SABRA ET CHATILA CCN de Créteil, 13 décembre 2019-13 décembre 2019, Créteil.

SABRA ET CHATILA
“Le contraire de l’amour, ce n’est pas la haine, mais l’indifférence.”

Je m’interroge depuis longtemps sur le rapport entre la vie des artistes/auteurs et leurs  créations. Pour moi, je me sentais beaucoup plus inspiré en Iran dans une situation difficile de vie artistique qu’en France dans une société dite “libre”. Je rencontre l’oeuvre de  Jean Genet “ Quatre heures à Chatila” en France. Genet écrit ce texte après son passage en septembre 1982 dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila à Beyrouth. Durant plus de 40 heures, près de 3000 palestiniens sont décimés . Pourquoi un poète est inspiré d’un massacre, des cadavres? 

Je m’intéresse alors au parcours de Genet, je réalise après que Genet a créé ses plus grands oeuvres en prison quand il était enfermé et incarcéré et qu’une fois sorti de prison, il ne peut plus rien écrire pendant des années. Je me demande s’il y a un rapport entre l’enfermement et la création artistique, entre la répression et l’expression!  « Pourquoi la danse est-elle belle ? Parce que c’est un mouvement contraint, parce que le sens profond de la danse réside justement dans l’obéissance absolue et extatique, dans le manque idéal de liberté. »*. Je ressens une affinité profonde entre moi et Genet. C’est pourquoi j’aimerais travailler sur son texte, j’aimerais travailler sur ce “manque idéal de liberté” qui est parfois inspirant et qui stimule la pensée.

Je vis en France depuis 10 ans, et j’ai vécu 5 ans en exil sous le statut de réfugié. Je sais ce que c’est d’être réfugié et d’être un immigré. C’est pesant la vie en exil, en tout cas, ça l’était pour moi. C’est difficile de s’identifier dans une nouvelle culture, se faire reconnaître dans son pays d’accueil et s’intégrer dans la nouvelle société mais c’est aussi enrichissant de vivre une autre culture, pouvoir rencontrer d’autres univers de vie, croiser les chemins des autres artistes et auteurs. Mon expérience artistique a toujours été liée à d’autres expériences “artistico-humaines” de part le monde. 

Je tiens à préciser que je n’ai aucune intention de faire un spectacle documentaire sur un événement historique. Comme ma création précédente “Une trop bruyante solitude”  j’aimerais simplement m’appuyer sur un texte qui me sert de prétexte pour rêver à nouveau et continuer mes recherches sur la mémoire du corps poétique et politique à travers la danse. L’idée de donner de la chair au texte me plaît énormément. 

-Afshin Ghaffarian entrée libre
Sortie de résidence
CCN de Créteil 1 rue charpy Créteil Val-De-Marne
Dates et horaires de début et de fin (année – mois – jour – heure) :
2019-12-13T14:30:00 2019-12-13T15:30:00