Dans la discrète rue de Brizeux, à deux pas de la faculté de Droit, le monastère Sainte Claire est toujours vide. Sur sa façade en schiste, un permis de construire est affiché par la ville de Rennes et délivré à la société OCDL (groupe Giboire) en décembre 2010.

Le promoteur rennais a confié à l’architecte François Pommier le soin d’aménager le site qui s’étend sur près de 6266 m2. D’après nos informations, environ 1500 m2 de bâtis seront démolis et 153 logements construits. En revanche, on n’en sait pas plus sur le projet immobilier. « Cet ensemble résidentiel sera de qualité et s’organisera autour d’un jardin, » explique le site Internet du groupe Internet qui précise : « L’opération est toujours en cours. »

Interrogés, les voisins de cette rue calme sont très inquiets. « On n’ose pas attaquer le permis, » affirme l’un d’eux. Mais ils voient d’un mauvais oeil cette nouvelle construction. « On parle d’un hôtel, d’une résidence de tourisme. En fait, on en sait rien, » ajoute un autre.

Pas du tout classé aux Monuments historiques, l’édifice n’en reste pas moins remarquable. Connu sous le nom du couvent des Clarisses, il fut fondé en juin 1885 par la comtesse de Pimodan (1823-1897), née Rose-Anne Libault de la Chevasnerie, issue des Clarisses d’Alençon.

L’endroit cache un cloître, un calvaire du XIXe siècle et un réfectoire. À l’étage de ce dernier bâtiment, des dortoirs donneraient sur une galerie de bois en partie ouverte. On y trouve également un noviciat, édifié en 1900 et des locaux d’accueil aménagés à l’entrée en 1930. Mais ce n’est pas tout. Un joli petit parc borde la propriété. Il est situé au Nord-Ouest, à l’arrière du Rectorat de la rue d’Antrain. Il est aux dires de beaucoup croquignolet à souhait.

Visible de la rue, la chapelle en schiste est recouverte d’une peinture murale sur le revers de sa façade et ornée d’une statue représentant la vierge à l’Enfant. Ses verrières sont nombreuses. Cinq représentent les principaux saints de l’ordre : sainte Claire, saint François, sainte Colette, Sainte Agnès d’Assise et Sainte Véronique Giuliani. Elles datent des années trente. Ces éléments de l’histoire seront-ils sauvegardés ? Si tel n’est pas le cas, on se prend à rêver d’une prochaine porte ouverte pour que les Rennais puissent au moins découvrir le site…

 

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