La mission des experts de l’OIAC, en charge de vérifier sur place les soupçons d’utilisation d’armes chimiques par la Syrie, n’a pas pu commencer ses investigations pour des raisons de sécurité, selon les autorités de Damas.

 
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Les Faits. On sait que la communauté internationale soupçonne l’armée syrienne d’avoir utilisé les gaz de combats le 7 Avril 2018 pour en finir avec la rébellion dans le secteur de la Gouta (région de Damas). Des images terrifiantes ont circulé et l’opinion occidentale s’en est émue. Les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la France ont donc décidé d’intervenir et de bombarder des sites de production et de stockage d’armes chimiques. Cette intervention, sans mandat de l’ONU, est motivée par des raisons éthiques (mort de civils innocents sans défense ) et juridiques puisque la Syrie, qui a ratifié en 2013 la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, a violé ses propres engagements internationaux. Les bombardements ont donc eu lieu et, selon les déclarations des ministres de la défense des Alliés, «  tous les objectifs ont été atteints ».

Historique. C’est le président Obama qui avait fixé en 2012 une « ligne rouge », l’utilisation des gaz de combat par la Syrie, à ne pas dépasser. Dans le cas d’un franchissement de cette ligne rouge, les Alliés interviendraient militairement contre le coupable. En 2013, le régime Syrien bombarde massivement aux gaz la région d’Alep faisant 1429 victimes dans la population civile dont 426 enfants. La ligne rouge a donc été franchie (!) et les Etats-Unis ne font rien. Aucun Allié n’intervient. Cette reculade est une victoire pour Damas et ses Alliés. L’ONU ordonne à la Syrie de détruire ses armes chimiques. Damas s’exécute sous la surveillance de l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques. Mais en août et octobre 2016 la Syrie est soupçonnée de nouveaux bombardements à l’arme chimique dans la région d’Alep. C’est, bien sûr, une nouvelle violation de la Convention et montre que le régime syrien possède des stocks cachés de gaz. Le dernier épisode de la Gouta orientale vient donc confirmer le double-jeu et les mensonges de la Syrie et de ses alliés.

Interprétation. L’utilisation des gaz toxiques et des bombardements massifs conventionnels permet donc à Damas d’envisager une victoire totale dans le pays « utile ». Les régions du Nord-Est occupées par les Kurdes et la Turquie seront récupérées ultérieurement. Les Alliés occidentaux ont tiré les mêmes conclusions et l’après-guerre se règle en coulisses. Les frappes des trois Alliés de ces derniers jours ne servent donc à rien, d’autant plus que les Russes ont été prévenus à l’avance (cf. le bon article du Canard enchaîné en date 18 avril) ! Ces frappes poursuivent en fait un autre but. Elles donnent à l’opinion publique des pays occidentaux l’image de dirigeants fermes, défenseurs inflexibles d’une morale politique internationale. Cela dit, la Russie fait tout son possible pour semer le doute dans l’opinion publique occidentale sur la réalité des bombardements chimiques. On parle de mise en scène orchestrée par les groupes terroristes islamistes et on ressort des images de fiction tournées il y a plusieurs années par le régime syrien à des fins de propagande. Du bon enfumage, parfaitement maîtrisé par le pouvoir russe et relayé adroitement par les réseaux pro-russes qui existent dans les media occidentaux.

On ajoutera, pour terminer, que la Russie est, pour la Syrie, un allié bien plus fiable que ne le sont les Etats-Unis pour les Kurdes.
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