Soirée : Vivre et travailler avec les animaux, 19 mai 2019 18:00-19 mai 2019 21:00, .

Nous discuterons des enjeux d’un animalisme écologique et politique, défendant le besoin de vivre et travailler avec les animaux, avec Pierre Madelin (auteur d’Après le capitalisme), Jean-Yves Ruelloux (éleveur de chèvres en Bretagne) et C. (éleveuse de Brebis sur la ZAD).

SOIREE VIVRE ET TRAVAILLER AVEC LES ANIMAUX – dimanche 19 mai à 18h

Au sein du cycle de réflexion que nous menons sur l’écologie, une place revient inévitablement à la « question animale » contemporaine, et notamment à celle de mettre un terme à l’enfer industriel que vivent des milliards d’animaux dans les usines à viande. Cette question animale se trouve aujourd’hui écartelée entre d’un côté la pensée antispéciste, et de l’autre la défense d’une petite paysannerie.

Si des liens entre ces deux positions sont encore à inventer, il nous faut néanmoins rejeter une pensée « abolitionniste » de plus en plus en vogue, on ne peut plus problématique à nos yeux : cette dernière entend rompre nos liens avec les animaux sous prétexte que toute relation rapprochée entre humain et animal recouvrirait une forme de domination asymétrique. Mais cette absence de rapport est-elle vraiment compatible avec l’écologie des relations que l’on cherche à défendre ? Ne rend-elle pas invisible des pratiques, minoritaires certes mais bien vivantes, faisant place à l’intelligence et à l’autonomie animale dans l’élevage ? Si l’abolition de l’élevage industriel fait aujourd’hui partie de notre perspective politique, doit-on néanmoins définitivement rompre le lien constitutif avec les animaux domestiques et d’élevages ? Ne doit-on pas au contraire partir de la relation, et réinventer une communauté paysanne avec les animaux, dans une perspective écologique post-industrielle et post-pétrole ?

« Nous pensons que la position abolitionniste est intenable dans une perspective écologiste, car l’impossibilité de recourir aux produits et au travail des animaux nous condamnerait à l’enfer d’une industrialisation intégrale de la société et à une dépendance accrue aux énergies fossiles, qui finiront de toute façon par s’épuiser. Énonçons le paradoxe suivant : s’il ne peut y avoir de libération animale sans sortie du capitalisme industriel, il ne peut y avoir de sortie du capitalisme industriel sans animaux. » [8]

[8] Pierre Madelin, « Vivre avec les animaux : une…