On ne le dit jamais assez : la ville de Rennes prend en mains la rénovation du Thabor. Bonne nouvelle, le chantier de réfection de l’Enfer est bientôt achevé (voir notre photo). La municipalité prévoit d’en faire un théâtre de verdure.

Laissé dans un piteux état, l’Enfer va retrouver une seconde jeunesse. Il va devenir un théâtre de verdure de 250 à 300 places, avec revêtement spécifique et installations techniques (lumières). Un parterre de gazon est même envisagé. « Les ouvriers et jardiniers mettent les bouchées doubles, » assure un promeneur. « On a l’impression qu’ils veulent terminer leurs travaux au plus vite. »

Les jardiniers mettent les bouchées doubles

Derrière des grillages, les Rennais peuvent déjà voir les avancées : l’aménagement de la scène, un grand espace revêtu de terre… « Je sens vraiment une volonté de réaliser quelque chose d’exceptionnel, » assure la même personne. « C’en est désormais terminé des chiens venant déféquer sans gène. »
Depuis plus de trente ans, l’endroit n’avait pas de vocation particulière. Pourtant, il fut, dans les temps passés, populaire et fréquenté. Durant le début du XXe siècle, l’Enfer était un lieu de fêtes et déjà un théâtre de verdure. Mais convenons-en, cette parcelle fut toujours l’objet de grands projets… qui tombaient régulièrement à l’eau.

Les moines y faisaient du bateau

Après l’incendie qui ravagea Rennes en 1720, la ville désira même édifier un grand réservoir d’eau dont le but était de disposer de réserves suffisantes pour éteindre un hypothétique incendie…. « Elle obtint l’autorisation des moines d’excaver le site et leur paya une redevance pour que le trou ne soit pas comblé, » explique le site Wikipédia. « Faute de construction du dudit-réservoir, les moines l’entretinrent et y firent du bateau… »
Un second projet ne vit pas non plus le jour… La Seconde Guerre mondiale interrompit net la construction d’un grand théâtre de plein air de 1 320 places. On édifia tout de même une scène après le conflit, mais l’endroit ne devint pas le lieu de spectacle tant souhaité.

Bien des années plus tard, la ville de Rennes prend enfin en mains l’avenir de l’Enfer… C’est tout à leur honneur… On lui suggérera une seule chose : la pose d’une petite plaque en mémoire des résistants qui furent fusillés et des bretteurs qui s’en donnaient à cœur joie au XIXe siècle…

Jean-Christophe Collet

 

Attention statues en danger : Sur le pourtour de l’Enfer, de trop rares Rennais profitent d’un baby-foot et d’une table de tennis de table en pierre. Ils peuvent y admirer deux sculptures réalisées entre 1889 et 1895 par les étudiants des Beaux-Arts de Rennes, sur le côté Est de la promenade. L’une d’elles représente L’amour prenant un papillon sur une rose (copie d’une œuvre par Antoine-Denis Chaudet et terminée par Pierre Cartellier au début du XIXe siècle). La seconde représente Le Tireur d’épine, (copie d’une statue du Louvre ou de Versailles). Toutes les deux sont dans un piteux état… Elles ne sont pas les seules. Partout, au Thabor, les sculptures sont touchées par l’usure du temps, non loin de la roseraie, des fontaines… Encore un chantier pour la ville de Rennes à surveiller de près.

 

Les origines de l’Enfer : Son nom remonterait aux querelles entre les moines bénédictins et l’évêque (sources : wikipédia). Les religieux étant propriétaires de l’Enfer, ils y faisaient un peu ce qu’ils désiraient…notamment du bateau sur un grand réservoir d’eau. Le prélat ne le supportait et finit par déclarer :« cet endroit-là, c’est l’enfer ! »

 

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