Pour ce premier jour de projection, beaucoup de séances valaient certainement le détour. Mais force est de constater que le don d’ubiquité n’est pas donné à tout spectateur. Malgré le soleil qui brillait, les salles étaient bondées. Dans le riche choix offert, on peut souligner certains films que l’on conseille d’aller voir ou… pas.

 Si les premières lueurs de ce festival sont bien présentes, c’est le film dur et âpre qu’est Tyrannosaur (Paddy Constidine, 91 min, 2001) porté par un Peter Mullan (Joseph) et une Olivia Colman (Hannah) qui crèvent littéralement l’écran.

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« I killed my bluey » (Joseph)

Tyrannosaur, c’est l’histoire de Joseph quinquagénaire tourmenté qui ne se remet pas de la mort de sa femme et qui vit dans un appartement minable. De tournées de pub en tournées des bookies, c’est un personnage violent aussi bien dans ses propos que dans ses actes. Un jour, en pleine crise, il croise Hannah qui tient une charity shop. Catholique, mariée et vivant dans un quartier huppé, tout l’oppose à cet homme. Derrière ce vernis social se cache chez elle aussi une forme de violence.

 S’il y a un bien un thème à retenir, c’est bien celui-là : la violence brutale et percutante ou bien insidieuse et qui tait son nom. Au-delà de la relation intime qui tend à se nouer entre les deux protagonistes, le réalisme social à l’écossaise met en avant la misère sociale de ces âmes perdues, au chômage, orphelins ou endettés, mais également enfants de ces violences domestiques qui sont montrées de manière crue. Âmes sensibles, s’abstenir… Mais au-delà de ces images, c’est une perle quelque peu noire où les acteurs mènent et entraînent le film dans un jeu de faux-semblant et de violence qui donne un aspect réaliste et réflexif sur nos sociétés, d’un côté ou d’un autre du Channel.

Après cette dose de réalisme quelque peu démoralisant, si vous aimez la musique et les romances, un détour doit être fait vers Rock’N’Love (David MacKenzie, 80 min, 2011) qui nous a livré mardi dernier My name is Hallam Foe (que nous avons chroniqué hier).

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Adam est le chanteur américain du groupe pop The Make. Morello est quant à elle une Écossaise des membres des Dirty Pinks. Les deux formations jouent au célèbre T in the Park, immense festival écossais. Alors qu’ils se disputent sur une incompréhension lors de leur première rencontre, ils se retrouvent menottés l’un à l’autre par un inconnu. À moins de 24h de chacune de leurs prestations, ils cherchent désespérément un moyen de se libérer l’un de l’autre.

 Si on peut passer le côté guimauve et plein de bons sentiments à l’eau de rose, il faut avouer que la bande-son et les images quasi documentaires du festival ainsi que des captions de concerts qui se retrouvent insérées dans les intermèdes des tribulations du couple de tourtereaux en devenir constituent l’intérêt du film. Tourné en cinq jours pendant le festival et dans des conditions s’adaptant à l’environnement, le film fait doucement sourire, mais donne peut-être quelques raisons de désirer participer à cet événement.

Si l’on doit parler de lueur, prenons en compte les sélections de courts-métrages Travelling qui offrent aux spectateurs une sélection éclectique. Divisés en deux sélections, treize courts sont à l’honneur. Façon amusante et courte de mettre en scène, utilisation de différents médiums et double, voire triple lectures, y sont possible. Ce qui fait de ces séances d’une heure et demie des laboratoires d’expérimentation. On peut évoquer ceux qui surnagent. D’un point de vue totalement subjectif.

Tout d’abord, Bird (Alastair Bayne, 12’30 2012), œuvre presque muette sur l’adolescence avec des jeux bizarres pleins de symbolisme et de poésie. Ensuite, il faut apprécier Asylium (Joern Utkilen, 17min, 2012), où un migrant débouté rêve de monter une ferme biodynamique dans le centre où il est retenu. Mêlant différents médiums et avec des situations ubuesques d’incompréhension mutuelle, ce court-métrage est inclassable. Enfin, on ne peut rester indifférent à Making of Longbird (Will Anderson, 15 min, 2011) qui raconte sous forme de faux journal de bord documentaire les relations qui unissent un dessinateur et le personnage qu’il anime.

 En somme, une excellente première journée qui a révélé une programmation exigeante et raffinée.

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