Séance 1 du séminaire du Centre d’Alembert : « Qu’est-ce qu’un fait en sciences du climat ? » Université Paris-Sud – Bâtiment des Colloques (Bâtiment 338), 21 novembre 2019-21 novembre 2019, Orsay.

Séance 1 du séminaire du Centre d’Alembert : « Qu’est-ce qu’un fait en sciences du climat ? »
La remise en cause de « faits » établis dans le monde académique pose la question des critères de validation et des méthodes d’établissement des faits. Y a-t-il une méthode universelle pour dire ce qui est vrai ou chaque discipline a-t-elle ses propres critères spécifiques pour décider des limites des énoncés acceptables ? Est-ce que la façon d’établir les faits ou la manière de les énoncer a changé ? Nous souhaitons faire le point sur ce qu’est un fait établi dans différentes disciplines. A travers l’organisation d’une série de séminaires dans différentes disciplines, le séminaire itinérant du Centre d’Alembert permettra d’interroger la légitimité et la fécondité du doute ainsi que ses limites à l’heure des « faits alternatifs » et des manipulations de l’information sur des sujets traités dans le monde académique.

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**Séance n°1 :**

**Qu’est-ce qu’un fait en sciences du climat ?**
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_Avec :_

**Pascal Yiou,** Directeur de recherche au Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement

### **Peut-on attribuer un événement extrême au changement climatique anthropique ?**

Depuis toujours, s’est posée la question de la responsabilité de chaque événement climatique extrême. Même s’il est impossible de se prononcer sur les conditions du déclenchement de tels événements, on peut analyser la fréquence de ces événements, leurs propriétés physiques et déterminer d’éventuels changements en lien avec des forçages, anthropiques ou non. C’est l’ambition de l’Attribution d’Evénements Extrêmes (AEE), qui est une nouvelle discipline à cheval entre les sciences atmosphériques et les statistiques.

Je présenterai les éléments physiques et mathématiques du problème scientifique que l’AEE tente de résoudre. Les modèles climatiques et les méthodes statistiques seront brièvement évoquées. L’idée générale est de comparer des distributions de probabilités d’événements dans un monde factuel (le monde tel que nous le connaissons, avec une variabilité naturelle et forcée par l’activité humaine) et un monde contrefactuel (un monde idéal, sans activité humaine).

Cette présentation sera illustrée par des événements récents (canicules, précipitations et tempêtes), et montrera aussi quelques limites à ces approches.

_et_

**Hélène Guillemot**, Chercheuse au CNRS, Centre Koyré

### **La construction de la confiance dans le problème du changement climatique**

Depuis la création du GIEC et de la Convention des Nations Unies sur le changement climatique il y a 30 ans, la confiance dans les sciences du climat et dans leurs résultats a été considérée comme centrale pour la prise en charge du changement climatique. Cette confiance peut se décliner à plusieurs niveaux. J’aborderai dans cette présentation la confiance des climatologues envers leurs modèles et leurs simulations, ainsi que la construction de la crédibilité et de la légitimité des sciences du climat et de leurs prévisions, à travers notamment le GIEC. j’analyserai ensuite la question du climatoscepticisme dans le cadrage des rapports entre science et politique qui est au cœur de la question climatique depuis trois décennies. Enfin je retracerai l’évolution du problème du changement climatique depuis les COP de Copenhague et de Paris, qui remet en question cette conception du lien entre la confiance dans les sciences du climat et l’action politique.

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_Organisateur_ : **Julien Gargani**, Directeur du Centre d’Alembert Entrée libre
Séminaire 2019-2020 du Centre d’Alembert « Qu’est-ce qu’un fait établi ? Comment se trompe-t-on ? »
Université Paris-Sud – Bâtiment des Colloques (Bâtiment 338) rue du Doyen André Guinier 91400 Orsay Orsay Essonne
Dates et horaires de début et de fin (année – mois – jour – heure) :
2019-11-21T14:30:00 2019-11-21T17:30:00