Les Lignes de Wellington > Un casting d’exception pour une fresque stendhalienne

Ecrit parDavid Norgeot. Publié dans Cinéma, videos

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cinéma, film unidivers, critique, information, magazine, journal, spiritualité, moviesDans la continuité de son compagnon Raoul Ruiz décédé l’année dernière, la réalisatrice chilienne Valeria Sarmento présente Les Lignes de Wellington, une fresque de guerre en costumes qui secoue les cœurs. L’action se déroule en terre portugaise où s’affrontent les troupes napoléoniennes dirigées par le commandant en chef Massena aux troupes anglaises commandées par le général Wellington.

Dès le premier plan, le ton est donné. Si le contexte est la guerre qui se déroule, l’action montrée se concentre davantage sur les coulisses que le devant de la scène. Plus que les combats, ce qui est en jeu ici est une fresque de destins en marche, portraits de grandes et petites gens. Un point de vue intéressant servi par un scénario intelligent, une mise en scène minimaliste, une caméra mobile et un réalisme classique assez stendhalien. A leur service, un casting de names : John Malkovitch, Marisa Prades, Melvil Poupaud, Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Michel Piccoli, Mathieu Almaric, Nuno Lopes. L’atmosphère qui se dégage de la conjugaison réussie d’un ensemble de mini-événements confère, malgré quelques incohérences et péripéties superflues, une hauteur romanesque rare aux Lignes de Welligntion.

En septembre 1810, les troupes napoléoniennes, emmenées par le Maréchal Masséna, envahissent le Portugal. Lors de la bataille de Buçaco, Masséna est défait. Pour autant, Portugais et Britanniques, sous le commandement du Général Wellington, battent en retraite. Wellington espère ainsi attirer l’ennemi à Torres Vedras, où il a fait bâtir des lignes de fortifications infranchissables. Cette stratégie, couplée à une opération de terre brûlée, plonge les populations civiles dans l’exode. Accompagnant les soldats dans leur marche, tout un peuple subit au quotidien les déchirements de la guerre et progresse à travers les villages en ruines, les forêts incendiées et les cultures dévastées. Certains réaffirment leur volonté de résister à l’envahisseur, d’autres profitent du désarroi général pour laisser libre cours à leurs bas instincts. Le tourbillon de l’Histoire précipite alors les destinées individuelles et romanesques de nombreux personnages tels le lieutenant Pedro de Alencar, la jeune anglaise Clarissa Warren, le revendeur ambulant Pena Branca, le sergent Francisco Xavier ou la prostituée Martirío. Tous convergent vers les lignes de Torres Vedras où la bataille finale décidera du sort de chacun.

 

 21 novembre 2012 (2h 31min)
Réalisé par
Valeria Sarmiento
Avec
John Malkovich, Marisa Paredes, Melvil Poupaud