À l’occasion de la tournée française de son dernier spectacle, Yvonne Rainer sera à Rennes le jeudi 22 octobre pour une conférence suivie d’une rencontre avec Boris Charmatz. Le Musée de la danse dédie à l’artiste new-yorkaise, grande figure des avant-gardes américaines, une exposition de films de danse, du 13 au 24 octobre.

Trois dates à retenir : la conférence d’Yvonne Rainer le 22 octobre 2015 à 19 h au Musée de la danse, une exposition consacrée à son travail chorégraphique du 13 au 24 octobre ainsi que la projection du film Journeys from Berlin /1971 le 15 octobre dans l’amphithéâtre B3 de l’Université Rennes 2.

Yvonne Rainer rennes musée de la danse

Figure incontournable de la danse contemporaine, Yvonne Rainer reste à ce jour une source intarissable d’inspiration pour nombre de chorégraphes, toutes générations confondues.

Née en 1934 aux États-Unis, Yvonne Rainer fut l’élève de Yvonne rainerinvestit l’église du Judson comme laboratoire de nouvelles formes et modalités de création et fonde ce que l’on a appelé la danse postmoderne – elle est également l’un des membres fondateurs du Grand Union avec Steve Paxton et Trisha Brown notamment.

Artiste aussi prolifique que rebelle, elle quitte le milieu de la danse pour se consacrer au cinéma expérimental au début des années 1970 et réalise six longs métrages. C’est sur une invitation de Mikhaïl Barychnikov qu’elle revient à la danse vingt-cinq ans après alors qu’elle a… soixante-cinq ans. Considérée comme une danseuse d’un certain âge, elle axe désormais son travail sous l’angle du citationnel.

yvonne rainer

Rien de narcissico-mélancolique dans la démarche de cette artiste profondément joyeuse. Après avoir remis en question tout le vocabulaire de la danse et puisqu’il s’agissait d’un retour à la danse, Yvonne Rainer a développé en toute logique un travail de reprise de ses propres œuvres et plus largement une pratique élargie de la citation (de danses, de textes littéraires, d’images photographiques). L’humour étant l’expression spontanée de la rébellion, Yvonne Rainer, loin d’enfermer son travail dans des concepts austères, les dynamise en leur insufflant l’espièglerie de la vie.

Suite à sa rencontre avec Boris Charmatz au MoMa de New York fin 2013, le projet d’accueillir Yvonne Rainer au Musée de la danse de Rennes fait jour.Hand Movie Yvonne Rainer C’est à l’occasion de la tournée française de son dernier spectacle The Concept of Dust, or How do you look when there’s nothing left to move ? (2015), que le Musée de la danse invite l’artiste pour une conférence et lui dédie une exposition. Objectif : offrir au public de saisir pleinement les enjeux du travail précieux d’écriture de sa danse. L’occasion est exceptionnelle car si Yvonne Rainer est incontournable pour les spécialistes, le travail d’explicitation de sa danse auprès d’un public plus large reste à faire et l’opportunité d’échanger avec la chorégraphe est particulièrement appréciable.

Le 22 octobre, à partir de 19 h, Yvonne Rainer présentera au cours de cette conférence intitulée Doing Nothing/Nothin’Doin’ : Revisiting a Minimalist Approach to Performance, des extraits filmés de sa dernière pièce. En regard de son parcours de danseuse âgée de 81 ans, elle partagera avec le public rennais une réflexion sur son approche du minimalisme dans la performance postmoderne. La conférence sera suivie d’une rencontre avec Boris Charmatz.

DREn parallèle de la conférence, le Musée de la danse invite les Bretons à une exposition conçue avec le conseil scientifique de Johanna Renard, chercheuse à l’Université Rennes 2. Elle propose un retour sur la carrière de danseuse et chorégraphe d’Yvonne Rainer, de ses premiers solos au début des années 1960 jusqu’à des pièces plus récentes au début des années 2000.

Des films de danse – et non les films de cinéaste – d’Yvonne Rainer ont été choisis dans l’objectif de faire découvrir au public son travail chorégraphique. Les documents sélectionnés sont rares, très peu visibles d’ordinaire.

Aussi le film Trio A (the mind is a muscle) (1966), produit par Sally Banes, a délibérément été écarté : il est aisément consultable sur internet et de nombreux travaux lui ont été consacrés. Lui ont été préférées des captations de reprises de ses deux premiers solos, pièces historiques, Three Satie Spoons (1961) et Three Seascapes (1962) et d’autres versions et variations de Trio A. Journeys from Berlin - Yvonne Rainer - DRMais aussi des films du Grand Union, très peu diffusés jusqu’ici, dans lesquels on peut voir les artistes Steve Paxton, Trisha Brown, Yvonne Rainer, Barbara Dilley en plein travail, expérimentant, dansant, improvisant, performant. Ces témoignages permettent d’affiner la perception du travail d’Yvonne Rainer dans ce temps particulier de l’art de la danse et de saisir la spécificité de sa démarche.

À ne pas manquer également, le 15 octobre au campus de Villejean de l’Université Rennes 2 (amphithéâtre B3) : la projection du film de cinéma expérimental Journeys from Berlin/1971 (1980, 125 min) d’Yvonne Rainer. Comme dans son travail chorégraphique, les gestes du quotidien sont le support d’une réflexion politique, avec la nuance sociale que permet la narration – y compris  hors des normes classiques – dans le cinéma.

musée de la danse, rennes

No to spectacle.
No to virtuosity.
No to transformations and magic and make-believe.
No to the glamour and transcendency of the star image.
No to the heroic.
No to the anti-heroic.
No to trash imagery.
No to involvement of performer or spectator,
No to style.
No to camp.
No to seduction of spectator by the wiles of the performer.
No to eccentricity.
No to moving or being moved

Trois dates à retenir : la conférence d’Yvonne Rainer le 22 octobre 2015 à 19 h au Musée de la danse, une exposition consacrée à son travail chorégraphique du 13 au 24 octobre ainsi que la projection du film Journeys from Berlin /1971 le 15 octobre dans l’amphithéâtre B3 de l’Université Rennes 2.
+ d’infos : Le Musée de la danse

Yvonne Rainer au Musée de la danse et à Rennes 2 was last modified: mai 11th, 2016 by Emmanuelle Paris Perrière

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