CACTUS, théâtre poème dès 2 ans Espace André Malraux, 13 novembre 2019 15:00-13 novembre 2019 16:00, Herblay.

Mercredi 13 novembre, 15h00 SUR RÉSERVATION

Cécile Fraysse – cie AMK

CACTUS – cie AMK

sur un texte de Carl Norac et une multiplicité de voix d’enfants enregistrées

créé le 14 décembre 2018 au Point Éphémère à Paris

TEASER /

dès 2 ans, durée 40mn jauge 110 personnes maximum, conseillée 80 personnes

Proposé aux très jeunes enfants et adultes qui les accompagnent, ce spectacle invite à une plongée sensorielle dans le plaisir des mots, les champs de la peinture créée en direct, du chant improvisé, du son multidiffusé et de la manipulation de mannequins, dans la continuité des recherches esthétiques et relationnelles de la cie AMK.

DISTRIBUTION

conception générale, scénographie et jeu : Cécile Fraysse

écriture et langage : Carl Norac

composition musicale, création sonore : Boris Kohlmayer – alias Lauter

création lumière : Corentin Praud

INTENTIONS

« Cactus » aborde sous la forme d'un théâtre poème le sujet de l’agressivité, cette force qui nous permet tout autant d'attaquer que de nous défendre, et que l'on symbolise souvent par des dents.

L'histoire est écrite par Carl Norac d’après un scénario de Cécile Fraysse, en forme de poème multiple, chuchotements et pensées surgissantes.

Petite Louve est née sans dent d'une fleur de cactus. Étrangère de par sa nature animale aux esprits des cactus, elle doit apprendre à négocier son territoire dans ce monde traversé de nombreux vents afin de ne pas finir recouverte de piqûres. Par la rencontre d'un autre petit loup pourvu au contraire d'une mâchoire disproportionnée, la petite louve va trouver les ressources de faire naître ses dents, et apprendre ainsi à poser des limites.

Cette création en direction de la petite enfance (public à partir de 2 ans) s'organise au sein d'un théâtre de marionnettes/mannequins dont la mise en jeu s'articule principalement à partir de peintures réalisées en direct par des jeux de transparences, générant une sorte de réalité augmentée artisanale.

CACTUS et son univers plastique est animé par Cécile Fraysse. L'univers sonore et musical est créé par le musicien-chanteur Boris Kohlmayer, à partir de chants et de voix d'enfants enregistrées.

Au fur et à mesure de la narration rythmée par l'entrelacement des voix, le voyage initiatique du personnage principal (la petite louve) s'articule en une traversée d'univers visuels et sonores, par une logique de naissances et renaissances.

Cette progression est accompagnée d'une partition vocale structurée par un fil s'organisant du chaos vers l'épure.

Ce processus de métamorphoses raconte un chemin d'ancrage que les personnages du conte tracent au cœur de leur cycle de vie, afin d'apprendre à réguler dans la paix leur rapport au réel.

Pourquoi certains enfants tapent autant, tandis que d'autres ne bougent pas sous les coups ? Certains pleurent, d'autres ravalent leurs larmes. Il y a ceux qui rient même lorsqu'on leur fait mal. Il y a ceux qui mordent et ceux qui sont systématiquement mordus.

Il y a les mots qui blessent auquel on ne sait quoi répondre et qui tordent le ventre. Il y a ceux qui font peur et devant qui tout le monde baisse la tête. Il y a le respect, et puis la tyrannie, le dialogue et les yeux qui se soumettent malgré eux.

Il y a le regard mouillé de ceux qui restent sans voix, et les pupilles dilatées de ceux qui se croient gagnants. Comment faire pour être juste dans toutes ces interactions ? Et surtout, comment se défendre des petits vainqueurs ?

