LA VILLE DE RENNES OUVERTE À LA FINANCE ÉTHIQUE AVEC LA BANQUE NEF

La Ville de Rennes et Rennes Métropole ont contracté fin 2020 deux prêts de 4 M€ auprès de la Nef, coopérative bancaire citoyenne engagée dans la transition écologique et sociale. La Nef, dont la création s’est inscrite dans la pensée sociale et économique de Rudolf Steiner, fondateur de l’anthroposophie, poursuit depuis près de 40 ans l’idéal (hautement désirable) d’une sphère économique, entrepreunariale et d’investissements ancrée dans une éthique comportementale et environnementale. Nul besoin de préciser que la NEF, contrairement à plusieurs banques françaises bien connues, ne place pas d’argent dans les paradis fiscaux*.

La Nef : une banque en cohérence avec l’engagement de la Ville et de la Métropole de Rennes

La Nef finance uniquement des projets à impact écologique, social et/ou culturel. Elle peut ainsi accompagner les projets d’investissement des collectivités qui s’engagent pour le développement durable et solidaire de leur territoire, comme la Ville de Rennes et Rennes Métropole. Les prêts accordés ont alimenté les budgets 2020 et permettront de financer :
– pour la Ville de Rennes : la rénovation énergétique de bâtiments, la réalisation et rénovation de pôles culturels, le renforcement des espaces verts, des aménagements et installations de passerelles pour la mobilité douce ;
– pour Rennes Métropole : la mise en place du Réseau Express Vélo et des travaux de réhabilitation thermique, etc.

De nombreux autres projets et entreprises engagés soutenus par la Nef sur le territoire

La Nef compte une centaine de salariés et son siège est situé à Vaulx-en-Velin près de Lyon. Depuis mars 2020, Lucie Verdon, banquière itinérante de la Nef, est installée à Rennes et intervient en Ille-et-Vilaine (35) ainsi que sur la partie Est des Côtes-d’Armor (22) et du Morbihan (56). L’occasion pour la coopérative de développer ses financements auprès de projets engagés sur le territoire. Parmi eux, on trouve :

– Mamie Mesure Rennes Antrain : une épicerie vrac et bio au centre-ville ;
– Comme un établi – un tiers lieu de l’artisanat à Rennes ;
– Terra libra – produits du commerce équitable et locaux/bio ;
– L’établi des mots – librairie coopérative dans le quartier du Blosne à Rennes ;
– TyK Affinage – produits affinés bio à base de noix de cajou ;
– Magasins du réseau Biocoop : Rennes, Bréal-sous-Montfort, Châteaubourg, Saint-Aubin-du-Cormier, La Richardais, etc.

“Mon métier de banquière itinérante me permet d’aller à la rencontre d’initiatives locales inspirantes et d’être en contact avec des personnes passionnées et engagées. Malgré le contexte, les projets sont toujours plus nombreux dans la région et je suis ravie de pouvoir contribuer à leur développement.”

Lucie Verdon, banquière itinérante à Rennes – La Nef

LA NEF, UNE BANQUE ÉTHIQUE INDÉPENDANTE

La Nef, comme d’autres banques éthiques en Europe (Triodos, GLS) , a été fondée par des personnes inspirées par la pensée économique et sociale de Rudolf Steiner, un penseur fondateur du mouvement anthroposophique. Ces personnes, notamment Jean-Pierre Bideau et Henri Nouyrit, voulaient introduire un « plus » dans la gestion de l’argent par les banques sous la forme d’une prise en compte de l’intérêt de l’autre. Si cette ambition est restée un élément fondamental de la culture de la Nef, les fondateurs n’ont jamais voulu limiter le projet de la coopérative à cette impulsion de départ. 

Dès que la Nef  a commencé à se développer (elle est passée de 700 sociétaires en 1988 à 40 000 en 2021), des partenaires issus de mouvements écologistes, de l’économie sociale et solidaire, ou portant une pensée humaniste, ont rejoint la Nef en très grand nombre. Ils ne faisaient aucunement partie du milieu de l’anthroposophie. C’est avec ces personnes, devenues majoritaires, que s’est formée petit à petit l’identité propre de la Nef.

COMPOSITION DU CAPITAL SOCIAL ET GOUVERNANCE DE LA NEF

Le Capital Social de la Nef est détenu à hauteur de 80% par des particuliers, et à hauteur de 20% par des organisations et personnes morales. Parmi les dix plus importants détenteurs de capital on retrouve le fonds d’épargne salariale solidaire Mirova, le Crédit Coopératif, Biocoop SA et la Fondation Macif.

La composition du Capital social de la Nef reflète une grande variété de structures et de personnes et montre l’absence de liens institutionnels avec le mouvement de l’anthroposophie.

Par ailleurs, le Conseil de Surveillance de la Nef, nommé par l’Assemblée Générale des sociétaires est composé de personnes physiques et d’organisations comme Biocoop, Terre de Liens ou le Crédit Coopératif. Aucune organisation issue du mouvement anthroposophe n’est présente dans le Conseil de Surveillance de la Nef, qui, lui aussi cultive une parfaite indépendance de tout mouvement politique, social, religieux ou philosophique.

ACTIVITÉ DE FINANCEMENT

La Nef est le seul établissement financier français à publier la liste complète de ses financements chaque année. Pas de financements “occultes” ou “cachés” : chacun peut vérifier où va son argent : En 2018, 85% des financements de la Nef visaient le secteur de l’écologie (filière bio, énergies renouvelables,etc.), 12% des activités à impact social positif (commerce équitable, insertion par l’activité économique, logement social, collectivités locales,etc.), et à 3% des activités culturelles (édition, domaine artistique, etc.)

La Nef est ainsi régulièrement reconnue comme “la banque la plus écologique” par des ONG (Oxfam FranceLes Amis de la Terre).

Consulter les listes de financements détaillées

On trouvera dans cette liste des projets concernant des écoles pratiquant la pédagogie Steiner-Waldorf.  En 2018, cela représentait un seul prêt sur un total de 416 (et 0,04% en montant des prêts accordés). Mais la Nef ne se contente pas de soutenir uniquement ce type d’écoles, cela entre dans le cadre d’un financement plus global des pédagogies alternatives. En effet, la Nef finance également des écoles Montessori ou exerçant la pédagogie Freinet.

* Pour rappel, un quart des bénéfices des 20 plus grandes banques européennes se trouve dans des paradis fiscaux, soit 27 milliards d’euros, dont 6 milliards pour les banques françaises. Pourquoi s’inquiéter que les banques et la finance gouvernent le monde économico-politique ? Pour quelques petites raisons bénignes. D’une part, la fuite de capitaux appauvrit le capital général de la France et le pouvoir d’achat des Français. D’autre part, la finance et ses magouilles financières étranglent l’entrepreunariat local et l’investissement national (un tiers des filiales étrangères des cinq plus grandes banques françaises se trouvent dans des pays à la législation opaque). Enfin, l’argent placé dans les paradis fiscaux et autres circuits et zones grises concourt à la vitalité des réseaux mafieux : trafics d’armes, de drogues, d’enfants, de femmes et d’esclaves. Une légère entorse au projet humaniste censé animer la conception des sociétés libérales occidentales depuis l’après-guerre, non ?

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