Quelqu’un frappe à la porte d’entrée de la suite. Le visage de Robert Fontenay blêmit. Un second coup résonne. Une voix féminine l’accompagne : « C’est pour le ménage… Il y a quelqu’un ? ». Fontenay porte la main à son oreille comme si elle contenait une oreillette avant de se lever d’un bond. Il accroche d’un geste puissant la bras de Farid en chuchotant : «  Pas un bruit, c’est eux ! Évacuation immédiate. Suivez-moi, mes hommes nous attendent à côté pour assurer notre fuite… ». Il arrache quasiment Farid de son siège et l’entraîne jusqu’à la balustrade.

Quelques dizaines de mètres plus bas, la piscine chauffée à ciel ouvert n’est pratiquée par aucun nageur. Allongé sur un transat, un homme vêtu d’un pardessus gris relève la tête. Il porte des lunettes sombres. Robert Fontenay enjoint Farid d’enjamber à sa suite la balustrade afin de passer sur le balcon attenant.

Farid entend au même moment la porte d’entrée du salon s’ouvrir. Et il entend résonner dans son esprit un cri d’alarme : « Arrête tout de suite ce délire, cet homme est fou ! »

Les muscles de Farid se bloquent. Le temps pour Robert Fontenay qui est passé sur l’autre balcon de se retourner. Comme s’il avait deviné son irrésolution, le vampire fou lui jette un regard froid où se lit un mélange de déception et de mépris. « Venez, que diable, je vous en supplie !  »

Farid fait demi-tour et revient dans le salon. Une femme de ménage y pénètre au même instant. La cinquantaine grisonnante, un uniforme propre et repassé, elle n’a l’air ni d’une assassin ni d’une kidnappeuse. « Bonjour, Monsieur. Je peux faire la suite de Monsieur ? » « Oui, oui… je m’en vais, je ne suis que de passage » – trouve à répondre Farid.

Mais il ne peut s’empêcher d’aller jeter un dernier regard sur le balcon tandis que la femme de ménage fait entrer un lourd chariot de linge. Plus de Fontenay. Ni d’homme aux lunettes sombres.

Il sent une douleur derrière son cou. Sa vue se trouble. Ses membres s’engourdissent. Un râle inaudible sort de sa bouche tandis que la morsure d’une piqûre se répand entre la nuque et l’épaule droite. Il se voit tournoyer entre les visages d’une femme de chambre et d’un homme en pardessus. Lesquels saisissent ses membres et font pivoter son corps afin de le caler dans le chariot. « Allô Maître, l’oiseau s’est envolé, mais on a attrapé un autre animal… » – ce sont les derniers mots dont il se souvient.

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Retrouvez chaque vendredi un épisode des 11044. Cette histoire rédigée par Nicolas Roberti s’inspire d’Une aventure impromptue, un feuilleton écrit par Didier Ackermann directement selon les consignes proposées par le site Les Impromptus Littéraires. Chaque vendredi, jusqu’à septembre, découvrez un nouveau chapitre d’une aventure qui engage… l’avenir de l’humanité… Opera in progress…

Animula blandula vagula : Âme de diaphane intimité, hôtesse et compagne de mon corps, tu verses vers des lieux délavés, escarpés et dénudés, où ne résonnent tes jeux d'esprit…

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