Comment poser clairement un territoire qui ne donnera aucune place aux humiliations ? Car au cœur de tout cela, il y a ce que l'on appelle l'agressivité, et la capacité à la gérer, c'est à dire à en faire quelque chose de constructif : un espace bien délimité. Qu'a t elle à nous raconter lorsqu'elle surgit cette agressivité ? Qu'avons nous à en apprendre ? Car rien ne sert de la refouler, il est plus judicieux de la transformer.

TEXTE

C’est un défi d’essayer de dire aux enfants ce besoin de se défendre, de montrer une résistance nécessaire, y compris une façon de montrer les dents quand il le faut. Et, tout à la fois, célébrer l’apaisement, le respect.

Il y a bien sûr la fable : cactus et loups dans le même paysage. Les cactus, et leurs mots qui piquent, leurs épines étant ces mots, qui peuvent être blessants, physiquement et moralement. Une petite louve, d’abord désemparée, mais dont deux dents vont pousser, salvatrices, un peu comme deux ailes, et plus qu’une carapace : une défense. Aussi un loup qui la protège, mais qui lui ne domine pas son agressivité. Avec cette thématique, nous sommes sur un fil, assez ténu mais passionnant, et la voie à suivre est un théâtre qui soit poème, c’est-à-dire fait de sensations, avec plusieurs voix, celles d’enfants enregistrés, de la comédienne-artiste, du musicien, une immersion dans les mots qui piquent et ceux qui réparent, ceux qui posent une ligne rouge à ne pas dépasser.

L’originalité sera que l’histoire avance par fragments : éléments narratifs explicites, dialogues des loups, paroles péremptoires des cactus, répliques, aussi des chansons, des réflexions, le tout avec un vrai jeu sur les mots, des allitérations, chacun ayant son langage, sa façon de s’approcher, de provoquer parfois, le tout ainsi plus reconnaissable par les jeunes enfants.

Le défi est aussi d’aller à l’essentiel, de ne rien édulcorer, de ne jamais s’absenter de l’humour malgré les situations, de faire ressentir sans tomber dans un discours moralisateur, de donner « sens » par la « sensation », aussi dans les approches musicales, picturales qui parleront dans le même mouvement. J’aime bien les thèmes qui nous bousculent : dire en rassurant, sans apeurer, sans proférer, mais dire.

Dans mon dernier livre chez Actes Sud, « Poèmes pour mieux rêver ensemble », j’aborde notamment la peur du terrorisme avec des enfants assez jeunes, mais avec bienveillance. Ici, ce sera aussi le cas, mais avec la vigilance en plus : la louve pourra se défendre en mordillant, elle n’est pas une simple marionnette. Bienveillance, vigilance, résistance : trois mots-clefs à rendre concrets, accessibles, sur le plateau.

Le point de vue de Cécile Fraysse me passionne : il n’est jamais trop tôt, en choisissant les mots, en dessinant un paysage, en mettant en jeu des êtres de parler à un très jeune enfant de l’identité, qu’elle est elle, qu’il est lui, pas seulement une ou un dans la foule, à l’école ou même dans la famille. Au-delà du thème enfin, par les arts mêlés, ce poème visuel et sonore a l’intention d’être ce que je poursuis depuis toujours dans l’écriture : une invitation au voyage.

Carl Norac

EXTRAIT DE TEXTE CHOISI

(…) « s'envoler sortir sortir de la fleur

voilà ce qu'elle veux sortir de la fleur mais petite louve a peur pour s'envoler il faut des ailes pour s'envoler il faut partir

mais petite louve n'a pas d'ailes pour filer doux vers l'ailleurs. Et en plus et en plus et de plus ce qui est vraiment embêtant et en plus et en plus et de plus petite louve n'a pas de dent petite louve n'a pas de dent dent dent dent dent rien de dent ni dedans dent dent dent pas de dent pas de dent pas dedans petite louve n'a pas de dent

le vent la pousse souvent dans le dos en soufflant soufflant soufflant soufflant."

Espace André Malraux 5 Chemin de Montigny, 95220 Herblay 95220 Herblay Val-d’Oise

mercredi 13 novembre – 15h00 à 16h00