UMBRA URBE DE VINCENT BROQUAIRE : NOTRE CAVERNE URBAINE AUX CHAMPS LIBRES

21 décembre 2018

L’exposition Umbra Urbe, la ville en mouvement de Vincent Broquaire est à découvrir du 18 décembre 2018 au 21 avril 2019 aux Champs libres de Rennes. Les Rennais, grands ou petits, sont invités à vivre une expérience immersive en trois temps. Bienvenue dans l’envers du décor.vincent broquaire

Umbra Urbe est le titre de la nouvelle exposition artistique gratuite qui prend place aux Champs Libres de Rennes. L’artiste Vincent Broquaire s’empare de la salle Anita Conti afin de la transformer en caverne urbaine. En son sein, une musique poético-mécanique immerge les visiteurs dans la vision d’une ville qui se construit et se déconstruit sans fin. Umbra Urbe met en scène une ville en volume, immobile et silencieuse, que vient mettre en mouvement et réciter une voix-main invisible comme un lexique formel à la faveur de la nuit. Une ville moderne esquissée, progéniture troublante de la mécanisation industrielle des environnements collectifs, du quotidien technicisé et des individus égarés dans les mégalopoles. Peut-être poétique, mais avant tout hypnotique. À l’image d’un miroir aux alouettes.

« Imaginez une gigantesque salle de cinéma. En avant l’écran, qui monte jusqu’au plafond, mais c’est si haut que tout ça se perd dans l’ombre, barre toute vision d’autre chose que de lui-même. La salle est comble. Les spectateurs sont, depuis qu’ils existent, emprisonnés sur leur siège, les yeux fixés sur l’écran, la tête tenue par des écouteurs rigides qui leur couvrent les oreilles. Derrière ces dizaines de milliers de gens cloués à leur fauteuil, il y a, à hauteur des têtes, une vaste passerelle de bois, parallèle à l’écran sur toute sa longueur. Derrière encore, d’énormes projecteurs inondent l’écran d’une lumière blanche quasi insupportable. […] Sur la passerelle circulent toutes sortes d’automates, de poupées, de silhouettes en carton, de marionnettes, tenus et animés par d’invisibles montreurs ou dirigés par télécommande. […]  Sur l’écran on voit les ombres que les projecteurs découpent dans ce carnaval incertain. Et, dans les écouteurs, la foule immobile entend bruits et paroles. […] Ils n’ont donc aucune autre perception du visible que la médiation des ombres, et nulle autre de ce qui est dit que celle des ondes. Si même on suppose qu’ils inventent des moyens de discuter entre eux, ils attribuent nécessairement le même nom à l’ombre qu’ils voient qu’à l’objet, qu’ils ne voient pas, dont cette ombre est l’ombre. » (Alain Badiou sur La République de Platon, chap. 11)

expo champs libres

À la suite de l’exposition, une salle est dédiée a la participation du public, grands et petits. Deux ateliers invitent à construite des éléments urbains ou bien sur des feuilles de papier transparent ou bien dans un théâtre chinois en forme de skyline. Les visiteurs sont invités à jouer non seulement avec la ville, mais (et surtout) avec la perception qu’ils en ont. L’envers du décor. De leur propre décor.

umbra urbe

Enfin, une web-série réalisée par Vincent Borquaire est diffusée durant les quatre mois de l’exposition à raison d’un épisode par mois. À tout seigneur, tout honneur, le premier est consacré aux… Champs Libres conçus par l’architecte Christian de Portzamparc.

– Et de plus, si on le contraignait aussi à tourner les yeux vers la lumière elle-même, n’aurait-il pas mal aux yeux, et ne la fuirait-il pas pour se retourner vers les choses qu’il est capable de distinguer, en considérant ces dernières comme réellement plus nettes que celles qu’on lui montre ?

– Et si on l’arrachait de là par la force, dis-je, en le faisant monter par la pente rocailleuse et raide, et si on ne le lâchait pas avant de l’avoir tiré dehors jusqu’à la lumière du soleil, n’en souffrirait-il pas, et ne s’indignerait-il pas d’être traîné de la sorte ? et lorsqu’il arriverait à la lumière, les yeux inondés de l’éclat du jour, serait-il capable de voir ne fût-ce qu’une seule des choses qu’à présent on lui dirait être vraies ? (Platon, Allégorie de la Caverne, livre 7 de la République)

champs libres
Corinne Poulain souhaite renforcer la synergie des établissements autour d’une programmation de la salle Anita Conti en faveur des arts numériques et poétiques

Informations pratiques :
Date : Du 18 décembre 2018 au 21 avril 2019

Horaires d’ouvertures (hors vacances scolaires) :
Mardi au vendredi de 12h à 19h
Samedi au dimanche de 14h à 19h

Horaires vacances :
Mardi au vendredi de 10h à 19h
Samedi au dimanche de 14h à 19h

Tarifs : Entrée gratuite dans la limite des places disponibles

Lieu : Salle Anita Conti

Vincent broquaire est né en 1986 à Strasbourg où il vit.

2017
Micro-mondes : solo show, musée Angladon with EDIS foundation – Avignon FR
2016
Museoforms : webserie project, 10 episodes, Centre Pompidou, Paris FR Cave Studies : solo show at Fondation Bullukian, Lyon FR
2015
CEAAC : 3 months residency – Berlin DE
INLINE : Production residency, mural drawing in the Ekimetrics office – Paris FR Screen to Screen 5 : Performance, Le Shadok – Strasbourg FR
FOCUS – solo show : Drawing Now, contemporary drawing fair – Paris FR
2014
Cosmogology : solo show, xpogallery – Paris FR
Please wait a moment : Solo show, Le point commun – Annecy FR
2013
Sequences : solo show, book launch, xpogallery – Paris FR The Solo project : Solo show, OFF Art Basel – Basel FR
2012
– Maintenant : Residency, solo show, Maintenant festival – Rennes FR
2011
Screen to screen 3, 4 : Performance, Museum of fine arts – Nantes FR Screen to screen 2 : Performance, Bouillants Festival – Rennes FR
2010
Notre pain quotidien : Solo show, book launch, Delko galerie, Rennes FR

umbra urbe

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