La biennale de photographie l’Image Publique, organisée par l’association Photo à l’ouest investit à nouveau Rennes et sa métropole. Le festival, qui dure du 2 au 25 octobre 2017, propose de nombreuses expositions, mais également divers ateliers, conférences et projections. Explorant cette année le genre de la photo de rue, le Festival Image Publique invite à considérer les artères urbaines d’un autre œil. Celui de l’artiste, pour qui ces lieux de passage et de vie regorgent de clichés potentiels…

Le photographe flâne dans la rue, son appareil à la main. Il cherche à capturer l’humain dans son environnement, sinon naturel, du moins quotidien. Les images sont prises sur le vif, la vie urbaine et les réalités sociales qu’elle abrite sont immortalisées. Bien souvent, la photographie de rue évoque la photographie sociale ou le portrait. Mais le genre est loin d’être étriqué et, au travers de ce festival, l’association Photo à l’ouest en sonde justement la diversité. Plus de dix-huit artistes sont mis à l’honneur au cours du festival l’Image publique 2017 qui développent chacun une approche personnelle de la photographie de rue.

Parmi ces artistes, en tête d’affiche, figure l’Américaine Vivian Maier, dont une quarantaine de clichés exclusifs sont exposés à l’Orangerie du Thabor. Rivalisant de talent avec les plus grands noms de la photographie de rue américaine, tels que Gary Winogrand ou Helen Levitt, Vivian Maier mena néanmoins une existence discrète – à tel point que son œuvre ne fut découverte qu’après sa mort. Aujourd’hui considérée comme une remarquable référence, Vivian Maier mérite sa place au sein du festival Image publique qui vous invite à découvrir le regard qu’elle portait sur les rues new-yorkaises et sur les vallées françaises du Champsaur.

vivian maier
Vivian Maier

Outre Vivian Maier, des photographes contemporains ont également été sélectionnés pour cette dixième édition. Accueillant plus de six artistes au total, la petite galerie de l’Hôtel Pasteur est le point névralgique du festival. Mais neuf autres expositions sont encore à découvrir. En proposant aux visiteurs plus de seize artistes, dix-sept temps forts, et pas moins de vingt-deux lieux différents, le festival prend des allures d’immense jeu de piste. Pour découvrir la totalité des œuvres, il faut suivre un parcours s’étirant de Villejean-Université à Italie. Sans compter les quatre photographes exposés dans les villes de Thorigné-Fouillard, Acigné, et Saint-Jacques-de-la-Lande.

L’amateur qui souhaite apprécier le festival dans son ensemble devra arpenter les rues dont il est justement question. Ou attendre le 14 octobre pour profiter d’un parcours en autobus, organisé par l’association, et reliant chacun des lieux d’exposition. En attendant, les artistes n’ayant pas eu la chance d’être exposés en centre-ville devront faire avec une moindre affluence. Il sera sans doute difficile d’attirer les spectateurs d’une certaine tranche d’âge et classe sociale vers des lieux excentrés tels que l’université de Rennes 2 ou le centre social Carrefour 18. Mais il faut reconnaître au festival le désir de présenter la photographie de rue à l’ensemble de la métropole et de ses habitants.

La dixième édition du festival l’Image Publique se démarque également par la grande diversité des œuvres exposées. Souhaitant « montrer que d’autres approches de la photographie de rue sont possibles », les organisateurs du festival tiennent leur pari. Les partis-pris artistiques des photographes se complètent, se répondent, mais ne se ressemblent jamais. La photographie de rue ne se limite pas au portrait, ou à la photographie sociale. Elle peut tout à fait étudier la mise en scène, l’insolite,  privilégier l’environnement urbain, transformé et déserté par l’homme. À ce titre, l’Hôpital Pasteur fait la part belle au street art, en offrant une de ses salles au photographe Swan et au plasticien Deux Ben, et en accueillant à la dernière minute l’artiste Christophe Desprez, et ses clichés issus de trois ans de chasse à l’art urbain dans les rues de Rennes.

Riche en événements, contraignant le visiteur à parcourir les rues de Rennes, la 10e édition du festival l’Image Publique a donc toutes les chances de remplir son contrat, et d’attirer les amateurs de photographie vers le vaste genre de la photo de rue.

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Morgane Russeil est étudiante à Sc. Po. Elle réalise son stage de web-journalisme à Unidivers. Elle est également lauréate du 33e Prix du jeune écrivain francophone.

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