SNCF : héros et salauds pendant l’Occupation ne cache pas son double thème. Il s’attache à dénoncer la trahison des hauts dirigeants de la SNCF de 1940 à 1944 et à montrer comment la bravoure des cheminots français, pendant l’été 40, a permis de sauver des milliers de juifs de la mort. La pierre angulaire de l’ouvrage est ce cheminot résistant qui a refusé de mener le contenu de son train vers l’horreur. Ce héros historique s’appelait Léon Bronchart. Avec ses camarades de résistance, il a écrit l’une des glorieuses pages de l’histoire française.

La SNCF a collaboré avec les nazis. Pas moins de 150 000 personnes, dont 15 000 enfants juifs, ont subi le calvaire de la déportation. Et ce, grâce au concours non seulement de la SCNF, mais aussi d’autres services de l’État français : préfecture, police, gendarmerie, sous les ordres du régime de Vichy. En plus d’avoir conduit des êtres humains à la mort, cette société a aussi participé à la spoliation et au pillage des biens que les commerçants juifs avaient en leur possession. Pire, la SNCF a fait en sorte de récompenser les délateurs et de punir les bienfaiteurs.

Toutefois, si une large partie de l’équipe dirigeante a écrit une partie noire de cette entreprise, un autre a laissé une marque plus brillante dans l’histoire. Une partie du peuple cheminot s’est en effet installée au cœur de la lutte contre l’envahisseur. En risquant leurs vies, de nombreux cheminots, dès 1940, ont aidé des prisonniers à s’évader, sauvé la vie de nombreux juifs, participé à la victoire des Alliés et fait en sorte que la Libération du pays ait lieu. Évidemment, tous les cheminots n’ont pas eu un comportement aussi noble que Léon Bronchart. Certes, ce n’était pas toujours évident de lutter contre un mal qui n’était pas forcément connu et identifiable. Voilà la première force de ce livre, présenter des faits, rendre hommage à des héros, sans condamner personne, au regard d’une période des plus complexes ?

SNCF : héros et salauds pendant l’Occupation jette un éclairage riche et passionnant sur la guerre. Un ouvrage qui réconcilie, donne espoir et rappelle combien l’homme peut être aussi noble.

Jean-Pierre Richardot, le Cherche Midi, Paris, France, sept. 2012, 312 p., 19€

 

 

Un commentaire

  1. Page sombre de l’histoire avec une succession de retournement de vestes et des bouc émissaires triés sur le volet à la libération. J’avais traité du cas Louis Renault “chez moi” et cette blessure dans l’histoire de France laisse une marque difficile à effacer, comme dans tout conflit.
    Nous pourrions parler des trahisons dans les mouvements syndicaux de l’époque, des patrons qui d’un coté ont dénoncé à tour de bras tout en ménageant leurs arrières en finançant la résistance.
    Hier près de Vichy, voyant la gendarmerie protéger des tortionnaires, des souvenirs me sont revenus….

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