Retour à Ithaque 18 novembre 2017-19 novembre 2017, Hauts-de-Seine .

Centre social et culturel Louis Michel, le samedi 18 novembre à 20:00 Retour à Ithaque Banquet spectacle participatif et tout-terrain à partir de l’Odyssée d’Homère Après vingt ans d’absence, Ulysse rentre chez lui. Rachid Akbal raconte, joue et danse l’épreuve de l’arc, le massacre des prétendants, les retrouvailles d’un homme et de sa famille trop longtemps séparés. Dans cette histoire, les spectateurs ont aussi un rôle à jouer : protagonistes et complices, tour à tour prétendants, Télémaque ou Pénélope. Un spectacle atypique, féroce et tendre, drôle et décalé. Création 2018 I Durée : 1h De et avec : Rachid Akbal – Contrebasse : Marc Bollengier – Lumières : Hervé Bontemps – Spectacle créé en partenariat avec La Baleine qui dit Vagues (13) | Avec le soutien de la Direction régionale des Affaires Culturelles de Provence- Alpes-Côte d’Azur, Ministère de la Culture et de la Communication (aide à l’écriture) | Recréation 2018 en résidence à l’Agora, scène nationale d’Evry (91) et au Théâtre des Sources à Fontenay-aux-Roses (92). RÉSUMÉ Un homme s’éveille sur une plage entourée de brouillard. Ulysse est de retour sur son île natale, la belle Ithaque. Chez son fidèle porcher Eumé où il trouve refuge, il se fait reconnaître par son fils Télémaque. Après vingt ans d’absence, il trouve sa maison occupée par les prétendants, de jeunes princes qui briguent sa place et courtisent sa femme. Sous les traits d’un mendiant, résistant à toutes les humiliations, Ulysse attise les colères. Pénélope, ne pouvant plus contenir l’impatience des prétendants, organise l’épreuve de l’arc, qui l’obligera à choisir un mari parmi eux. C’est sans compter sur la présence d’Ulysse qui, après un bain de sang d’une violence inouïe, peut enfin serrer dans ses bras une Pénélope encore plus belle qu’il y a vingt ans. Le lendemain, Ulysse va retrouver Laërte dans son verger. En contemplant son père au milieu des arbres et des vignes, Ulysse peut enfin dire qu’il est revenu chez lui. INTENTIONS Retour à Ithaque s’inscrit dans la lignée de notre travail sur l’exil et de notre recherche formelle sur le théâtre-récit : premier texte littéraire sur l’exil, Ulysse et ses compagnons sont les premiers naufragés de la mer Méditerranée. L’Odyssée fait aussi partie des mythes anciens, des récits fondateurs que nous aimons questionner pour voir ce qu’ils ont encore à nous dire et comment nous pouvons collectivement, encore, nous les approprier. Ce spectacle est le fruit d’un processus initié en 2014 avec la réécriture de L’Odyssée puis la mise en scène du Long voyage d’Ulysse sous la forme d’un workshop en 4 épisodes. Cette première recherche nous à amené à opérer un premier choix dans le texte et dans l’hybridation récit – univers sonore. Chaque épisode faisait en effet intervenir un artiste invité issu de l’opéra, du bruitage ou du jazz. Notre choix s’est porté sur la dernière partie de l’Odyssée, le retour d’Ulysse à Ithaque, et la présence à la contrebasse de Marc Bollengier. En octobre 2016, une nouvelle étape a été présentée dans le cadre du festival Rumeurs Urbaines. Forme légère pour une jauge réduite (100 personnes), le spectacle raconte le retour d’Ulysse chez lui, sous la forme d’un banquet spectacle participatif. Installés de manière bi-frontale, les spectateurs à qui on sert à boire et à manger, deviennent les personnages de l’histoire. Le spectacle se déroule ensuite sur un fil entre narration et interaction. Lorsque le quatrième mur se brise, il leur est proposé d’entrer dans le jeu, de devenir acteurs et partenaires. Puis la narration reprend. Dans ce jeu subtil d’aller-retour se crée une complicité entre le conteur et les spectateurs. Donner la parole aux spectateurs est un geste assumé pour les engager dans le propos artistique, dépasser le cadre habituel de l’écoute silencieuse et de l’émotion, redéfinir des codes pour un théâtre partagé par le plus grand nombre. Dans un décor constitué de terre rouge, d’eau et de feu, le récit aborde l’absence, la quête de pouvoir, la peur de l’étranger, la violence, la place des femmes, la transmission, le retour à la terre. LA PRESSE EN PARLE La narration est ici centrée uniquement sur la fin du récit fleuve d’Homère, le retour d’Ulysse chez lui, sur l’île d’Ithaque, après dix ans d’absence, et ses retrouvailles avec son épouse Pénélope, son fils Télémaque et son père Laërte. Rachid Akbal est seul en scène pour camper tous les personnages de l’histoire et il choisit également plusieurs spectateurs/spectatrices pour incarner quelques rôles, que ce soit Pénélope ou Télémaque, ou d’autres plus secondaires comme les prétendants Antinoos et Eurymaque. On retrouve aussi dans ce spectacle une bonne dose d’humour et l’interactivité avec le public. Ce spectacle mise plutôt sur l’intimité, voire la complicité, avec les spectateurs. Tout commence dans la cour où le public est invité à écouter, debout et dehors, le début de l’histoire contée par Rachid Akbal, autour de l’enfance d’Ulysse, de son long voyage loin de chez lui et de son arrivée à Ithaque. Ce n’est qu’au bout d’un quart d’heure que le public pénètre dans la salle, assez petite, mais qui du coup offre une très grande proximité avec le comédien. Installés sur des chaises autour d’un grand tapis de sol central, les spectateurs prennent la place des convives du banquet donné par Pénélope en l’honneur d’Apollon et partagent un verre de vin, du fromage et du raisin tout au long de la représentation. La réussite de ce spectacle tient beaucoup à la performance d’acteur, parfois même de danseur, de Rachid Akbal. Il incarne au plus profond de son corps les épreuves endurées par Ulysse pour reconquérir son épouse Pénélope et tuer tous les prétendants, notamment avec la célèbre scène de l’arc que lui seul parvient à utiliser. Quelques jolies astuces de mise en scène, vraiment toutes simples, viennent apporter une touche d’originalité, comme les petites bougies allumées au cours de la représentation ou la terre ocre jetée sur le tapis de sol pour symboliser les flots de sang de la lutte sans merci entre Ulysse et les prétendants de Pénélope. Cette simplicité poussée à l’extrême permet de donner au texte d’Homère toute sa place et sa portée symbolique, on peut en mesurer ainsi la remarquable poésie mais aussi la grande violence. Avec Rachid Akbal, force est de constater la grande puissance évocatrice d’une parole qui parvient à faire surgir dans l’imaginaire une multitude d’images et d’effets, et à rendre audible pour nos oreilles de spectateurs/spectatrices du XXIe siècle l’extraordinaire modernité d’un texte écrit il y a fort longtemps par Homère. Des mots qui trouvent parfois un étonnant écho dans notre monde actuel, notamment la description de la relation père-fils ou le rejet de l’étranger chez Homère. Cristina Marino, http://www.lemonde.fr/ / blog l’arbre aux contes Centre social et culturel Louis Michel Clichy 19 rue Henri Poincaré, 92600 Asnières-sur-Seine Hauts-de-Seine Clichy