L’Age d’homme, fondé à Lausanne en 1966, possède une antenne à Paris près de Saint-Sulpice. Après avoir publier des classiques slaves et des textes inconnus du public français – notamment Biely, Pouchkine, Blok, Mandelstam – c’est son fondateur et directeur, Vladimir Dimitrijevic, qui fit découvrir l’extraordinaire Vie et Destin de Vassili Grossman. Plus encore, il contribua à la reconnaissance de Chesterton, Laforgue, Amiel, Wolfe, Zinoviev, Dürrenmatt, Volkoff, Corti, Haldas, Gripari et bien d’autres.
Né en Serbie, il s’échappa de Yougoslavie en 1954 pour se retrouver sans-papier en Italie puis en Suisse (pays qui le naturalisa).  À la façon d’un Spinoza ou d’un Wittgenstein, il fut jardinier et horloger avant de devenir vendeur en librairie puis éditeur.
Et quel éditeur ! L’un des quelques rares qui refusent le système d’arrangements et de médiocrité dans lequel se vautre nombre de leurs homologues. Résultat : Dimitrijevic n’a jamais édité que… de la qualité ; tout au moins, des publications qu’il a toujours aimées et, donc, qu’il a toujours soutenues. Son courage politique fut à l’avenant : il refusa de se plier à l’opinion publique en soutenant mordicus la Serbie contre l’OTAN et exigea toujours des autres qu’on respectât sa position.
Au Panthéon des éditeurs, son nom brille d’une aura particulière. Souhaitons, comme sa foi orthodoxe le lui faisait espérer, qu’il trouve le repos « dans un lieu de lumière, un lieu de verdure, un lieu de fraîcheur, où il n’y a ni douleur, ni tristesse, ni gémissement, mais la guérison de l’âme et la vie éternelle. »

Vladimir Dimitrijevic, le fondateur des éditions l’Age d’homme, est mort was last modified: septembre 19th, 2011 by Nicolas Roberti
Animula blandula vagula : Âme de diaphane intimité, hôtesse et compagne de mon corps, tu verses vers des lieux délavés, escarpés et dénudés, où ne résonnent tes jeux d'esprit…

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