En visite à Las Vegas après la tuerie du 4 octobre (dernier bilan 59 morts et plus de 500 blessés), Donald Trump a fait son job de Président. Il a eu des paroles de compassion envers les victimes, a salué les policiers, les médecins et les secouristes et les a qualifiés de « héros » du pays. Il a conclu par un « God bless our great Country » traditionnel. Mais le Président a refusé de répondre à une question d’un journaliste sur la vente des armes aux États-Unis. On l’aura compris : après la tuerie de Las Vegas, une loi plus restrictive sur la vente des armes aux États-Unis ? Trump, point du tout tendu comme une arbalète, répond : « On verra ça après ! »

Il faut savoir que la modification de la législation concernant la vente d’armes à feu aux particuliers est un véritable serpent de mer de la politique intérieure américaine. Chaque tuerie de masse par arme à feu est l’occasion pour le pouvoir fédéral de profiter de l’émotion du pays pour faire passer une loi modifiant sensiblement cette législation. Rappelons que la possession d’une arme à feu – quelle qu’elle soit – est garantie par le deuxième amendement de la Constitution.

La fusillade de Columbine (1999) n’a abouti à aucune restriction de la vente d’armes et en 2004, la loi de 1994 qui interdisait la vente de fusils d’assaut pour une durée de dix ans n’a même pas été renouvelée. C’est la tuerie d’Orlando en 2016 (49 morts) qui fournit l’occasion au Président Obama de proposer deux restrictions sur la vente des armes : interdiction de posséder une arme à feu pour les individus soupçonnés de terrorisme (nos fichés « S ») et pour les personnes ayant des antécédents criminels ou psychiatriques. Le Congrès à majorité républicaine refuse ce toilettage du 2e amendement.

Donald Trump, alors candidat à la présidentielle, avait proposé de « transformer l’Amérique en forteresse ». La NRA (National Rifle Association) le très puissant lobby des armes à feu et soutien fidèle du candidat Trump, avait alors applaudi des deux mains : pour Trump il n’était bien sûr pas question de restreindre la vente d’armes, mais au contraire de l’encourager…

Notons toutefois que les démocrates ne sont pas en reste. Après la fusillade de Sandy Hook en 2012 le Président Obama avait déjà proposé une nouvelle loi restrictive. Ce sont les sénateurs démocrates qui ont refusé… La position de Bernie Sanders sur ce sujet est restée très ambiguë. Il faut dire que l’élection présidentielle peut se jouer sur l’électorat des zones rurales qui est très attaché à la liberté de posséder une arme à feu.

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