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Tino Gelli & Tristan Thomas de Walter Astral. Photo: Diane Sagnier

En 2022 on découvrait Walter Astral, né de l’association entre Tristan Thomas et Tino Gelli. Créé pendant les confinements de la crise COVID, le duo se distingue par une synthèse détonante entre électro-pop, musiques orientales et psychédéliques, émaillée de textes symboliques transposant les problématiques humaines au monde naturel. Deux ans après son premier EP Hyperdruide, il annonce la sortie d’un premier album dont la première moitié, intitulée Jour, est sortie le 2 février 2024 chez Abbess Records.

L’aventure de Walter Astral a débuté sous l’impulsion de deux artistes aux talents complémentaire. D’un côté Tristan Thomas, artiste et producteur connu sous le pseudonyme de Zaspéro et membre du duo Ovhal44. De l’autre, Tino Gelli, multi-instrumentiste et chanteur pour le trio Polycool. Il y a dix ans, les deux compères se rencontrent dans une boîte de nuit à Berlin et par la suite, ils se suivent mutuellement sur leurs projets respectifs, sans jamais se rencontrer sur le plan artistique. Le déclic survient en 2020, alors qu’ils sont amenés à cohabiter lors des confinements de la crise COVID, se retrouvant dans une maison campagnarde de Sancerre dans le Berry. Travaillant tout d’abord chacun de leur côté pour leurs deux formations, ils commencent progressivement à jammer ensemble, tant et si bien qu’une alchimie créatrice prend rapidement forme entre les deux artistes.

Cette symbiose marque ainsi le début une nouvelle épopée bientôt baptisée Walter Astral, nom d’un druide qui leur serait apparu en rêve à tous les deux, un beau matin de confinement. Pendant près de 7 mois, ce contexte si particulier de ralentissement du temps, d’introspection et de reconnexion à la nature leur inspire de premiers morceaux, qu’ils créent et accumulent dans leur nouveau sanctuaire. Des compositions qui, de fil en aiguille, forment un premier EP baptisé Hyperdruide, qui sort en octobre 2022 sur le label Abbess Records. La même année, Tristan et Tino prennent la route et donnent une première tournée de concerts. A cette même période, ils font un passage remarqué aux Inouïs du Printemps de Bourges et s’illustrent dans plusieurs évènements et salles dédiées à l’émergence, dont les Bars en Trans 2022 à Rennes et, l’année suivante, une Maroquinerie parisienne à guichets fermés.

Dans ce même laps de temps, Walter Astral reprend le chemin de la création et compose de nouvelles chansons, annonçant la sortie de leur premier album L’éclipse, construit autour de la dualité symbolique opposant le jour à la nuit. Ils en dévoilaient récemment le premier volet via un EP sobrement intitulé Jour et sorti le 2 février dernier.

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Tino Gelli & Tristan Thomas de Walter Astral. Photo: Diane Sagnier.

Dans la continuité d’Hyperdruide, ce nouvel EP dévoile un univers musical aussi étonnant qu’hypnotique, dans lequel un rayonnement quasi solaire se confronte à une tension expressive et émotionnelle sous-jacente. Une ambivalence qui repose sur une grisante fusion de textures électroniques et acoustiques, que le duo continue d’explorer avec une créativité réjouissante. En résulte une synthèse où s’enchevêtrent harmonieusement des programmations rythmiques et synthétiseurs enracinés dans l’électro-pop versant house, ainsi que d’occasionnels timbres aériens tirés des musiques psychédéliques. Ce qui frappe, surtout, c’est leur usage récurrent et terriblement séduisant de modes mélodiques quasi micro-tonaux, empruntées aux répertoires méditerranéens et orientaux. Cet aspect se révèle non seulement sur les mélodies vocales au chant de Tino, mais également via ses soli inspirés voire enflammés à la guitare et sur « Banji », fameux banjo « adopté » par le duo. Ce dernier délivre alors un son au timbre à la fois typé et magnétique, évoquant celui du rabab.

Parallèlement à l’instrumentation, les textes écrits par le duo se démarquent par leur portée symbolique et quasi mystique. Sous leur vernis apparent d’onirisme ou de fantaisie, ils abordent plus concrètement les problématiques de notre condition humaine, qu’ils symbolisent en évoquant les dualités à l’œuvre dans le monde naturel, en l’occurence l’opposition entre le jour et la nuit. Une portée métaphorique qui se révèle en outre dans le morceau « Serpent mental », deuxième single de l’EP que Walter Astral dévoilait le 27 octobre 2023 : son propos décrit la spirale infernale de l’angoisse, qu’il nous faut affronter et tenir à distance afin d’avancer et nous épanouir dans un monde toujours aussi anxiogène et mouvant. Dans ce cas précis, l’image choisie par le duo ne pouvait être mieux trouvée…

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Pochette de l’EP « Jour » de Walter Astral. Visuel: Tino Gelli.

Sorti le 2 février 2024 chez Abbess Records.

Disponible à l’écoute sur les plateformes : ICI

Pour commander l’album en vinyle: ICI

Walter Astral sera également en concert le vendredi 1er mars 2024 à La Nouvelle Vague de Saint-Malo dans le cadre du festival La Route Du Rock édition hiver.

Pierre Kergus
Journaliste musical à Unidivers, Pierre Kergus est titulaire d'un master en Arts spécialité musicologie/recherche. Il est aussi un musicien amateur ouvert à de nombreux styles.

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