Rennes Il était une fois l’Amérique, Jacques Josse, Éric Vuillard, Champs libres, 17 septembre 2014 18:30-17 septembre 2014 21:00, Rencontres Les Champs Libres Tarif : Gratuit.

Il était une fois l’Amérique, avec Jacques Josse et Éric Vuillard. L’Amérique féconde l’imaginaire de ses écrivains (des États-Unis ou d’ailleurs sur le continent) mais elle constitue aussi un puissant ferment d’inspiration pour certains auteurs français. Derrière l’histoire du Wild West Show de Buffalo Bill, Éric Vuillard, dans Tristesse de la terre, raconte à sa manière le roman américain: il fait le récit de cette prodigieuse fabulation autour des Indiens où l’épopée enracine son mythe.

Avec Liscorno, Jacques Josse rapporte en une prose poétique la découverte fondatrice qu’il fit de l’écriture grâce aux auteurs de la Beat Generation. Depuis le village breton de son enfance, il nous emmène sur la route avec Kerouac et les autres. Deux voix pour nous raconter l’Amérique.

Éric Vuillard est écrivain et cinéaste. Il est l’auteur de Conquistador (éd. Léo Scheer), et aux éditions Actes Sud La Bataille de l’Occident, Congo et tout récemment Tristesse de la terre.

Jacques Josse, écrivain et éditeur, est l’auteur de plusieurs récits et romans, notamment Les Lisières, Liscorno (éd. Apogée) et Cloués au port (éd. Quidam).

tristesse de la terre,Le reality show est-il la pierre angulaire de la société du spectacle ? Dans son septième livre, Tristesse de la terre, Éric Vuillard, Rennais d’origine lyonnaise, déconstruit le mythe de Buffalo Bill. À travers le spectacle que ce dernier créa en1883 et qui exaltait la conquête de l’Ouest par les cow-boys. Un Wild West Show qu’il peaufina année après année, de triomphe en triomphe, jusqu’en 1913. Cette histoire par Eric Vuillard de Buffalo Bill Cody et de sa création spectaculaire jette une lumière nouvelle sur le mythe de la conquête de l’Ouest comme fantasme originaire de l’Amérique industrielle puis de tout l’Occident à travers la littérature et le cinéma. Le voile sur les coulisses de ce premier grand divertissement de masse est levé. Avec Tristesse de la terre, Eric Vuillard oeuvre au dessillement de nos tristes tropismes…

Le titre de ce récit, son premier chapitre intitulé « Musée de l’homme » et sa première phrase – « Le spectacle est l’origine du monde » – placent d’emblée le récit sous les auspices de Claude Levy-Strauss et Guy Debord, entre ethnologie et anthropologie. Et Eric Vuillard de poursuivre en convoquant le sauvage et le civilisé :

« Le spectacle est à l’origine du monde. Le tragique se tient là, immobile, dans une inactualité bizarre. Ainsi, à Chicago, lors de l’Exposition universelle de 1893 commémorant les quatre cents ans du voyage de Colomb, un stand de reliques, installé dans l’allée centrale, exposa le cadavre séché d’un nouveau-né indien. Il y eut vingt-et-un millions de visiteurs. On se promenait […] on admirait […] et puis on se payait un cornet de saucisses à dix cents. […] le spectacle et les sciences de l’homme commencèrent dans les mêmes vitrines, par des curiosités recueillies sur les morts. »

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