Et si votre peluche d’enfance avait pris vie par un simple voeu de Noël ? Et s’il vous avait accompagné 30 ans durant ? Voilà le sujet surprenant de Ted, proposé par Seth MacFarlane, l’impertinent réalisateur d’American Dad. Résultat : une comédie faussement soutenue et subversive, mais réellement indigente.

À 8 ans, le petit John Bennett fit le voeu que son ours en peluche de Noël s’anime et devienne son meilleur ami pour la vie, et il vit son voeu exaucé. Presque 30 ans plus tard, l’histoire n’a plus vraiment les allures d’un conte de Noël. L’omniprésence de Ted aux côtés de John pèse lourdement sur sa relation amoureuse avec Lori. Bien que patiente, Lori voit en cette amitié exclusive, consistant principalement à boire des bières et fumer de l’herbe devant des programmes télé plus ringards les uns que les autres, un handicap pour John qui le confine à l’enfance, l’empêche de réussir professionnellement et de réellement s’investir dans leur couple. Déchiré entre son amour pour Lori et sa loyauté envers Ted, John lutte pour devenir enfin un homme, un vrai !

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Ted est une fantaisie aussi accablante que plaisante. Si les dialogues sont aussi hardis qu’efficaces, ils ne manqueront pas d’en refroidir plus d’un. Il en va de même des différentes mises en situation des scènes. Si le climat général prête souvent à rire de bon coeur, les moments creux s’accumulent, notamment durant la seconde partie. L’ennui guette…

Si l’émotion est plutôt bien distillée, les références aux années 80 sympathiques et la fantaisie saupoudrée en un joli bonbon, le rapport à l’enfance et l’humour régressif sont insuffisamment travaillés.

De l’inégal dans un film hautement moyen, mais qui offre quelques bonnes tranches de rire.

critique de Didier Ackermann cinéma, film unidivers, critique, information, magazine, journal, spiritualité, movies

Tout commençait si bien avec l’impertinence caractéristique du réalisateur mêlée à la critique de la bonne société américaine. Et patatras : après 10 minutes bien rafraichissantes, Ted sombre dans un humour pipi-caca-prout que ne renieraient pas les frères Farelly ou les American Pie dans leurs pires opus. A coté de Ted, Dumb and Dumber paraît presque bon !

Côté comédien, Mark Wahlberg est tout simplement transparent. Ce qui est devenu une habitude malgré son excellent Boogie Nights. Mila Kunis a les yeux maquillés comme un camion volé, y compris en sortant de la douche.

Comme le comportement de l’ours en peluche érotomane, l’histoire est prévisible dès l’introduction du « méchant », seul élément nauséeux du film qui n’est pas tout public. À ce propos, il peut être bon de le rappeler aux parents qui emmènent au cinéma de jeunes enfants sur la foi de l’affiche « mignonne ». Il faut aussi noter que les cinémas appliquent parfois les avertissements d’une manière fantaisiste. (À ce propos, on regrettera que Sur la piste du Marsupilami soit considéré ‘jeune public’ alors qu’une scène dénuée d’humour donne à voir un chien se masturber dans une oreille de Jamel Debbouze.)

Bien sûr, on rit gras dans la salle. Bien sûr, il y a de bons moments, notamment les allusions aux films cultes que sont Y’a-t-il un pilote dans l’avion et le kitchissime Flash Gordon (ne manque plus que Kiss contre les vampires). C’est clair, Ted indique qu’il s’adresse à la fois au 35-45 ans et aux ados.

Sans doute faut-il regarder cette mauvaise blague en prenant les substances dont le film fait une apologie ratée pour ressentir un peu de plaisir et ne pas trouver les 1h47 interminables. À part les 5 dernières minutes et quelques clins d’œil réjouissants, le spectateur gagnera à louer une bonne vidéo d’un des Very bad trip ou d’un Baron-Cohen, voire échanger avec son vieil ourson rangé au fond d’un carton.

 

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