S’opposer au pouvoir en Russie ? Bibliothèque de la Part-Dieu Lyon, 20 janvier 2018-21 janvier 2018, Métropole de Lyon .

Table ronde sur la contestation politique et civile en Russie. Avec Françoise Daucé, chercheure et spécialiste de l’opposition russe, et deux invitées témoins, Julia Berezovskaia, journaliste et directrice de grani.ru , et Nadezda Kutepova, fondatrice de l’ONG Planète de l’espoir. Le 6 mai 2017, une manifestation fut organisée à Moscou en commémoration de l’action de protestation La marche des millions qui s’était tenue le 6 mai 2012 sur la Place Bolotnaïa. La police y avait chargé les manifestants, bien que la manifestation fût auto-risée, et arrêté vingt-trois d’entre eux dont une dizaine furent condamnés à la prison jusqu’au 6 mars de l’année suivante. Françoise Daucé écrivait en 2013 dans Une paradoxale oppression : le pouvoir et les associations en Russie : À l’hiver 2011-2012, pour dénoncer les fraudes électorales, les citoyens russes sont descendus par dizaines de milliers dans les rues de Moscou. Surpris par ce réveil de la société civile, le Kremlin leur a aussitôt opposé les forces de l’ordre et accentué la lutte contre la présence étrangère dans le pays. Pourtant, depuis le début des années 2000, si le gouvernement recourt à la force, il emprunte aussi des outils à la démocratie libérale. Les autorités russes mettent en effet en œuvre des programmes de soutien à la société civile qui permettent le développement de formes plus douces de contrainte politique, en s’appuyant sur un mélange complexe de coercition et d’incitations. Cette ambivalence trouble jusqu’aux défenseurs des droits de l’homme, à la recherche de compromis entre affrontement et coopération. Dans Être opposant dans la Russie de Vladimir Poutine , paru en 2016, Françoise Daucé poursuit : Depuis la chute de l’URSS, la Russie n’a connu qu’une brève expérience du pluralisme politique au début des années 1990. Le pays s’est ensuite engagé dans une trajectoire de reflux démocratique. Avec l’élection de Vladimir Poutine à la présidence russe en 2000, l’emprise du pouvoir sur la scène politique s’est accentuée, excluant les partis d’opposition de la vie parlementaire. Privés de représentation, comment les opposants politiques peuvent-ils faire entendre leur voix dans la Russie des années 2000 et 2010 ? Quelles sont les ressources dont ils disposent ? Quelles sont les menaces qu’ils encourent ? Autant de questions auxquelles ce livre répond en examinant les nouvelles formes de militantisme dans la Russie contemporaine, leur articulation aux revendications locales et quotidiennes et leur usage des nouvelles technologies de l’information. À la lumière des manifestations contre la fraude électorale de l’hiver 2011/2012 apparaissent tant l’inventivité civique dont font preuve les militants russes pour contourner les contraintes que les limites politiques de leur action collective. Bibliothèque de la Part-Dieu 30 boulevard Vivier-Merle 69003 Lyon Lyon longitude et latitude : 45.76075, 4.857268