Bagnolet Dernier débat avant la fin du monde, 24 avril 2019 19:00-24 avril 2019 23:00, Théâtre L’échangeur Cie Public Chéri .

DERNIER DEBAT AVANT LA FIN DU MONDE
Après « On s’est planté », réfléchissons à la stratégie du mouvement climat.

Théâtre de l’Echangeur, 24/04, 19h
59 Avenue du Général de Gaulle, 93170 Bagnolet
Métro Galliéni, ligne 3

Pauline Boyer, Alternatiba
Vincent Verzat, Partager c’est sympa
Christophe Bonneuil, historien, revue Terrestres
Juliette Rousseau, autrice, ex porteparole de la Coalition Climat 21
Sophia, Extinction Rebellion
Nathalie Athina, Gilet jaune Paris
Philippe, Gilet jaune St Nazaire
Matthieu B., inculpé dans l’affaire Tarnac

Animateur : Quentin Hardy, revue Terrestres

Par milliers voire par millions depuis septembre, on a marché pour le climat, fait la grève scolaire, assigné l’Etat en justice pour « inaction climatique ». Et depuis ? Rien ou presque. Aucune inversion des courbes d’émission de CO2 à l’horizon, ni changement de modèle agricole ni renoncement à la bétonisation du monde. L’accord de Paris n’est plus pour tout le monde qu’une mauvaise blague. Certains organisateurs du mouvement climat ont eu le courage de le reconnaître : « on s’est planté ». L’indéniable succès médiatique et numérique des marches climat ne masque plus la déficience de la stratégie: défiler gentiment en espérant qu’on fera changer ceux qui nous gouvernent avec un tel « rapport de force » c’est perdre son temps. Un débat public est nécessaire pour faire le bilan de ces six derniers mois et réfléchir aux suites à inventer.

Ironiquement, au regard des résultats, c’est plutôt le soulèvement des gilets jaunes qui pourrait passer pour un mouvement écologique : en se soulevant contre une taxe qui incarne une écologie de classe, les Gilets jaunes ont créé des mini-ZAD sur les ronds-points de France, à partir de matériaux récupérés, mis en place des réseaux de solidarité et de convivialité. Ils s’organisent pour bloquer des hauts lieux de la pollution, multinationales (Monsanto, Amazon, etc.) et centres commerciaux. Ils font décroître, samedi après samedi, une économie qui ravage la planète (-0,2 point de PIB fin 2018). Ils demandent la démission d’un président qui a poussé son ministre de l’Ecologie, pourtant bien accommodant, au désespoir puis à la démission. Ils mettent au centre de leurs revendications et de leurs appels la nécessité d’une transformation écologique (Commercy, St Nazaire).

Pourtant, mouvement climat et Gilets jaunes ne sont pas encore vraiment rencontrés. Ce sont les raisons de cette séparation qu’il faut comprendre, pour se donner les moyens de la dépasser. Que serait une écologie vraiment sociale et populaire ? Quels enseignements tirer de l’histoire des luttes écologiques, et du mouvement des gilets jaunes ? Quelle stratégie permettrait d’empêcher réellement la poursuite des catastrophes climatiques ?

Les réponses à ces questions doivent s’élaborer collectivement, mais les acteurs du mouvement climat et ceux des GJ doivent se réunir et se parler. En espérant que cette « table-ronde » soit le point de départ d’un printemps vert qui donne la jaunisse à Macron !