Unidivers
20 septembre 2017 07:58-20 septembre 2017 07:58

Philippe Le Guillou : L’intimité de la rivière

Philippe Le Guillou : L’intimité de la rivière

Philippe Le Guillou est un homme de fidélités : à ses origines finistériennes et à ses grands-parents, figures tutélaires qu’il a déjà évoquées, notamment dans son récit d’enfance, les Marées du Faou. Mais cette fidélité s’attache peut-être par-dessus tout aux lieux.

Ce sont les environs du Faou où il a grandi et où il revient souvent. « Les lilas blancs et bleus du jardin paradisiaque de Kerrod », la maison des grands-parents paternels, « les buis, les palmiers, les eaux vives sous le pont de bois et au début des paluds, les boiseries dorées de Rumengol, la perspective des sources au-delà de l’épaisseur forestière ». Ces endroits – bois, rivières, paysages maritimes –  sont pour lui l’occasion de se ressourcer, au sens propre du terme, et de poursuivre le dialogue avec ses morts, « ceux que nous avons connus et aimés, et auxquels nous ne cessons maladroitement de payer notre dette » ; les lieux aident à raviver le souvenir, comme cette carcasse de bateau vers laquelle se rend régulièrement l’écrivain, et qui est pour lui « une vieille amie qui aurait perdu l’usage de la parole, mais dont la mémoire serait intacte et conservée sous une taie de silence. » Ils permettent enfin d’accéder au sacré, où se mêlent de façon fascinante christianisme et mythes bretons, présences druidiques et apparitions de fées, ce que Le Guillou appelle le « mystère breton ».

Récit autobiographique, songerie proustienne sur les « noms de pays » : L’intimité de la rivière déploie le beau style classique de son auteur, et avec ce phrasé, c’est, à nouveau, la Bretagne connue, aimée, rêvée et vécue de Philippe Le Guillou qui surgit, éternelle et toujours recommencée.

Delphine Descaves  

Editions : Gallimard. Parution : Mars 2011. 90 pages. 10 €.

mercredi 20 septembre 2017 Philippe Le Guillou : L’intimité de la rivière