A Rennes, le parc des Gayeulles a bel et bien été envahi les 17 et 18 juillet pour cette nouvelle édition de Quartiers d’été. Un festival qui existe grâce au Crij Bretagne depuis maintenant 19 ans. Cette année, il était envahi par un public familial et un soleil rayonnant à travers les arbres. De quoi redonner le sourire après une météo au ciel maussade. Mais la bonne humeur qui y règne n’est pas due qu’à la clémence du ciel… À Quartiers d’été, tout est gratuit ! Les concerts, les animations, les expositions, les ateliers. Le festival, dont la tenue était encore incertaine il y a deux mois, tient à cette gratuité. Et les organisateurs l’ont bien fait comprendre au micro, entre deux prestations scéniques et en saluant les ouvriers de PSA (voir nos articles 1 & 2)…

De la diversité, de la parole, un lieu convivial

Sous les tentes installées pour l’occasion, une scène d’expression libre pour du slam, des organisations de débat, des expositions de photographies – comme celle du collectif 18-55. Ou, encore, un lieu de parole ouvert aux jeunes : à partir de quelques cartes et différentes thématiques, libre à chacun de s’exprimer et d’échanger sur des sujets parfois… sensibles.

Sur des planches dressées ça et là, des graffeurs communiquent aussi. En partenariat avec le dispositif Graff dans la ville, de nombreux artistes street art rennais ont laissé parler les bombes… de peinture évidemment. Quand bien même le sujet proposé concernait le « printemps arabe »… En effet, le festival dédie cette année ces deux journées aux peuples en lutte, aux indignés, à ceux qui s’engagent.

Ils sont engagés aussi sur le terrain où l’Elaboratoire a transporté son chapiteau : un manège sans électricité à faire tourner à la force des pédales, du cirque et de la musique, une initiation au boomerang, des réparations de vélo ou encore un atelier de photographie sténopé. Le collectif qui peine toujours à se réinstaller (cf. notre article) s’est en tous cas bien investi pour l’évènement. Les enfants s’amusent, les familles se promènent, une atmosphère bon enfant s’installe pour le plaisir de tous.

Plus la nuit avance, plus la foule se masse

Gayeulles, rennes, Quartiers d'été, Crij, gratuit,'expression libre, Graff, Elaboratoire, Zebda, Sniper, Dj Martin, Bukatribe, Misst1guettCe qui attire à Quartiers d’été, ce sont bien sûr les concerts. Avec deux têtes d’affiche, Zebda et Sniper (voir notre entretien), ils ont rassemblé chaque soir près de 10 000 personnes.

Le premier soir affichait un intérêt réel pour le hip-hop, avec de bons moments comme la battle de danse accompagnée par Dj Martin, artiste rennais (voir notre article), ou la découverte du message militant de la Nigérienne Zara Moussa. Reste que la programmation musicale flirtait un peu trop avec une esthétique commerciale, certains amateurs passionnés du genre l’ont regretté

La deuxième soirée, c’était le grand retour de Zebda qui a sorti son nouvel album Second retour cette année. Une prestation introduite par le chanteur Alee qui tourne régulièrement en Bretagne avec ses chansons optimistes, mais également par le quatuor a capella Bukatribe. Le public est venu en masse profiter de ces différents concerts chaleureusement clôturés par un feu d’artifice.

De la foule

Quartiers d’été est réussi. Mais l’ensemble des thèmes abordés – le partage du paysage culturel, la direction de la culture par les pouvoirs locaux, les dimensions des politiques sociale et culturelle – réserve encore nombre de questions et enjeux de taille. Par exemple, quel est l’avenir à Rennes pour la culture et les animations à l’année ? Et le principe de gratuité pour tous, un principe à défendre, mais aussi une question à réfléchir.

Cette édition colorée et enthousiaste, soutenue par 150 bénévoles, a fait appel à de nombreux artistes locaux comme la graphiste Misst1guett qui en a réalisé l’affiche. Quartiers d’été s’est achevé avec l’espoir de pouvoir renouveler cette intéressante initiative l’année prochaine.

Marie L.

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