Depuis 1981, les prairies Saint-Martin sont regardées de près par les municipalités rennaises. Sous l’impulsion de l’ancien maire, Edmond Hervé, une voie rapide devait les traverser pour mener les automobilistes de la rocade nord vers le centre-ville. Face au tollé général, le projet fut abandonné pour laisser place à une large coulée verte. La ville veut en faire désormais un grand parc naturel au grand dam des usagers des jardins familiaux.

Lundi 3 octobre, la municipalité rennaise a adopté le principe d’aménagement de ce poumon vert de 29 hectares. « C’est un vrai coup de Jarnac, » a laissé entendre un représentant de l’association de défense des jardins familiaux, samedi dernier. « La ville va remettre en cause la vie botanique et les jolies haies naturelles, » a ajouté un représentant des APR (Amis du patrimoine rennais).

Contre le projet de parc municipal urbain, les opposants sont montés au créneau. Ils ont saisi la presse et demandé la parole au conseil municipal. « Il nous est difficile de faire passer notre message, » a commenté l’un d’eux, Patrick. « Nous sommes face à un manque de concertation. » Un avis partagé par le leader de l’opposition municipale de droite, Bruno Chavanat, lors de la dernière séance municipale.  « Que de temps perdu ! Vous vous êtes privés de l’enrichissement de l’intelligence collective des habitants. »

Face au désarroi des jardiniers (dont certains vivent sur place), la Ville veut temporiser. « Nous recherchons de nouveaux sites, aux Gayeulles, au Breil et à Patton, a indiqué Frédéric Bourcier (sources : le site internet de la ville de Rennes). Aujourd’hui, il existe 895 jardins familiaux répartis sur neuf sites. Nous pensons atteindre 1000 parcelles en 2014-2015. » En clair, l’adjoint pourrait proposer des terrains pour les futurs expulsés de Saint-Martin. Mais comme le souligne Le Mensuel de Rennes, les promesses de l’élu seront-elles tenues ?

Preuve de sa bonne volonté, la municipalité associerait les usagers, les associations et les riverains aux études sur les usages de ce lieu trop méconnu des Rennais. Est-ce suffisant pour calmer les esprits ? N’est-ce pas juste un pis-aller offert aux mécontents ? « Nous avons besoin légitiment d’en savoir plus, » répond un riverain, Jean-Yves. « Nous ne voulons pas d’objectifs généraux, mais des détails. »

Quel devenir pour ces prairies ? Dans ce dossier, la mairie ne veut pas brûler les étapes. Elle a confié à trois architectes paysagistes le soin d’aménager cet espace de verdure. Ils auront pour objectif de valoriser la rivière qui y coule, d’améliorer le champ d’expansion des crues, d’attirer le public… Seule certitude, les jardins familiaux n’auront plus le droit de cité… en raison de la pollution inquiétante sur le site. D’où l’interrogation suivante : quid du traitement de la pollution ? On évoquerait l’excavation de terres polluées… On souhaite uniquement que la méthode soit radicale pour traiter ce futur lieu public.

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