention de faire sécession.

« Nous devrons prendre les décisions avec un maximum d’unité », a martelé dimanche matin Jordi Turull, le porte-parole du gouvernement séparatiste catalan après avoir dénoncé « un coup d’État contre les institutions de Catalogne ».

Objectif : en arriver à des élections « avec de vraies urnes, un recensement fiable », a déclaré une des dirigeantes du parti conservateur, Andrea Levy, dimanche matin.

Mais les doutes sont grands sur l’efficacité et les conséquences de ces mesures. El Pais, premier quotidien espagnol en nombre de lecteurs, qui soutient le gouvernement sur ce point reconnaissaient qu’elles pourraient « entraîner des complications en termes d’ordre public », alors que 40 à 50% des Catalans se disent indépendantistes selon les sondages.

Le gouvernement « aura des difficultés à gouverner » la Catalogne, déclare aussi à l’AFP le politologue José Fernandez-Albertos, qui note que ces mesures unissent indépendantistes et non indépendantistes autour de la défense des libertés publiques.

Des juristes émettent également des doutes, comme Xavier Arbos, professeur de droit constitutionnel à Barcelone, sur l’empiètement du pouvoir exécutif sur le législatif. Selon lui, l’article 155 permet au gouvernement de « donner des instructions » mais pas de « destituer ».

A Barcelone, Ruben Wagensberg, porte-parole du collectif pacifiste Debout pour la paix, créé pour épauler des actions de résistance pacifique, a prévenu qu’une réaction était à attendre.

« Si la garde civile entre dans les institutions catalanes (..) Il y aura une résistance très dure, pacifique », comme lorsque des milliers d’électeurs se sont massés devant les bureaux de vote le 1er octobre pour les protéger, entraînant de violentes actions de la police pour les déloger.

D’où les craintes de La Vanguardia, principal quotidien catalan, qui a imploré Carles Puigdemont de prendre les devants en organisant des élections qui éviteraient l’application de l’article 155, une suggestion partagée par le Parti socialiste catalan. Mais pour l’instant, cette option n’est pas envisagée, a déclaré son porte-parole.

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