Après avoir sorti l’un des meilleurs albums de hard-rock de l’année 2010, Audrey Horne, le groupe norvégien éponyme était attendu au tournant pour ce Youngblood. Loin de faire débat, cet album peut être l’occasion d’analyses convergentes entre passionnés de musique, tant il fait la synthèse de bien des styles. Chronique par deux passionnés.

Didier A.: Je ne sais pas pour toi, Jacques, mais j’avais beaucoup aimé le précédent album, Audrey Horne parce qu’il dégageait une ambiance, une puissance qui manquait beaucoup dans les productions de 2010. J’avais pourtant eu du mal à rentrer dedans, et cela m’a fait presque le même effet pour Youngblood. Pourtant à bien y réfléchir, j’ai retrouvé un morceau d’introduction très fort avec toujours cette structure complexe, mais accessible et cette section rythmique de folie. Le seul défaut que j’y trouve est dans la place du second morceau qui casse un peu l’ambiance, même si dans son style, il est excellent.

Jacques 2 Rocks : Eh bien non,  mon cher Didier, je ne m’étais pas vraiment penché sur ce groupe qui par ailleurs recueillait d’excellents suffrages auprès de certaines de mes connaissances. C’est d’autant plus intéressant de se retrouver dans ce cas de figure, car je suis maintenant très impatient de découvrir ce groupe après cet album qui est à mes yeux une vraie révélation.
Effectivement, le premier titre « Redemption blues » est ultra efficace, difficile de faire mieux, une intro avec des riffs superbes, un refrain et des breaks à tomber, c’est d’une grande musicalité et un plaisir pour les oreilles de fans de hard rock.

Pour ma part, le second morceau, « Straight into your grave » bien que différent est tout autant maîtrisé. Ce 2e titre est un excellent morceau de hard mélodique qui s’enchaîne parfaitement avec le morceau précédent, je trouve que le titre tire quelques références à la New wave of british heavy metal : Je citerai « Panic in the streets » de Praying Mantis. (ne m’en voulez pas c’est une manie, mais j’ai grandi avec tous ces groupes).

« Youngblood » sonne un peu plus bluesy, le morceau décolle littéralement avec le refrain, tout est fluide, on sent ce petit côté 70’s, le mélange est parfait !

D : Oui c’est vrai, je n’avais pas perçu ce côté 70’s au début, mais après plusieurs écoutes, je le rapprocherai de cette vague actuelle de revival 70’s avec des groupes aussi divers et recommandables que The Answer, The Devil’s Blood (qui vient de se séparer, malheureusement)… Incontestablement; l’un des meilleurs de l’album. Par contre, sur les refrains de « There Goes A Lady », j’aurai bien vu Kiss la chanter. (La Pochette de l’album ne te rappelle rien d’ailleurs?)

audreyyoungblood

J2R : Oui, on continue dans un son 70’s, un morceau plus heavy, la magie opère de bout en bout, encore une fois le morceau prend toute son ampleur avec le break puis le refrain.

«  Show and tell » est Enorme ! Les solos sont exécutés avec minutie, chaque note vous saisit. Bizarrement le groupe me fait penser à A.C.T., ce genre de groupe incroyablement bon techniquement, mais qui vous balance leurs titres avec une sacrée dose de feeling et d’émotion.

D: Autant le riff de base n’est pas original, autant le morceau décolle vraiment dès qu’il y a des lignes de guitare solo. Les breaks et les envolés techniques, le travail sur les chœurs, tout est parfait pour que le morceau ne donne pas l’impression de durer plus que les sacro-saintes 3minutes 30. Le son est évidemment encore un peu 70s avec ce solo au synthé/orgue pour terminer.

J2R: Riff connu aussi pour « Cards with the devil », mais dès que le chant débute, tout s’efface, l’empreinte du groupe est marquée, un mélange hard progressif influence 70’s, trop bon !

D: Pourtant, si le son reste 70’s, le groupe n’a rien de passéiste et utilise très intelligemment cette base pour la rendre moderne. Cela permet justement de le rendre accessible aux fans de 70’s de rock progressif comme aux fans de heavy ou de hard mélodique. C’est presque une synthèse parfaite de ces styles. Là encore, il y a un joli break entre guitares et orgues synthétisés.

J2R : « Pretty little sunshine » Batterie et guitares en avant, le morceau est encore monstrueux, le groupe nous balance dans un registre rock’n’roll avec un break d’enfer qui clôt le morceau !

Avec « The open sea » et « The king of dead » on change de dimension pour des titres plus épiques, toujours ce mélange 70’s. Les riffs de guitare encore très inspirés vous plongent encore une fois dans leur univers avec un chant qui lui se veut plus planant, qui peut nous faire penser à Gin Lady.

D: Autant je suis un peu moins fan de « Pretty Little Sunshine », autant j’adore « The Open Sea » qui est plus dans la lignée du précédent album, justement. Oui c’est vrai que c’est plus épique, planant parfois et Toschie montre aussi sa technique vocale. Une ligne de basse à tomber pour un groove venu de Valhalla tant le morceau paraît lumineux. Et on ne peut le dissocier de « The King Of Dead », tout aussi bon avec ses moments calmes presque acoustiques. Et que dire de ce long solo ?

J2R : Avec « This ends here » On peut nommer Maiden pour les guitares ? Allez si ça vous fait plaisir, même si le titre ne vous en laisse pas vraiment le temps, un morceau très entrainant entre hard rock classique et metal avec toujours cette ampleur dans les refrains avec un petit clin d’œil à Rush pour le final.

D : N’étant pas du tout fan de la vierge de fer, je n’aurai pas pensé à dire cela. Mais par contre, quel morceau. Avec les versions des bonus track, on ne se lasse pas de le réentendre. Du classique, peut être, avec cette impression d’avoir déjà entendu, mais sans le phénomène de lassitude que l’on peut avoir dans les groupes qui rendent hommage au passé. Audrey Horne y insère suffisamment de modernité et de surprise pour rendre cela intéressant. Un morceau plus speed que le reste de l’album, mais qui procure une jouissance incroyable avec un refrain d’une évidence et d’une efficacité extrême.

J2R : « I wanna know » qui termine l’album (en bonus track parfois) est un morceau d’une grande intensité, ça explose ! on pourrait même penser à The Wildhearts pour l’énergie Punk Rock !

D: Même réflexion sur l’aspect punk rock du morceau. Ça saute aux oreilles. Là encore, un refrain qu’on croirait venir des meilleurs groupes punk et qui ajoute encore un style à cet album extraordinaire.

J2R: Pour conclure, je dirai que c’est un album qui est donc tout simplement une réussite totale et qui est à hisser parmi les meilleurs albums de hard rock de ces dernières années !

D: J’ai toujours du mal à être aussi dithyrambique et enthousiaste, mais pour le coup, ça risque bien d’être mon album de l’année.

Édité chez Napalm Records et disponible chez tous les bons revendeurs numériques ou pas.

Toschie – Voix
Ice Dale – Guitare
Thomas Tofthagen – Guitare
Kjetil Greve – Batterie
Espen Lien – Basse

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