Présentation de l’éditeur : Un court roman, une audace à couper le souffle, un morceau de littérature dont on ne sort pas indemne. Jamais Angot n’a été si aiguë et si bouleversante. Christine Angot est auteur d’une quinzaine de romans, dont L’Inceste (1999), Rendez-vous (2006), Le Marché des amants (2008), Les Petits (2011) ainsi que de pièces de théâtre.

Le nouvel Angot pourrait s’inscrire dans la lignée de son plus grand roman, L’inceste. Ses détracteurs se gaussent d’ailleurs (quelque peu facilement) de la reprise du thème. Mais le monde de la critique française est à l’image de sa classe politique et intellectuelle d’une malhonnêteté sans pareille.

L’histoire débute en 1975 près de Grenoble, lieu d’habitation de Christine et de sa famille. Âgée de 16 ans, la petite fille subit un traumatisme que la première phrase éclaire sans ambiguït :

 « Il est assis sur la lunette en bois blanc des toilettes, la porte est restée entrouverte, il bande. Riant à l’intérieur de lui-même, il sort de son papier une tranche de jambon blanc qu’ils ont achetée à la supérette du village, et la place sur son sexe ».

Le huis clos s’annonce difficile. C’est peut dire tant les événements vont crescendo dans le terrible, l’abject, voire la porneia. 130 pages des plus longues. Mais l’écriture est percutante. Elle tranche dans le vif (et le vit) à l’aide de mots qui ont l’air de rien et pourtant expriment tout. Ils traduisent avec force derrière des scènes de fellation et de pénétration, le cri intérieur de l’enfant devenant femme contre sa nature et volonté.

Reste que trois aspects peuvent gêner le lecteur comme le séduire. D’une part, l’hybridation de la fiction et de la réalité à laquelle nous a habituées Angot fonctionne bien dans Une semaine de vacances. Il est sans doute renforcé en l’occurrence par le recours à la troisième personne du singulier en place de l’habituel ‘Je’. Pourtant certains le regretteront. D’autre part, la répétition de nombreux motifs pourra être perçue comme une sorte de scansion analytique. Il en fatiguera plus d’un. Enfin, le livre est d’une austérité quasi franciscaine (nous ne saurions mieux dire) : rire, dérision, réflexion en sont bannis. Comme la transfiguration l’est du royaume de la transgression.

Un livre à lire autant pour son audace que pour son style. Ceux qui s’arrêteront à mi-parcours manqueront une belle phrase conclusive… Une rareté dans le paysage littéraire français.

David Norgeot et Nicolas Roberti

 

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