Dimanche 2 mars, c’était au tour du festival Travelling d’investir les Champs libres. Une occasion pour l’association Clair-obscur d’apporter un peu de soleil dans la grisaille bretonne. Plus de 10 000 personnes ont répondu présentes. Preuve que le succès des Premiers dimanches instaurés par les Champs libres ne se dément pas.

 

Il faut dire que Travelling apportait son public… venu en nombre. Malgré l’affluence et un moment de latence entre 15 et 16h, l’après-midi s’est déroulé dans la joie et la bonne humeur. L’inquiétude première n’a pas duré : l’encadrement par les Champ libres et Clair-obscur étaient à la hauteur des attentes et des besoins.

Beaucoup d’enfants étaient présents. Les animations proposées par Travelling Rio correspondaient bien d’ailleurs à cette tranche d’âge : des démonstrations de capoeira très suivies, des danseurs chamarrés, des ateliers qui proposaient de recréer une journée avec une grand-mère brésilienne. Les plus petits ont apprécié. Et leurs parents aussi. Contrairement à d’autres premiers dimanche, les animations étaient rarement statiques. Les danseurs se sont ainsi habilement mêlés à la foule, permettant à tous les participants de jouir du spectacle. Une occupation de l’espace réussie.

Moins ludique mais instructif, l’association Comptoir du doc, partenaire dominical des Champs libres, proposait en lien avec Travelling, un documentaire sur la justice brésilienne intitulé « Justiça ». De nombreuses images ont fait froid dans le dos aux spectateurs venus en nombre : des hommes entassés dans des cellules de détention provisoire, parfois pendant 6 mois, peinant à se mettre debout tant ils sont nombreux…

Comme l’analyse une courageuse avocate interrogée dans Justiça, ce ne sont là que des petits et moyens délinquants. Homme de main qui participent au trafic de drogue, d’armes ou de vol, en bout de la chaîne. Les trafiquants en haut du panier ne sont pas inquiétés. Le parti-pris de la réalisatrice, Maria Ramos, consistait à mettre en lumière cette justice à deux versants. D’un côté, elle réprime les petits délinquants des favelas, dont certains se retrouvent jugés pour le vol de trois crèmes de jour au supermarché. De l’autre, la corruption politique et les grands trafiquants bénéficient d’une justice de statu quo. Loin des clichés qui font du Brésil un pays accueillant, Justiça montre une réalité accablante.

Entre images sombres et bonne humeur, malgré le mauvais temps, le dimanche de Travelling Rio fut, comme il se doit, ensoleillé.

Les Premiers dimanches : Travelling – Rio, la ville merveilleuse from Les Champs Libres on Vimeo.

 

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