Dans Un hiver au printemps Aurélie Drivet, professeur de français à Brest, raconte sa lente reconstruction après la perte de son enfant durant l’accouchement. Son témoignage met en lumière la tragédie de la mort des bébés qui concerne des milliers de familles par an en France et dans le monde. L’auteur présentera et dédicacera son livre le samedi 11 novembre 2017 à 15h30 au Café Littéraire de Rennes du Forum du Livre.

Pendant neuf mois, on se prépare au plus bel événement qui soit : la venue d’un enfant. On cherche des prénoms, on décore la chambre, on reçoit des cadeaux… on ne se doute pas une seconde que tout peut basculer. Au terme d’une grossesse magazine, « idyllique », Aurélie Drivet a perdu brutalement sa fille cadette à la naissance.

« Au matin d’une longue nuit, tenant dans mes bras mon enfant, j’ai bercé la mort », ainsi commence Un hiver au printemps, et si l’hôpital était bienveillant avec les mamans. Dans son livre, Aurélie Drivet raconte sa quête de vérité et son parcours pour retrouver goût à la vie après ce drame à travers différentes questions : que s’est-il passé ? Y a-t-il eu des manquements dans le suivi à la maternité ? Comment survivre à l’absence et la perte ?

Le titre est évocateur, car sa fille devait naître au printemps : « la mort d’un enfant bouleverse tous les repères, toutes les saisons et pour moi il n’y a pas eu de printemps, mais plutôt un hiver, » explique-t-elle. « C’est le temps du deuil, du silence et de l’absence. » Elle raconte son désarroi, sa colère et sa reconstruction. Il s’agit pour Aurélie Drivet d’une quête de renaissance, « le combat d’une femme, d’une mère pour se relever et réapprendre à vivre jour après jour après le choc. » Ce livre, elle l’a écrit pour tenter de comprendre, de trouver un sens à « ce qui n’en a pas. »

Ce témoignage est aussi un cri d’alerte sur la mort des bébés à l’accouchement, un drame et un sujet tabou qui touche un millier de familles en France : « ce livre est un lanceur d’alerte sur la mort des bébés à l’accouchement. » En 2015, on estimait 2,6 millions d’enfants mort-nés sur 196 pays, soit 7200 décès par jour, dont la moitié se déroule pendant l’accouchement (source : The Lancet). Beaucoup de ces décès peuvent être évités. « Comment, au 21e siècle, accepter qu’un bébé en bonne santé perde brutalement la vie pendant l’accouchement pour des raisons pourtant complètement évitables ? » c’est la question que s’est posée Aurélie Drivet.

Ce livre plaidoyer interpelle les institutions et les pouvoirs publics afin d’améliorer la prise en charge des femmes concernées par les grossesses à bas risque, mais également celles concernées par les grossesses à terme.

Aurélie Drivet y dénonce aussi un système hospitalier de plus en plus déshumanisé qui offre moins de temps d’écoute et de dialogue en raison d’un manque d’effectif des équipes médicales. Son sous-titre « et si l’hôpital était bienveillant avec les mamans » ouvre à un questionnement sur cette déshumanisation du système, et permet, par la même occasion, de trouver des réponses.

En 2013, la France détenait le triste record du plus haut taux de mortinatalité (naissances d’enfants sans vie) d’Europe avec 9,2 pour 1000 naissances. A contrario, le Portugal et la Slovaquie sont à 3,2 chacun.

Aurélie Drivet en est convaincue, son livre peut sauver des vies : « offrez-le à des familles qui ont été touchées par la mort d’un enfant, mais offrez-le aussi à toutes ces futures mamans, à tous ces couples qui attendent un bébé. Je compte sur vous. »

Un hiver au printemps, Et si l’hôpital était bienveillant avec les mamansAurélie Drivet, Presses de l’EHESP, août 2017, 124 pages, ISBN : 978-2-8109-0604-8

AURÉLIE DRIVET

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