Wilfrid Mabika-Vindou est spécialiste des questions de sécurité et des collectivités locales. Diplômé en management des organisations, il est consultant et expert sur les problématiques d’emploi. Multiculturaliste, il est le père du concept de « délinquancivilité ». Conduire une politique locale de sécurité : les clefs de l’efficacité est son premier essai publié.

 

Le maire est davantage appelé à accepter le système de surveillance et de protection de son territoire face à des menaces qui touchaient naguère la périphérie de la ville.

Dans ce premier livre paru en août, soit quelques mois après les Attentats de Charlie-Hebdo, Wilfrid Mabika Vindou se concentre sur les politiques de sécurité basées sur la prévention, et met en évidence la construction d’un management territorial, ainsi que sur l’optimisation ses solutions en matière de sécurité dans les agglomérations (très) urbaines.

Cette politique préventive est née au début des années 1980 comme « modèle prétendant articuler prévention, répression et solidarité et se sont développées, non sans un certain nombre de contradictions, sous forme de contrats entre l’Etat et les autorités locales jusqu’au début des années 2000.

mabika vindouCe premier essai vise à présenter des éléments de stratégie pédagogique afin d’orienter la réflexion vers la conciliation de l’efficacité moderne et la démocratie territoriale. Les municipalités urbaines souffrent, en effet, de carences multiples pour venir à bout de problèmes inhérents autant à la délinquance qu’à l’insécurité.

La sécurité dans les collectivités locales, parlons-en : la lutte contre la délinquance et l’insécurité, quelle qu’en soit la forme exige une action soutenue des autorités nationales et impacte profondément les politiques locales. Mabika Vindou propose des pistes de réflexion et d’action afin de coordonner entre tous, les efforts déployés en la matière, alors que par exemple, à propos des politiques préventives, l’Etat a toujours tendance à privilégier une politique répressive de la sécurité.

Cet essai bienfaisant et rigoureux analyse donc avec précision le désarroi de la vie urbaine et milite pour la préservation de l’environnement. D’un meilleur environnement.

Apparaît aussi le terme de “sécurité des biens” qui concerne l’ensemble des atteintes aux biens et du patrimoine. La sécurité morale, psychologique, et aussi le sentiment de peur qui peut nous hanter. Enfin, la sécurité environnementale qui vise à préserver les populations des dégradations des conditions de vie et de la transgression des règles de vie. À vrai dire, c’est même la raison d’être et la justification de l’existence des Etats. Elle a consisté à assurer la sécurité des citoyens à l’égard des agressions extérieures et internes. Sur ce plan, l’Etat régalien a été chargé d’assurer la sécurité de ses citoyens et de leurs biens.

L’auteur passe en revue les compétences et le dispositif déployé des maires, en matière de sécurité, de prévention, de protection citoyenne, de tranquillité et de salubrité publiques. Est mis en évidence le système de pilotage de la politique locale de sécurité et de prévention. Démontrée et argumentée, la politique locale de sécurité organisée autour de la notion de prévention. Ainsi que le processus de construction d’une gouvernance intégrée de la sécurité organisée autour d’outils de gestion. Le livre suggère maintes pistes de solutions à la problématique basée sur les “médiations sociales et l’évaluation des dispositifs de sécurité locale”.

C’est un livre engagé, qui propose de multiples pistes de réflexion au carrefour de toutes les connaissances qu’elles soient sociopolitiques, économiques, pédagogiques. Essai avant tout informatif, bien écrit, pourvu d’un sens profond. Son contenu est condensé, sa construction très maîtrisée. Les besoins qualifiés et quantifiés au sein des régions, des agglomérations et de leurs structures sont clairement démontrés. C’est une belle première réussite.

Wilfrid Mabika Vindou Conduire une politique locale de sécurité : les clefs de l’efficacité Le Petit Editeur, 178 pages, 18,95 €

Écrivain et chroniqueuse littéraire, Laurence Biava contribue à plusieurs revues culturelles. Elle a créé, en 2011, l’association Rive gauche à Paris afin de créer et de soutenir des événements culturels liés au milieu littéraire ainsi que deux Prix littéraires. Le premier, le Prix Rive gauche à Paris, rend hommage à l’esprit rive gauche parisienne depuis le 19e siècle, et récompense une œuvre littéraire en langue française, qui privilégie la fiction. Le second, le Prix littéraire du Savoir et de la Recherche, est tourné vers tous les savoirs et les sciences.

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