BRUIT NOIR + RED | Le 19.02 à Point Éphémère, 19 février 2019 20:00-19 février 2019 23:00, .

Extrait de la bio de Bruit noir pour l’album II/III (sortie 1er février 2019 chez Ici d’ailleurs) :

« Le premier album de Bruit Noir avait été un choc. Le duo formé par Pascal Bouaziz (textes, voix) et Jean-Michel Pirès (musiques, sons) n’avait rien de commun. On les connaissait bien sûr comme membres de Mendelson, groupe en activité depuis 1997, fer de lance d’un rock français intelligent, vénéré par la critique et de trop rares fans. Mais on ne s’attendait pas à ça. Une déferlante de textes rageurs, misanthropes, tellement désespérés qu’ils en devenaient drôles, sur fond de sons de percussions et de cuivres métalliques, durs, asphyxiants. Ce n’était ni du rock (pas de guitares, même pas vraiment de mélodies, à côté Suicide, c’était Elli & Jacno), ni vraiment du rap – le phrasé échappant aux lieux communs du genre, les textes aussi – ni bien sûr de la chanson française (mort de rire). C’était autre chose, et c’était bon.
Puis les concerts avaient été de vraies surprises. Ça tournait parfois au stand-up. Bouaziz faisait rire les salles avec de grandes tirades délirantes. Après les avoir mises très mal à l’aise, bien sûr : il faut avoir assisté à la présentation de « La Province » en province pour comprendre ce qu’humour noir veut dire, quand il commençait par surjouer le parisien condescendant : « On sait que c’est dur pour vous, on est venu vous apporter un peu de culture. »
Le succès critique a été incontestable. Le succès tout court, on y reviendra…

Ensuite, Bouaziz, en pleine furie créatrice, avait sorti un album solo, Haikus, de toute beauté, aussi calme, épuré, mélodique, que Bruit Noir était énervé, saturé, atonal. Joie de la diversité. Le succès avait été… comment dire ? Confidentiel ? Les happy fews qui suivent Mendelson étaient au rendez-vous, bien sûr. Comme toujours. Les autres ? Occupés à découvrir une énième nouvelle vedette de la nouvelle nouvelle chanson française, probablement.
Et puis, en 2017, Mendelson avait fait son grand retour avec un disque coup de poing, Sciences Politiques, qui voyait Bouaziz adapter de grandes chansons politiques anglo-saxonnes en français. C’était superbe, fort, dérangeant, enthousiasmant, rock’n’roll et intelligent. Autant dire qu’on n’en a pas trop entendu parler. La presse, bien sûr, a vanté la démarche. Les radios ont jeté un voile pudique sur l’affaire. Les salles ont proposé quelques dates éparses. Les Français ont élu Macron.

Que pouvait faire Bouaziz de toutes ces expériences ? Une chanson, bien sûr. Elle s’appelle « Le Succès » et elle ouvre le deuxième album de Bruit Noir, dont on doutait plus ou moins de l’entendre un jour – même si le projet a été présenté au départ comme une trilogie.

Et là, ça fait mal. Ceux qui trouvent que Bruit Noir embarrasse parfois les auditeurs feraient mieux de ne pas écouter ce deuxième album. Car Bouaziz et Pirès poussent le bouchon encore plus loin, là où tout le monde se dit que c’est un peu trop loin, quand même. On ne croyait pas ça possible. Ils l’ont fait. »

On ne peut pas vous en dire plus sans en révéler trop sur ce nouvel album. Rendez-vous le 1er février sur disque, le 19 février sur la scène de Point Éphémère.

1e partie : RED (lire https://next.liberation.fr/musique/2018/12/02/red-artisan-de-la-lenteur_1695575 )