À proximité du centre historique de Rennes, près de la place de Bretagne, le quartier du Mail est en restructuration. C’est là que vient de naître Cap Mail. Face au pont de Bretagne, ce nouvel ensemble immobilier haut de gamme a été conçu en 2010, a débuté sa construction en 2012 et vient de recevoir début 2015 ses premiers habitants. Cela faisait près de 20 ans que ce projet était dévolu au groupe Giboire, l’un des trois gros promoteurs immobiliers de la Ville de Rennes. La réalisation a été confiée à Jean Nouvel.

 

Conçu en forme de proue de bateau, l’immeuble Cap Mail compte 45 logements de 2 à 8 pièces dont les surfaces s’échelonnent de 50 m2 à 320 m2 sur 11 étages. Chaque lot compte une terrasse ou un balcon de plain-pied, certains disposent d’un jardin d’hiver et beaucoup bénéficient d’une double exposition. L’ajout d’une piscine personnelle dans chaque appartement a été abandonné eu égard à l’explosion des frais.

De fait, construction sans murs porteurs en verre, métal, végétal et système de chauffage atypique se sont combinés pour porter le prix d’un logement jusqu’à plus de 10 000 euros le mètre carré. En outre, le groupe Giboire a dû régler une coquette somme aux riverains immédiats de l’immeuble qui demandaient la destruction du projet signé Jean Nouvel étant donné qu’il ne respectait pas une règle d’urbanisme de base relative à la distance des balcons.

Toutefois, malgré une large banderole installée en haut de l’immeuble en construction par le groupe Giboire indiquant aux passants qu’il « restait quelques opportunités pour vivre l’exceptionnel », le Cap mail n’a pas été vendu sur plans – loin de là. Si cette banderole est restée accrochée plusieurs mois, les acheteurs ne se sont pas pressés pour autant.

Aujourd’hui, alors que l’immeuble résidentiel est en passe d’être achevé, près d’un quart des logements n’aurait pas encore trouvé preneur ; et ce, malgré une baisse du tarif du mètre carré qui se situe en moyenne aujourd’hui à 7000 euros (soit des appartements entre 350 000 euros et 1,5 million). En question : plusieurs détails qui coincent. Ainsi, les appartements du bas de l’immeuble bénéficient d’une exposition et d’une vision bien moins exceptionnelles que ceux perchés. En outre, plusieurs contraintes interdisent aux heureux propriétaires de disposer de leur bien comme ils l’entendent. Par exemple, il est interdit de mettre des rideaux chatoyants à leurs fenêtres ou d’aménager leur terrasse à sa convenance. Le gris domine.

Dans cet esprit, les abords de la résidence en direction de la Vilaine vont être paysagés par une pelouse ponctuée de ces éternels pavés en granit chinois qui symbolisent la signature architecturale de la Ville de Rennes. En passant côté fleuve devant le magasin Forma Design de Jeanne Buanic installé au rez-de-chaussée, plusieurs promeneurs amoureux de leur ville se plairont à imaginer un sympathique café-restaurant qui viendrait aux beaux jours animer cette pelouse en légère déclinaison en l’offrant aux Rennais.

Texte : Nicolas Roberti
Dessin : Michel Heffe

 

cap-mail-rennes

2 Commentaires

  1. Tous les moyens ont pourtant été essayés pour vendre ces appartements : même abattre deux magnifiques marronniers.
    Lorsque passant le soir place de la Missions et que l’on regarde ce bâtiment sombre et noir on s’interroge sur la façon dont on vit là. Et si l’on ne s’y trouve pas bien et que l’on s’en va, que va devenir ce vaisseau fantôme ?
    Il n’est pas encore habité que déjà se pose la question de son utilisation future.

Laisser une réponse

SVP rédigez votre commentaire
Merci d'inscrire votre nom