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The Tree of Life : grâce, nature et disgrâce d’une variation autour du livre de Job

Article du 7 mai, mis à jour le 18 mai

The Tree of Life, écrit et réalisé par Terrence Malick, est un film dramatique et méditatif américain à résonance spirituelle. Les comédiens principaux sont Brad Pitt, Sean Penn et Jessica Chastain. La musique est composée par le franco-grec Alexandre Desplat. Durée : 2h18. La première mondiale a eu lieu le 16 mai (une date de sortie qui a fait l’objet d’une certaine confusion…).

The Tree of Life questionne le sens de la vie en faisant entrer en résonance les souvenirs et les épreuves d’une vie humaine et les étapes de la naissance, vie et mort du cosmos.

Critique

Après l’annonce de la perte d’un des membres d’une famille qui compte trois enfants, le film narre les épisodes existentiels et psychologiques, plus ou moins anodins mais chacun marquant, qui ont orienté la constitution de l’identité de chaque protagoniste en interaction avec les autres.

Jessica Chastain interprète heureusement la mère ; elle représente la grâce rayonnante d’amour qui par nature ne se braque pas contre la réalité. Brad Pitt joue sans éclat un père qui aime mal, pétri qu’il est de certitudes concernant l’existence et convaincu qu’en suivant la conception de la nature et de la vie sociale dictée par la Loi (civilisationnelle), il ne pourra que parvenir au bonheur.

Mais Satan s’acharne contre Job : sa vie individuelle et professionnelle semble à ses yeux échouée, l’ainé de ses enfants se rebelle (comme Lucifer). Quelles en sont les conséquences ? Le cadet meurt.

Accident, assassinat, suicide ? Impossible de trancher, mais une certitude demeure: le deuxième enfant qui incarnait la mère, qui incarnait l’amour et son chemin, a fait les frais des vexations de son frère ainé qui est devenu à l’adolescence le double opposé de son père et de sa rigueur. Le cadet est la victime expiatoire d’un drame généalogique familial mais, au-delà, de toute l’humanité.

Voilà le résultat des manifestations divergentes mais additives du Bien, du Mal, de la nature et de la raison. Gardons le mystère en ne dévoilant pas une fin qui sombre – hélas – dans un new age naïf.

En dépit d’une réalisation et d’une photo exceptionnelles, malgré des moments d’une rare intensité poétique, esthétique, psychologique, voire spirituelle, The tree of life est à nos yeux un chef-d’oeuvre manqué. Un chef-d’oeuvre qui offre autant de moments de grâces que de faiblesses dans une réponse un peu trop lisse et démonstrative à la problématique ouverte par le récit de Job dans l’Ancien Testament.

Cannes

Les chances pour que le film en compétition à Cannes remporte plusieurs prix restent fortes malgré la présence cette année au Festival de réalisateurs remarquables à l’image d’Aki Kaurismäki, Lars Von Trier, Pedro Almodovar, Kim Ki-duk mais aussi de Takashi Miike et Julia Leigh. Ce qui ne serait que justice eu égard à la filmographie déjà exceptionnelle de Terrence Malick qui s’inscrit à 68 ans dans la continuité des plus grands réalisateurs du cinéma mondial. Les Moissons du ciel (Days of Heaven) a reçu le Prix de la mise en scène à Cannes en 1979.

Nicolas Roberti

The Tree of Life : grâce, nature et disgrâce d’une variation autour du livre de Job was last modified: juin 10th, 2012 by

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