Les gosses ? En ayant trois à la maison, j’ai de suite été attirée par ce livre, présenté de manière fort sympathique. Et en lisant la 4e de couverture, je m’attendais à me régaler, en comparant les chérubins qui égayent mon quotidien (et parfois le rendent vraiment pesant, mais bon) et ceux dont il est question dans ce livre de Valérie Clo.

Les gosses - Valérie Clo Lectures de LilibaJ’ai cependant été un peu déçue. Certes, j’ai beaucoup ri au début, retrouvant dans les trois enfants de Valérie Clo des traits de caractère tout à fait identiques à ceux de mes enfants. Un certain don pour le bordel ambiant, les vannes façon skud tueur des filles qui trouvent des rides et la peau flasque à leur gentille maman, l’ado couché sur son lit (non, ça n’est pas un mythe), les chambres où il faut enjamber pour ne pas écraser tout ce qui traîne sur le sol : vêtements, cours, divers objets et pots de Nutella vides (ou paquets de bonbons, de biscuits… miettes comprises), les séances dans la salle de bain qui durent des heures parce que ces jeunes personnes ont aperçu, – horreur, malheur ! – un petit bouton naissant… Bref, je me suis plongée dans un miroir de notre vie de famille qui m’a vraiment fait rigoler. Et osons le dire, également décomplexée, puisqu’il semble que ça soit un peu partout pareil !

Cependant, et j’ai trouvé ça bien dommage, ce roman n’en est pas un. C’est plutôt une compilation de petits faits du quotidien, d’instantanés racontés d’un ton que j’ai trouvé terriblement monocorde, et pas très bien écrit, comme pourrait l’être un sketch (même si certains sont très bien écrits, j’en conviens). Et puis autant les petits travers de nos enfants et ados sont souvent drôles, autant la vie de cette femme m’a paru triste.

Elle est divorcée, mais surtout semble un peu débordée par ses enfants, les recherches de boulot de l’un (ou anti-recherches ; comment peut-elle supporter de laisser dériver ainsi celui dont elle dit qu’il est « un grand corps mou » ? Je crois que mon fils se prendrait un paquet de coups de pied aux fesses et que je serais très certainement moins cool face à ses idées saugrenues et sa passivité (et sa paresse !), sa fille qui semble intéressée uniquement par son maquillage et ses fringues, le trafic de shit, les préceptes écolos de la petite dernière (on dirait ma fille qui nous pompe l’air fait la morale avec l’eau qui coule quand on se brosse les dents ou les poubelles !) et ses envies de lapins (quand on dit non, c’est non ! Non ?), l’ex-mari qui débarque à tout bout de champ… Bref, j’ai eu l’impression qu’elle subissait un peu sa vie plutôt que de la vivre à bras le corps, même en ce qui concerne la rencontre avec le voisin (un peu facile, le coup du voisin de palier, mais il est vrai que les enfants veulent à tout prix la recaser pendant qu’elle tient encore à peu près la route, pensez donc, elle a 42 ans !). Elle parait un peu paumée, à vrai dire et totalement débordée par sa progéniture : « Je fais souvent le même rêve, enfin plutôt le même cauchemar. Mes enfants se transforment, ils ont des bras et des jambes immenses qui traversent l’appartement et sortent par les fenêtres, ils prennent de plus en pus d’espace. Je suis obligée d’enlever les portes. Je les regarde se développer ainsi, impuissante, et j’ai peur qu’ils ne m’écrasent ».

Bref, au final, me voilà déçue et je pense que ce livre ne me laissera pas un grand souvenir, voire pas du tout. Dommage, car il est évident que la vie des enfants nous intéresse, nous parents. Les futurs parents pourront en prendre de la graine ou se diront sans doute qu’avec leurs propres enfants, cela ne se passera jamais comme ça – je vous propose d’en reparler dans quelques années ! C’est comme le caprice au supermarché, on se dit toujours que ça n’arrive qu’aux enfants mal élevés des autres jusqu’à ce que notre rejeton nous fasse une belle crise, hurlements, roulade par terre, coups de pieds dans les rayons et qu’on soit obligé de l’attraper par le bras / les cheveux / la jambe / l’oreille / le nez pour lui en coller une devant tout le monde ! (oui, madame, parfaitement, je bats mes enfants ! Et je peux vous dire en plus que ça fait un bien fou ! Ah que ça soulage ! le gamin aussi comprend en général assez vite puisqu’il se calme pour ne pas recevoir une deuxième rouste). (Pas la peine d’envoyer la DASS à la maison, ils sont trop grands maintenant, je me ferais mal à la main si je les frappais… ce n’est pourtant parfois pas l’envie qui me manque…).

Bref, je digresse… Donc, parents ou pas, c’est toujours amusant de lire les turpitudes des enfants des autres, sauf qu’il manque ici soit un humour plus corrosif, soit un dénouement, une suite. Pas forcément une étude psy en long et en large sur l’éducation et le développement des bambins, mais ça finit ne queue de poisson… laissant le lecteur sur sa faim.

J’espère chers lecteurs que vous me pardonnerez ce billet un peu fouillis, mais dès qu’il s’agit des enfants, j’ai tendance à m’échauffer…

Les gosses de Valérie Clo, BUCHET CHASTEL (5 avril 2013), 176 pages

 

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