La tête coupée de la fontaine Coëtquen flotte sur la place de Coëtquen en contre-bas de la Mairie de Rennes. Cette œuvre de Claudio Parmiggiani* a été  inaugurée en avril 1993. Et elle a connu depuis divers tags et dégradations qui sont conduit à trois remplacements pour cause de sévères dégradations. Le dernier outrage s’est déroulé il y a exactement 4 ans, en février 2012. Remontons le cours du temps vers l’onde…

 

C’est par une matinée brumeuse et un froid frisquet en ce début du mois de février 2012, que les Rennais ont retrouvé leur muse Place de Coëtquen. La sculpture, ornant leur fontaine, était partie se refaire une beauté…dans un atelier de restauration.

place coëtquen

Sans tapages, ni même battages médiatiques, la tête coupée est revenue discrètement place de Coëtquen. Elle était en restauration depuis quelques semaines dans un atelier de la Région. L’œuvre de l’Italien Claudio Parmiggiani en avait bien besoin. Son socle n’avait jamais été changé depuis 1993 et sa belle moustache, dessinée par un fêtard aviné, était naturellement de trop. « Ca lui arrive d’être taguée, une fois par an ou tous les deux ans, comme d’autres objets qui trônent sur l’espace public, » rappelait un brin amusée, Odile Lemée, conseillère aux arts plastiques de la Ville sur le site internet de la municipalité.

Comme beaucoup de sculptures dans la ville, la muse est devenue partie intégrante du paysage rennais. « Elle est ‘abord un symbole. Celui de l’incendie de 1720, qui s’est arrêté à ses pieds (si l’on peut dire). C’est aussi une fontaine, bien que l’eau n’y jaillisse pas, » ajoutait la conseillère.

Depuis son inauguration, la Ville a déjà changé trois fois la tête. « On garde toujours deux têtes d’avance en stock, au cas où… », rappelait le site Internet ! De quoi faire hurler à la mort encore longtemps Wagner, le chien de Madame Georges…

Place de Coëtquen Rennes

* Claudio Parmiggiani, né en 1943 à Luzzara, dans la province de Reggio d’Émilie en Émilie-Romagne, est un plasticien contemporain italien associé au mouvement de l’Arte Povera.

2 Commentaires

    • Il ne s’agit pas d’Orphée décapité mais de la muse de l’histoire, Clio. Avec cette oeuvre, Parmiggiani fait référence à l’histoire de Rennes et fait le lien avec sa propre histoire (baptistère en granit : Bretagne, eau : Vilaine, tête de muse en marbre : Italie). Nous sommes ici sur une des limites de l’incendie. de 1720. Beaucoup de Rennais pensent que l’oeuvre rappelle la guillotine installée sur la place du Parlement à l’époque de la Terreur mais il n’en est rien. En même temps, comme le dit si bien François Morellet, avec une oeuvre d’art contemporain, le spectacteur fait ce qu’il veut et l’interprète comme il le sent.

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